24.11.2009
Indifférence
Compagnie Lubat - Album : "Scatrap jazzcogne"
"Ainsi va la vie d'ici, la vie est là d'ici-bas
Elle débat et batt'rie les premiers pas dansés al banc des écoliers
Balancés dans l'air sans en avoir d'air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet qui s'étire et rit, c'est bon, c'est l'ton du blues
Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit ?
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer
Sur ton accordéon tu touches à touches, écoules, et facile agis là du bout des doigts
Docile au songe assis tu médites tes fois t'effaces au firmament une note cassée
Qu'assez on en ait plus jamais d'enlacer la musique
Infinie mélodie qui vit, effile l'âme à son pas dédicacé là, baladant l'horizon
Ainsi va Lubat la vie, la vie ça va, tu l'as dit
Au bal aussi c'est là que t'as tout vu passer
Le pas s'est dépaysé
Vas-y l'évasif, vas-y l'enfant, tout petit déjà
Jadis on l'a dit : "Mainatge aqueste còp te'n sortiràs pas coma aquò..."
Et si c'était dommage, pas si c'est un hommage
Aux hommes assis devant, vu de l'avant
L'aventure est là
Allez dis-le-nous donc dis
Dans des mots doux au dit désir ici efficace étape à passer
E si l'oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambicios
"Assurement", libèria, tot de l'animaut sauvadge
La cauja es coma te l'as hèita.
Tanpòc au bal a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap Petit caborrut
Enqüèras un còp a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap pelut
E si l'oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambicios
"Assurement", libèria, tot de l'animaut sauvadge
La cauja es coma te l'as hèita.
Vois si tu n'es pas d'avis
A ton avis ça se vit
Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
Balancés dans l'air sans en avoir d'air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet ils s'étirent et rient, c'est bon, c'est l'ton du blues.
Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit ?
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer
Et si tu vas tout droit, t'y auras droit !"
10:12 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : compagnie lubat, ainsi va la vie d'ici |
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23.11.2009
Prix et salaires : la peur
Pour conserver le ventre plat, rien de mieux qu'une cure de poireaux. D'autant qu'avec le pas de deux qui s'annonce entre une TVA à 5,5% et une autre à 19,6 %, les restaurateurs vont pouvoir faire valser une nouvelle fois leurs étiquettes. Ce qui ne coupera surement pas l'appétit des prédateurs du CAC 40 ni celui des sénateurs qui ont mis le sujet sur le tapis.
Illustration de Kahmmille Daindein Farai
La TVA étant réputée comme l'impôt le plus injuste de nos sociétés repues, il serait pourtant de bon goût de la supprimer carrément.
Augmentations prix & salaires depuis 2000
Ce qui, de toute façon, serait loin de contrebalancer, l'ensemble des inégalités qui apparaissent à la lecture de l'animation qui précède. Ca fait même assez peur tant c'est écœurant.
Mise à jour du 24/11/09 ou pilule du lendemain : la nuit a porté conseil aux sénateurs. Ils ne changeront décidément rien à la « TVA - restauration » (5,5%).
Les lobbyistes de la petite cuillère sont parvenus à leur fin. Et selon Gérard Longuet, « la situation est sous contrôle et personne n'est dupe de personne ». Traduisons : les sénateurs chargés d'écrire la loi et non de la faire respecter (il y a encore des tribunaux pour ça), demeurent libres et indépendants. Ce qu'il fallait démontrer.
22:17 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, DROITS HUMAINS, ECONOMIQUES, CULTURELS & SOCIAUX, ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : tva restaurateurs |
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21.11.2009
Peut-on se passer de Camus ?
