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18/03/2014

Pensum

Après la rencontre avec le président de la République, LDH, Licra, Mrap et SOS Racisme entendent poursuivre leurs efforts communs.....
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que tout reste à faire !

racisme,antisémitisme,discriminations
Circulaire adressée aux préfets

Que peut-on en effet espérer d'un chef de l’État qui ne désavouera jamais son exorbitant ministre de l'Intérieur, qui est pourtant un des premiers visés lorsqu'il s'agit de dénoncer le contexte politique qui favorise, admet et attise "une parole de haine dans le débat et l’espace public(...)." ?
Au final, il pourrait donc bien s'agir d'une visite courtoisie tout à fait vaine et organisée comme un pensum.

La Ligue des droits de l’Homme, la Licra, le Mrap et SOS Racisme ont été reçues ensemble, vendredi 14 mars, par le président de la République ; les associations, qui partagent les valeurs universelles de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, se félicitent de cette rencontre de travail, une première dans l’histoire de la République. Elles ont d’emblée souligné la dégradation du contexte politique qui a vu se déchaîner une parole de haine dans le débat et l’espace public, et pointé le risque de voir cette parole légitimée par des forces politiques engagées contre les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité.

Exprimant leur volonté de mettre en place des éléments de contre-offensive, elles ont déploré l’absence d’une parole d’État ferme, condamnant, au juste niveau, le caractère toxique de cette libération, l’absence d’un grand débat sur la place des étrangers et le déficit, au sein de l’appareil d’État, d’une représentation disposant à la fois d’une forte légitimité et de moyens suffisants.

Elles ont abordé la question du statut des étrangers, du sentiment de deux poids deux mesures qui s’enracine dans le pays, des discriminations dont les Roms sont la cible, et déploré l’état du dossier du droit de vote des résidents non européens et le fait que le récépissé de contrôle d’identité n’ait pas fait l’objet d’expérimentations. Elles ont également souligné l’importance de revivifier la Semaine d’éducation contre le racisme.

A l’écoute sur l’ensemble de ces sujets, le président de la République en a reconnu l’importance et n’a fermé aucune porte.

Les quatre associations entendent poursuivre leurs efforts communs face à la montée de la haine raciste, antisémite et xénophobe, face aux préjugés sexistes et homophobes. Elles entendent faire preuve de vigilance et de mobilisation durant les campagnes électorales des municipales et des européennes, et construire une dynamique de débat public qui fasse obstacle aux semeurs de haine et réhabilite la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité.

Communiqué conjoint LDH, Licra, Mrap, SOS Racisme / Paris, le 17 mars 2014

11/12/2013

La lutte contre le racisme n'est pas un jeu

“Personne n’est né avec la haine pour l’autre du fait de la couleur de sa peau, ou de son origine, ou de sa religion. Les gens ont appris à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son opposé.”

Nelson Mandela

Les dérives et propos racistes se répètent désormais à l’envi au quotidien. Les attaques abjectes contre Christiane Taubira ne sont que le révélateur du racisme ordinaire subi par des millions de concitoyens ordinaires. Le champ des discriminations est aujourd'hui sans limite.

Racisme, xénophobie, droits économiques et sociaux

Sous quelque forme qu’il s’exprime, le racisme est un délit, il est intolérable. Alors que les politiques d'austérité creusent les inégalités, les théoriciens du choc des civilisations désignent des boucs émissaire et déplacent ainsi la question sociale sur le terrain identitaire favorisant le développement d’un racisme décomplexé et assumé comme en attestent les propos tenus sur les roms ou les musulmans. Largement banalisé par la mandature Sarkozy, il se nourrit des renoncements du gouvernement actuel et de la politique conduite par son ministre de l'intérieur.

La lutte contre le racisme n'est pas un jeu. Elle ne peut s’accommoder d'actions qui clivent et braquent les uns contre les autres, meilleur moyen de déclencher des tensions supplémentaires qui creuseraient encore un peu plus le lit de l’extrême droite.