- On se l'arrache
Les Sarkozy :
« Ce serait un symbole extraordinaire de faire entrer Albert Camus au Panthéon » Bruxelles - 19/11/09
- On le cite pour-en-finir-avec-les-conformismes et dévoiler-ses-références-culturelles
Ségolène Royal :
« Je tiens à citer également Albert Camus parce qu'il cherche et qu'il s'engage ». Le Point - 31/03/08
- On l'égotise et on se consacre
Jean Daniel :
« (...) Et quand il a eu le prix Nobel, j'en ai été heureux comme s'il était de ma famille. Je lui ai écrit que mon admiration et mon affection pour lui demeuraient inaltérées et que, chaque fois qu'il avait estimé que j'avais tort, je n'avais plus été tout à fait sûr d'avoir raison. Il est revenu à Paris. J'ai trouvé chez moi un petit mot qui se terminait par cette phrase : « L'important, c'est que vous et moi soyons déchirés. » J'ai eu, depuis, le temps de réfléchir à chacun de ses mots. « L'important », on peut traduire : ce qui est le plus essentiel. « Le déchirement », on peut traduire : le tiraillement entre deux vérités. Cela veut dire que, pour Camus comme pour Dostoïevski, la vérité n'est pas un absolu mais doit être recherchée dans le bonheur, le tourment et la contradiction. En l'occurrence, il concédait que la vérité pouvait ne pas être seulement de son côté. Qu'il la partageait avec moi. Qui peut dire en ce moment, avec ce que vit une Algérie dont tant d'enfants ne songent qu'à rejoindre la France, si la vérité n'était pas à partager entre ses positions et les miennes ? » Nouvel Obs. - 19/11/09
- On l'intériorise
L'anonyme du 35 bd Haussmann :
« Quand je passe le balai, je pense à Camus, au mythe de Sisyphe, au tonneau des danaïdes (...) et bien sûr à la main de Thierry Henry. (...) Ce que je sais de la morale, (...), c'est au football que je le dois. »
- On le mégote
Pierre Bergé, lui, a choisi le contrepied :
« Il n'y a pas que des génies au Panthéon, donc ça va très bien qu'il y soit. Camus n'est pas un écrivain que j'aime. Je trouve que c'est un écrivain pour instituteurs. Je pense qu'aujourd'hui Malraux et lui sont considérés comme deux serre-livres, qu'on pose sur des étagères et qu'on ne lit pas. » Rue 89 - 21/11/09
- On le frontispice
Le Pen lui suppute un coup fourré :
« Sur le principe, je suis assez d'accord puisque c'est un écrivain français de grande renommée, mais la date à laquelle survient cette proposition est tout de même singulièrement électoraliste", a déclaré le président du FN. "C'est un choix électoraliste. Celui d'un écrivain pied-noir à quatre mois des élections régionales où probablement la majorité va subir une lourde défaite, je crois que c'est assez évident ». Le Figaro - 20/11/09
- On s'en grise
« Je sais que si je suis très triste, je peux m'emparer d'un San-Antonio pour rire un peu. Sinon, sans que ce soit un livre de chevet, s'il y en a un que je devrais garder avec moi, c'est l'Etranger, de Camus ». Lazarbie
- On sonde, soupèse et condense
« Les hommes préfèrent Camus :
Les romans qui ont le plus compté dans la vie des hommes d'aujourd'hui ont été écrits par des hommes, généralement blancs et morts. Pour les femmes, c'est plus mélangé. C'est ce qui ressort d'une grande enquête menée par deux chercheuses de l'Université de Londres et commandée par le Orange Prize for Fiction et par le quotidien The Guardian. Entrons dans le détail de ce rapport qui condense les résultats d'interviews réalisées auprès de 500 britanniques de sexe masculin, dont un certain nombre entretiennent des rapports professionnels avec la littérature, un an après que la même équipe ait posé la même question à autant de femmes il y a un an.
Résultat : L'Etranger (en anglais : The Outsider) d'Albert Camus vient en tête suivi de L'attrape-cœur de J.D. Salinger (...) les lecteurs n'attendent pas des romans qui ont changé leur vie qu'ils en soient un guide ou un compagnon éternel : ils les lisent "comme ils liraient des manuels de photo". Ils y trouveraient, chez Orwell par exemple, de quoi conforter leur angoisse de la désagrégation sociale et leur goût du combat solitaire, (...) La fiction étant parfois si étranger à nombre d'hommes, ceux-ci citent spontanément des essais ou des livres d'histoire (...) Cette enquête le confirme, le fait est qu'entre 20 et 50 ans, les hommes ne lisent pas de romans ». République des livres - 09 avril 2006
- On s'en détourne jusqu'à la falsification
Pour ne pas décevoir les nostalgériques, accoutumés à la réécriture oiseuse et mensongère de la période de l'Algérie française.
- Finalement, on ne saura jamais qui s'en est le plus inspiré. Vraiment. Ca se voit tellement peu.
18:02 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, CULTURE, HISTOIRE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.11.2009
Résistances intra, extramuros
On ne présente plus Stéphane Hessel, mais on ne se lasse pas de l'écouter pour se ressourcer.
La résistance n'a donc pas de frontières. La preuve ...
Le 29 novembre a été déclaré par l'ONU journée internationale de la Palestine. C'est la date anniversaire du partage de la Palestine et de la Nakba (défaite et exode de 1948) pour les Palestiniens.
Ce mois de novembre donne donc l'occasion de rappeler que les Palestiniens vivent toujours les conséquences terribles de l'injustice qui leur a été faite et qui se perpétue 60 ans après.
Tous les murs de la honte ne sont pas encore tombés.
Et en Palestine sous les yeux de la communauté internationale, on n'en finit pas d'en construire un. La colonisation se poursuit en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. C'est un obstacle majeur à la paix. Gaza, où l'armée israélienne a fait 1400 morts est toujours sous un blocus lui aussi meurtrier.
A quand un président étasunien pour déclarer : « je suis un Palestinien ? » A quand l'application à ce peuple des décisions de l'ONU et des règles du droit international ?
Le point de vue de Stéphane Hessel sur la question palestinienne tient dans cette phrase ...
« Ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d'enfants, la façon dont ils sont bombardés m'apparaît comme un véritable crime contre l'humanité. »
... autant que dans la réponse à la question : « (...) Jusqu'à maintenant le chemin vers la paix c'était deux Etats côte à côte, un Etat Palestinien et un Etat Israélien. Est-ce encore possible, ce partenariat avec les Palestiniens ?
- C'est la seule solution. Elle est rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s'accumulent de part et d'autre, soit le mépris et l'humiliation, soit la haine. Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, et alors, au nom de ce que l'histoire nous a appris sur la possibilité du pardon - nous l'avons éprouvé, nous européens, et dans d'autres pays, en Afrique du Sud aussi - il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie. » Tiré d'un entretien avec Swiss Info, 5 janvier 2009.
Il n'est pas inutile de rappeler que le Tribunal Russel pour la Palestine vise à mettre en évidence les crimes de guerre ou crimes contre l'humanité manifestement commis par les dirigeants et les soldats israéliens (voire les colons). De nombreux rapports internationaux (dont le dernier rendu par Goldstone) l'attestent, et il incombe à Israël ou aux autres Etats d'entamer à leur encontre des poursuites, conformément à leurs obligations internationales. La première session de ce tribunal aura lieu à Barcelone les 1, 2 et 3 mars 2010. L'ordre du jour est déjà fixé, au moins en partie :
- La politique et la pratique de l'UE et de ses Etats Membres dans leurs relations avec Israël, puissance occupante de la Palestine sont elles compatibles ou non avec leurs obligations internationales découlant du droit international général et du droit international humanitaire ?
- Dans quelle mesure l'UE et les Etats membres sont-ils ou non complices de la prolongation de l'occupation belligérante et illégale d'Israël en Palestine et des crimes commis par Israël contre le peuple Palestinien ?
11:37 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, HISTOIRE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : stéphane hessel, mur israélo-palestinien, tribunal russel pour la palestine |
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17.11.2009
Corruption portes ouvertes
Les chambres régionales des comptes ont été crées en mars 1982 pour constituer des juridictions financières attachées aux gestions locales. Leur jugement est susceptible d'appel devant la Cour des Comptes et de cassation devant le Conseil d'Etat.
Des magistrats de la chambre régionale des comptes parlent
envoyé par dna_web. - L'info video en direct.
Leurs torts ? Contrôler les recettes et les dépenses des collectivités territoriales, intervenir chaque fois qu'un ordonnateur (un maire par exemple) se trouve en situation de gestion de fait. Traduire : en train de manier de l'argent public à des fins irrégulières, voire personnelles, à travers de fausses factures, des subventions détournées de leur finalité, des déficits budgétaires quasi volontaires etc. Jusqu'à présent et à quelques exceptions près, le principe de séparation entre l'ordonnateur et le comptable du trésor public, fonctionnait à peu près bien. Et le contrôle s'exerçait, dérangeait même parfois jusque dans les couloirs de Bercy.