Bien au contraire, elle a besoin d'actions rassembleuses permettant de gagner de nouvelles consciences. Elle s’inscrit dans une dénonciation sans relâche des causes du racisme et des phobies destructrices. Elle est un combat permanent pour combattre les inégalités et conquérir une égalité de droits pour toutes et tous. Un gouvernement digne de ce nom doit donner l’exemple en produisant des actes concrets pour l’égalité : le droit de vote des résidents étrangers, la mise en place d’un récépissé contre les contrôles au faciès, la régularisation des sans-papiers, la réalisation d’un travail de mémoire et d’histoire critique sur la colonisation et les migrations ....

On ne fera pas reculer la haine en lui opposant la haine et l’intolérance mais en construisant pas à pas une société de justice et d'égalité pour toutes et tous.

Communiqué commun LDH – Assemblée Citoyenne du Bassin Manosquin

05/12/2013

Le racisme selon l'Article R625-7

Le racisme et la haine ne doivent pas faire débat. Juste passibles de condamnations pénales. A Roquebrune sur Argens comme ailleurs. On attend que les sanctions tombent.

Communiqué LDH
La Ligue des droits de l’Homme condamne vigoureusement les scandaleux propos tenus le 12 novembre 2013 à l’encontre des Roms, à Roquebrune-sur-Argens par son maire, Luc Jousse. Celui-ci y exprimait son regret que les secours intervenus dans un camp, à l’occasion d’un incendie, aient été appelés trop tôt.

Roquebrune sur argens, racisme
Fall of the Magical Hermogenes, 1565 by Bruegel


La Ligue des droits de l’Homme déplore que se poursuive cette libération de propos racistes et stigmatisants, en particulier émanant d’élus. Cette attitude, liée évidemment aux prochaines échéances électorales, ne fait que placer ceux qui tiennent ces propos dans une course aux extrêmes qui est insupportable.

La Ligue des droits de l’Homme a déposé une plainte auprès de la procureure de la République du tribunal de grande instance de Draguignan, pour provocation à la haine ou à la violence et à la discrimination raciale.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que la haine ne doit en aucun cas faire débat.

Paris, le 5 décembre 2013

15/11/2013

Contre le racisme et l'extrême droite

Bien entendu l'heure est au rassemblement contre le racisme et l’extrême droite.
Cela dit et bien dit dans le communiqué qui suit, s'agissant des insultes faites à Christiane Taubira, il faut aussi de relever quelques réflexions de bons sens:

Christiane Taubira, Ministre en charge de la Justice fait partie d'un gouvernement qui n'agit surement pas dans le sens attendu par celles et ceux, Ligue des Droits de l'Homme inclue, qui se battent ou devraient se battre contre ce dont elle a été victime. Il y a même tout lieu de penser que l'actuel gouvernement  favorise l'expression raciste et extrême droitière en mettant en place ou en permettant (ce qui revient au même) qu'une longue série d'injustices économiques, fiscales et sociétales finissent par libérer des revendications corporatistes et communautaristes. De ce point de vue Christiane Taubira qui, il faut le répéter, n'a pas à être insultée comme elle l'a été, est devenue le faire valoir d'un gouvernement largement fautif en matière de recrudescence d'actes et de propos racistes. 

Par ailleurs, en s'affichant aux côtés de Manuel Valls, artisan consciencieux de cette dérive, en lui manifestant une sympathie extrêmement équivoque, Christiane Taubira devient ipso facto le faire valoir d'un ministre lui même mis à l'index pour avoir tenu des propos plus que contestables à propos des Roms, par exemple, exposant ces derniers à des manifestations de haine raciste non réprimées à ce jour.
La solidarité gouvernementale a des limites.
La réalité du racisme et de l'extrême droite n'en n'a malheureusement pas.

Racisme, Taubira, extreme droite

Communiqué LDH :
"
Pour l’égalité, rassembler contre le racisme et les "idées" d’extrême droite"

Après la une du journal Minute, après les incidents qui ont marqué la commémoration nationale du 11 novembre, on constate partout une forte envie d’agir et de se rassembler contre les manifestations de racisme et de l’extrême droite. Cela s’est vérifié à Angers où, avec la Ligue des droits de l’Homme, associations, organisations syndicales et politiques se sont rassemblées autour des valeurs de la République.