On comprend alors que cette énième réforme soit imaginée pour transformer le contrôle des dépenses publiques des collectivités territoriales par les CRC en une simple évaluation. Ce qui équivaut à la mise en place d'une corruption organisée. Comme pour la dépénalisation du droit des affaires, la tentation sera grande de fermer les yeux sur les pratiques douteuses de gestionnaires proches du sérail ou ayant partie liée avec lui. Elle tombe à pic et au moment même ou les maires de France, sifflent le courageux fantôme de Matignon à la porte de Versailles à propos de la suppression de la taxe professionnelle. En cas de fronde tenace, on pourra toujours marchander une déresponsabilisation du statut d'élu local.
A propos, les magistrats de la Chambre Régionale de Comptes ont fait grève aujourd'hui 17 novembre pour revendiquer ce qui leur reste d'indépendance. Si on ne s'en est pas rendu compte c'est qu'ils ne sont que 300 sur l'ensemble du territoire et que le tapage est ailleurs.
23:40 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, DROITS HUMAINS, ECONOMIQUES, CULTURELS & SOCIAUX, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : chambres régionales de comptes, corruption |
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15.11.2009
Mère UBU au PS
Ca allait mieux, mais ce n'était qu'une impression. Les nouvelles aventures de mère Ubu au Parti Socialiste y contribuent.
Quand on parle sans détour du Parti Socialiste et que les notions de partage, de justice et d'égalité constituent un idéal à atteindre pour celui qui s'exprime, on risque non seulement de s'exposer à la réprobation militante mais aussi à une sorte de schisophrénie, un fractionnement de la perception citoyenne.
D'un côté, on aimerait bien en finir le plus vite possible avec les farces communicantes des Sarkosy & C°, et dans ce cas on souhaite que la gauche du partage, de la justice et de l'égalité soit suffisamment adulte et compétente pour arrêter l'hémorragie provoquée par l'actuelle gestion calamiteuse de l'Etat.
D'un autre côté, pointer les psychoses qui s'expriment sans retenue dans le camp de ce qui pourrait être une opposition crédible revient un peu à admettre qu'en 2012 tout continuera à se détériorer. Si on n'en est pas là, on n'en est pas loin et ce n'est pas de la réunion de Dijon d'hier que viendra le salut.
Passons sur le cas type Julien Dray qui, lâché par ses amis de la direction du PS à la première occasion -ses démêlés monstrueux avec la suspicion nationale organisée-, n'en continue pas moins à fréquenter ses bons amis. Il ne fait qu'avaler une couleuvre de plus et il est seul à en subir les conséquences. Qu'importe, il est sympa, on le soutient dans ses efforts.
Difficile par contre d'éviter le cas Ségolène Royal. On atteint là un véritable problème de santé qui n'est malheureusement pas sans laisser de traces. Et il y a vraiment de quoi en vouloir à ceux qui, par militantisme forcené la considèrent capable de diriger un exécutif de façon sereine et constructive.
Lui reprocherait-on aujourd'hui sa lucidité ?
« Je n'ai aucun contentieux avec Ségolène, rien de personnel contre cette femme au regard clair, au physique agréable, mais sitôt qu'elle apparaît à la télévision, l'historien et militant socialiste que je suis est saisi de crainte, pour ne pas dire d'effroi. Je ne puis m'empêcher de penser à Léon Blum au XXXe congrès national de la SFIO, en juillet 1933, lorsque Marquet préparait avec Déat la scission néosocialiste sous le slogan de l'Ordre et de l'Autorité. Blum s'était exclamé : « Je suis épouvanté ! » Et de fait, je suis terrifié par Ségolène prétendant militariser le traitement de la délinquance ; je suis abasourdi par son projet de jurys populaires façon cours d'assises pour les élus, comme si le suffrage universel et les structures judiciaires appropriées n'existaient pas ; je suis confondu par sa planétaire indigence qui lui fait improviser cette réponse à propos de l'entrée de la Turquie dans l'Europe : « Mon opinion est celle du peuple français. » Je veux être leur chef, donc je les suis !
Mais d'où vient cette propension à la dérive populiste, au démagogique, à l'erratique, au saugrenu, et finalement à la mise en danger de la France ? Cynisme ? Voire ! La vérité est plus simple et bien plus inquiétante : Ségolène, c'est une inculture de taille encyclopédique, une sorte de trou noir de la science. Une ignorance crasse, pire que reaganienne : bushiste.
Comme si elle n'avait pas lu un seul livre. Des cours seulement. Pour passer des concours... Je la connais depuis plus de vingt-cinq ans, j'ai assisté à ses débuts. Sa carrière a commencé en Basse-Normandie, lorsqu'elle venait rejoindre sa mère en fin de semaine dans la demeure familiale de Villers-sur-Mer. Elle gravitait alors autour de l'Elysée, rédigeant des notes à l'intention de Jacques Attali. Dès 1983, elle était conseillère municipale minoritaire de Trouville. Deux ans plus tard, le scrutin proportionnel ayant été adopté en vue des législatives de 1986, se posait la question du deuxième de liste dans le Calvados. Au vu de nos résultats de 1981, même érodés par le désamour, l'obtention de deux sièges apparaissait certaine. Un ticket s'imposait : 1. Louis Mexandeau. 2. Henry Delisle. Mais comme ce dernier venait de perdre la mairie de Mézidon, sa position était fragilisée. André Ledran, qui m'avait succédé comme secrétaire de fédération, se mettait sur les rangs. Rude dilemme que de devoir choisir entre deux amis. La solution n'était-elle pas d'opter pour une troisième personne ? Nous étions dans une période où l'on commençait à parler d'un rôle accru des femmes en politique. Oh ! Avec frilosité, les socialistes se déclarant en faveur de la promotion féminine à condition qu'elle s'appliquât dans le département voisin...
A l'été 1985, lors d'une réunion de la commission exécutive du Calvados, à Caen, il fallut commencer à en débattre. Chacun des 60 participants n'avait encore en tête que l'enjeu entre Delisle et Ledran. L'atmosphère était lourde. Soudain, sur la gauche de la grande salle de la rue Paul Toutain se leva une frêle créature, une femme jeune et jolie dont j'étais le seul à connaître l'identité. Qui pouvait savoir alors que même sa timidité devait avoir été étudiée ? Même pas moi ! Elle déclara dans un grand silence : « Voilà, je m'appelle Ségolène Royal, je suis membre de la section de Trouville et conseillère municipale. J'ai 28 ans. Je suis mère d'un enfant. Je travaille à l'Elysée auprès de François Mitterrand. Les deux personnes que j'aime le plus au monde, c'est mon bébé et François Mitterrand. Je voudrais être candidate aux élections législatives de l'an prochain en deuxième position, derrière Louis. » Puis elle se rassit. Il n'y eut aucune discussion. Suffoquée par tant d'audace, la salle restait muette. Que cette jeune personne, même présentant bien, même proche, prétendait-elle, du président de la République, mais n'ayant aucune expérience militante, revendique une candidature qui l'enverrait automatiquement au Parlement paraissait complètement incongru, ahurissant, surréaliste. On passa donc sans commentaire à la suite de l'ordre du jour et, au final, quelques semaines plus tard, ce fut Yvette Roudy qui fut choisie.
(...)
Surfant sur les sondages, (...) elle a floué Jospin, Lang et les autres. Paralysés à l'idée de passer pour sexistes - Ségolène excellant dans la posture de prétendue victime - ils l'ont laissée faire la course en tête, tels ces coureurs pistards de l'ancien Vél'd'Hiv, au temps de Toto Gérardin et de Lapébie. Soucieux de ne pas partir les premiers dans le rôle du lièvre, ils n'ont pas pu, ou voulu voir le VTT chevauché par cette amazone qui les coiffe au poteau en leur lançant joyeusement le fameux : « T'as le bonjour d'Alfred ! » Une chose est certaine, en tout cas : si, à la faveur de cette dérive médiatique, elle vient à gagner en novembre, le parti socialiste risque d'entrer dans une phase noire de son histoire, une période glaciaire, telle qu'il en a connu en 1920 et 1940"
00:05 Ecrit par osiris dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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12.11.2009
Un président sans divertissement
C'est celui que le traité de Lisbonne intronise pour deux ans et demi avec des prérogatives qui sont loin de valoir celles chefs d'Etats en place.
Elu sans campagne ni programme, ni projet, tout simplement désigné par les 27 chefs d'Etats des pays membres, il présidera le conseil européen, avec à peu près autant de pouvoir qu'un fonctionnaire de préfecture chargé du protocole. En moins drôle.