Cela se traduit par les plaintes déposées contre le journal Minute et par la saisine du procureur de la République par le Premier ministre. Dans le même temps, une série de manifestations et de rassemblements sont proposés pour peser avec force dans le débat public.

La LDH se félicite de ce sursaut salutaire et des diverses formes qu’il adopte ; au-delà des actions juridiques, elle entend construire une démarche pleinement citoyenne, englobant dans une même condamnation, les attaques racistes ainsi que les actes et propos qui en ont permis la maturation.

Car s’en tenir à la seule une de Minute serait permettre à trop de forces et de responsables de s’exonérer à bon compte de leurs responsabilités. Elle engage donc ses militantes et militants, ses sections et fédérations à assumer la vocation de force de rassemblement de la LDH ; partout, à inviter ou participer à des réunions pour permettre les expressions et manifestations les plus larges et les plus déterminées contre le racisme et les dérives d’extrême droite.

Elle entend, enfin, contribuer, à sa place, aux processus pouvant permettre une expression forte, unitaire et visible de ce sursaut citoyen ; à cet égard, elle estime que le 3 décembre, date anniversaire de l’arrivée à Paris de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, peut être l’occasion d’un grand rassemblement à Paris, place de la République ; elle rappelle, enfin, que le 7 décembre, date choisie par nombre de forces pour faire revivre l’esprit de la Marche, est d’ores et déjà placé sous le signe de l’égalité, de la défense de la démocratie et de la République

Paris, le 14 novembre 2013

05/11/2013

Insulte contre Ch. Taubira

Insulte contre Ch. Taubira : le silence des politiques, l’indignation des artistes
via la section LDH de Loudéac centre Bretagne

Les réactions politiques avaient tardé, après l’agression verbale raciste dont a été victime Christiane Taubira à Anger il y a quelques jours. On avait davantage entendu le front national exiger des preuves de cette agression. Il a été gâté : le journal Anger Mag Info a diffusé sur son site une vidéo filmée par un amateur avec son téléphone où on assiste de façon très claire à l’agression. Mais la vidéo révèle autre chose : la complicité des adultes autour de la gamine, ce qui contredit l’affirmation des organisateurs de la « manif pour tous » qui considéraient qu’il s’agissait d’un acte isolé. Cette gamine était en fait manipulée par des adultes (on voit la banane circuler de main en main) soucieux, on le sait, de la protection morale des enfants…

taubira,racisme

Les politiques muets, ce sont les artistes qui se sont exprimés, et leur voix a sans doute plus d’écho que n’aurait eu celles des utilisateurs de la langue de bois.

Vendredi matin, c’est François Morel qui a commencé, avec une chronique remarquable de sensibilité, d’élégance et d’efficacité, dans laquelle il demande à « la petite conne » : « Pour qui la banane ? » Cette chronique a été relayée tout le week-end sur les réseaux sociaux et on ne se lasse pas de l’écouter.

Le musicien Titi Robin, nominé en 2012 aux Victoires de la musique et qui a une quinzaine d’albums à son actif a choisi pour sa part d’écrire une lettre ouverte qui a été publiée dans la presse locale, et que nous reproduisons ici. Une lettre qui, comme la chronique de François Morel, ne se contente pas de dénoncer le fait divers : il l’analyse.

Lettre ouverte

« Permettez-moi de prendre la parole d’une manière personnelle. Je suis né dans un village angevin où on élevait (comme toujours aujourd’hui) des vignes pour élaborer un vin moelleux, généreux, destiné au partage, à l’accueil des visiteurs, aux célébrations familiales. J’ai reçu dans ce village une éducation traditionnelle, riche, que je porte avec fierté, qui m’a permis de voyager et de rencontrer de par le monde des hommes et des femmes avec leurs propres bagages culturels. Nous avons échangé, et ainsi je me suis construit, j’ai grandi, mariant mes racines à celles rencontrées. Comme je savais d’où je venais, je retrouvais toujours ma route. Durant toutes ces années, je suis toujours resté fidèle à ma région. Je l’aime.