- présider et animer les travaux du Conseil européen ;
- assurer la préparation et la continuité des travaux du Conseil européen en coopération avec le président de la Commission, et sur la base des travaux du Conseil des affaires générales ;
- œuvrer pour faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen ;
- présenter au Parlement européen un rapport à la suite de chacune des réunions du Conseil européen.
Pas étonnant dans ces conditions que cette présidence ne soit pas briguée par l'un des représentants de la famille Sarkozy.
Pourtant les tractations secrètes semblent aller bon train derrière le rideau de fer tiré par la Suède sur des arrangements - transactions ? - qui restent hors de portée du suffrage universel. Par pudeur ? Par soucis de transparence ?
"Le Conseil européen et cette nouvelle fonction de président représentent l'un des pires aspects des institutions de l'Union européenne : il s'agit d'un mécanisme entièrement intergouvernemental, où l'Europe est traitée sur le seul mode de la diplomatie et de la politique étrangère sans la moindre considération pour les mécanismes démocratiques qui ont commencés depuis longtemps à régir le reste des institutions communautaires." dixit Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles.
Date d'entrée en vigueur dudit traité de Lisbonne : 1er décembre. C'est demain et justement, le lendemain, au lieu de chanter la carmagnole, 500 millions d'européens en délire n'auront plus qu'à applaudire et à scander en coeur "habemus papam".
14:21 Ecrit par osiris dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : traité de lisbonne, président du conseil européen |
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10.11.2009
Rencontres littéraires
La littérature fait l'actualité. Ou l'inverse.
C'est le Prix Renaudot 2009 qui, très involontairement peut être, contribue à commémorer le 11 novembre, les « morts pour l'exemple » de la guerre de 14 et beaucoup d'autres injustices ...
« Dans sa dernière lettre à mon arrière-grand-mère,Thibaud affirme qu'il ne dispose pas des tenailles pour découper les barbelés afin de se frayer un chemin vers les positions ennemies. Il décrit un paysage crayeux et plat, une pluie incessante qui transforme le terrain en marécage boueux et confie qu'il a reçu l'ordre d'attaquer le lendemain matin (...).
Le 161è Régiment d'Infanterie s'est jeté sur un mur de balles ; comme prévu, mon arrière-grand-père et ses hommes ont été déchirés par les mitrailleuses allemandes... On peut dire que Thibaud a été assassiné par sa hiérarchie. »
C'est aussi Marie NDiaye, Prix Goncourt 2009, racontant des vies déchirées entre l'Afrique et la France qui pose la question de la multiethnicité et constitue un pied de nez au questionnement identitaire actuel...
Extrait d'une interview réalisé pour les Inrockuptibles le 30 août 2009.
Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?
« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l'écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants - ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort." Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. »
17:48 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, CULTURE, HISTOIRE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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07.11.2009
Les sceaux du roi
« La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique » Blaise Pascal
Dépénalisation du droit des affaires, plus ou moins douteuses, et suppression du juge d'instruction, aimé ou pas, faut-il rapprocher ces deux projets ? Si elles étaient mises en œuvre, l'une comme l'autre, ensemble ou séparément, ces deux « idées géniales » permettraient de contourner, un peu plus, le délit de corruption et de garder les sceaux du roi intacts.
« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » disait Jean Jaurès. Ce qui, transposée à la dépénalisation du droit des affaires, pourrait donner : « Quand les Etats ne peuvent, ni ne veulent mettre un terme à la corruption, ils lui inventent un cadre juridique qui la justifie ».
Lorsqu'à l'automne 2007, le chef du gouvernement déclarait : « La pénalisation à outrance de notre droit des affaires est une grave erreur. Je veux y mettre un terme », il oubliait simplement avoir reçu une formation d'avocat « d'affaires » et que l'avenir pouvait l'amener à vouloir les faire prospérer.
Plus sérieusement ou simplement, la suppression du juge d'instruction, qui peut encore déstabiliser quelques de « destins nationaux » et chefs d'entreprises en exercice, correspond mieux aux objectifs de l'Elysée. Et c'est bien ce qui a été mis en œuvre dès 2007.
Entre 2007 et 2008, le nombre de dossiers confiés par le procureur à des juges d'instruction est passé de 467 à 251. Il y en avait 734 en 2002. La dégringolade est encore plus vertigineuse pour les délits financiers, pour lesquels 21 informations judiciaires seulement ont été ouvertes en 2008, contre 88 en 2007 et 101 en 2006.
Il ne reste plus qu'à « terminer le job » et surtout oublier les protestations comme celle que le juge Eva Joly avait adressée à qui de droit via Le Monde du 15 janvier 2009 :
... « Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective. »...
... La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa. ...
... j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet. »
Le plus grave dans cette affaire reste que supprimer le juge d'instruction porte atteinte au plus intangible des principes républicains, celui de la séparation des pouvoirs qui inclut l'indépendance de la justice, et revient à donner un cadre légal à toute corruption d'Etat. Beaucoup plus grave que les faits de malversation stricto sensu qui pourront être révélés par Transparency International, organisation de la société civile pour la lutte mondiale contre la corruption.
Cette agence publiera comme tous les ans son Indice de Perception de la Corruption (IPC) le 17 novembre 2009. (Disponible à cette date sur www.transparency.org)
Il faudra alors faire preuve de perspicacité pour mettre à jour les affaires blanchies d'une délinquance en col blanc déjà très occultées par l'Etat.
Pour la petite histoire, Patrick Ouart, issu du sérail présidentiel et Jiminy Criquet de Mam'Dati & Co, pourrait bien être le futur « juge de l'enquête et des libertés » pressenti par l'Elysée pour remplacer le juge d'instruction. A condition que cette réforme se fasse sans trop de résistances...
22:28 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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06.11.2009
Claude Levi Strauss
Dans un monde qui s'autodétruit et fait une large place à un « mono culturalisme universel », au moment où un débat mesquin, minable et "imbécile" sur l'identité nationale est lancé, Claude Levi Strauss suscite aujourd'hui les éloges de ceux qui, pour la plupart, n'ont tiré aucun enseignement de son humanisme et de ses travaux. Le découvrir en toute humilité et sans discours superflu est le seul hommage qu'on puisse lui rendre.
Rencontre filmée en 1998 au Collège de France lors de laquelle le célèbre penseur et anthropologue évoque ses souvenirs des Landes et du lycée de Mont-de-Marsan où il enseigna.
19:14 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, CULTURE, ENVIRONNEMENT, HISTOIRE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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30.10.2009
Diversions
Que masque le déluge d'informations auquel nous sommes soumis ? Après les sketchs Hortefeux, Mitterrand et Sarkozy 2, nous voilà plongés dans une nouvelle marmite où les affaires « Boulin », « Angolagate », « Levée du secret-défense », « Grandes surfaces pénalisées », « Evadés fiscaux », « Sommet pour l'Union de la Méditerranée », « Débat sur l'identité nationale » et autre « pandémie » distillent leurs effluves.
Prises l'une après l'après l'autre, toutes ces informations provoquent une indignation certaine et ouvrent un champ utile à la lucidité. Ensemble, elles deviennent illisibles et font diversion.
Les grandes questions environnementales et/ou économiques sont, de cette manière, plus ou moins évacuées, passées sous silence, et l'opinion publique, lancinée par les inégalités qui la concerne aussi directement que douloureusement, est mise à contribution, prise à témoin, détournée de ses préoccupations pour une mascarade d'affaires tendant à prouver, qu'au fond, la justice fonctionnerait à peu près normalement. Triste tropisme.
Mais l'artifice ne fonctionne plus, tant il est sûr que :
- Jamais l'affaire Boulin ne débouchera sur la mise au ban de personnalités ayant « trempé » dans des ventes d'armes, trafics d'influence et réseaux douteux tels que ceux révélés par l'Angolagate, autre affaire où « maître » Pasqua tente encore de terroriser un public suspendu à sa cause de grand conspirateur.
- Jamais le secret-défense, ne sera tout à fait levé sur les commissions occultes perçues ici et là.
- Jamais les «évadés fiscaux» ne seront rattrapés, et s'ils l'étaient ce ne serait sans doute pas suffisant pour renflouer les caisses d'un Etat hyper endetté.
- Jamais les grandes surfaces, qui pour la plupart appartiennent à des amis de la famille au pouvoir, ne seront pénalisées pour avoir fait usage de clauses abusives avec leurs fournisseurs.