Aujourd’hui, je suis blessé, humilié, et en colère. Les paroles et gestes d’une enfant d’une douzaine d’années et d’un notable expérimenté auraient-ils souillé l’air ? Ou bien est-ce le silence et l’apathie qui ont suivi ces événements qui me troublent ? De France et de l’étranger me parviennent des messages : « Que se passe-t-il chez vous ? Pourquoi les gens sont-ils devenus ainsi, en Anjou ? » Dans les rues d’Angers, des gens évoquent leur gêne ou leur honte à voix basse. Je ne pense pourtant pas que nous ayons changé. La lâcheté ou tout au moins le manque de clairvoyance de nos dirigeants (de gauche) comme de leurs collègues dans l’opposition (de droite) encourage certains intellectuels, certains médias et des gens de pouvoir à développer dans le pays une atmosphère profondément malsaine. Il y a là quelque chose de pathologique, la crise encourageant le repli sur soi.

Du coup, cette minorité dans notre société qui a porté et portera toujours en son sein des idées empoisonnées se sent soudain libre de les exprimer au grand air. Notre pays avait connu ce phénomène il y a longtemps. Il y a aujourd’hui comme un relâchement moral nauséabond. Et puis voilà : Une fillette de douze ans peut traiter comme un animal, en rigolant, en l’insultant, devant le public, la presse, et ses parents ravis, une femme d’une grande culture intellectuelle et morale, représentante du gouvernement, car l’enfant a la peau blanche et la femme la peau noire. Un notable d’une ville de la région ironise autour de l’extermination pendant la deuxième guerre mondiale des ancêtres d’une partie, minoritaire, de sa population (qu’on appellera ici Gens du voyage) et se félicite aujourd’hui de les chasser de son territoire. Ces événements sont mis en lumière car ils concernent des personnages publics. Nous devons savoir qu’ils correspondent à la face émergée du problème. Cela signifie que bien d’autres personnes souffrent en silence. Si notre corps social est endormi, affaibli, il importe de réveiller ses anticorps. Il importe aussi de parler fort. Ayons confiance en nos forces, nous devons pouvoir continuer à être fier de qui nous sommes, de nos racines comme de notre hospitalité, qui vont de pair. »
Thierry ROBIN

23/07/2013

Sur quel terrain poussent les Bourdouleix ?

Juillet 2010 : le président de la République UMP Nicolas Sarkozy explique la délinquance par l'immigration incontrôlée et annonce l'expulsion massive des Roms.

Septembre 2010 : le ministre de l'Intérieur UMP Brice Hortefeux dénonce ces nomades qui roulent dans de grosses voitures de luxe...

Juin 2013 : l'ancien ministre UMP Christian Estrosi promet aux Gens du voyage de les « mater ».

Juillet 2013 : le député-maire de Cholet UDI Gilles Bourdouleix regrette qu’Hitler n'ait pas tué assez de Gens du voyage. Jean-Marie Le Pen lui-même n'avait pas osé... Et sa fille n'a même pas à en rajouter, pour préparer les moissons de 2014 et de 2017.

Ainsi le racisme ordinaire contamine-t-il sans cesse davantage jusqu'aux élus « décomplexés » de la République.

bourdouleix, racisme, rromsJusqu'à quand ? Et que sera la prochaine avancée de l'instrumentalisation méthodique de la haine ? Un appel aux citoyens pour qu'ils passent eux-mêmes le célèbre « Kärcher » dans les banlieues ?

La crise sociale s'aggrave. Les discriminations, les contrôles au faciès, la stigmatisation demeurent. La vie dans les quartiers pauvres est pire qu'en 2005. Si l'on ne se décide pas à répondre enfin à cette urgence, les prétendues « dérives », en fait parfaitement assumées, nous rapprocheront toujours plus de l'inhumain.

La LDH condamne fermement ces propos et regrette que les précédentes plaintes qu'elle a déposées à l'encontre de M. Bourdouleix pour des propos de la même teneur n'ont pas connu de suite.

Par ailleurs, elle appelle les pouvoirs publics à ne pas se contenter de poursuivre les élus qui font l'apologie de crime contre l'humanité, mais à s'attaquer aussi, en actes et sans plus tarder, à l'injustice qui nourrit la bêtise et la haine.

Communiqué LDH