- Jamais les dépenses élyséennes pointées du doigt par la cour des comptes ne seront revues à la baisse surtout si elles peuvent contribuer à rehausser, même artificiellement, l'exercice de la fonction présidentielle.
On en oubliera certainement et de meilleures sur la réalité des collusions et arrangements consentis entre pouvoirs publics, qui se disent indépendants, et intérêts privés au détriment des trois principes républicains, entre prétendants et détenteurs d'une fonction représentative au détriment d'une logique démocratique.
Entre communication, «pédagogie» et manipulation, la confusion des genres est savamment entretenue sans que personne n'ait encore programmé le prochain faux semblant ni jusqu'à quand la superposition des diversions laissera la cible que nous sommes indifférente et sans réelle réaction.
Autre approche de la diversion : celle de Marc Fiorentino, banquier, trader et PDG français, spécialiste des marchés financiers. Fils d'un père manutentionnaire et d'une mère ouvrière, Marc Fiorentino est diplômé d'HEC. Il a dirigé des banques d'affaires américaines en Europe durant seize ans.
« Gagner du temps, faire diversion est une technique gouvernementale pour noyer une situation mauvaise pour les français (...) Marc Fiorentino est déçu, aussi, que la presse en soit le porte-parole ! » Voir son interview vidéo par Trixie de Geffrier
20:20 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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16.10.2009
C'est la trève
Ce blog sera fermé pendant deux semaines.
Deux semaines hors éclipses successives et réciproques des Dati, Bachelot, Besson, Hortefeux, Mitterrand, Nano père & fils & consorts, de leurs abus, exactions et impudeurs, avec une nostalgie particulière pour des entretiens d'embauche tels que celui-ci :
11:31 Ecrit par osiris dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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14.10.2009
Défense du Théâtre Toursky
Richard Martin et l'ensemble de la délégation partie de Marseille pour soutenir l'existence du Théâtre Toursky se présenteront à 14h30 au Ministère de la Culture et de la Communication, rue de Valois, afin d'y rencontrer Frédéric Mitterrand ou l'un de ses représentants habilité à traiter du dossier de ce théâtre qui existe
Le 15 octobre sera le 12e jour de la grève de la faim de Richard Martin et Jean Poncet. Tergiversations et faux-fuyants ne pourront plus être de mise. La crédibilité des propos récurrents du Ministre quant à son souci de "défendre et promouvoir les artistes, porter le multiculturalisme et s'investir dans la culture populaire", est à ce prix. Le fonctionnement du théâtre Toursky aussi, qui n'a d'autre raison d'être que de conjuguer culture, mixité sociale et internationalisme.
MICHEL BOUQUET, comédien :
« Avec ce théâtre, je défends avant tout le respect du public. J'y ai joué plusieurs fois des pièces très importantes comme Le roi se meurt de Ionesco, comme des Molière et chaque fois, sur les trois ou quatre représentations que nous donnions, j'ai trouvé d'abord une salle absolument comble et un public tout à fait magnifique. Et je me suis dis que ce public trouvait une complète satisfaction dans les spectacles qui lui étaient présentés, puisqu'il s'abonnait et restait fidèle. C'est une chose très rare et très importante de pouvoir rassembler autant de monde sur une pièce comme celle de Ionesco.
J'ai joué dans différents endroits à Marseille, mais j'ai rarement trouvé une chaleur aussi forte que chez Richard Martin. J'en ai déduit que non seulement le théâtre Toursky était nécessaire, mais qu'en plus il avait totalement fait ses preuves.
A mon âge, je sais quelle est la difficulté de construire un vrai public. Un public prêt à entendre les textes les plus difficiles et à voir les spectacles les plus importants. Pas forcément distrayants comme on l'entend dans certains cas, mais complètement distrayants sur le plan de l'esprit et du cœur. Un public qui se réunit en très grand nombre pour se frotter aux plus grands auteurs du siècle passé ou des auteurs contemporains.
Je suis très heureux de saluer en Richard Martin quelqu'un que je respecte infiniment. Sa personnalité est très importante, au même titre que les grands hommes de théâtre qui, entre les deux guerres, ont construit avec le Cartel des publics magnifiques. Que ce soit Dullin, Jouvet, Baty, Pitoeff... Richard est à mon avis de cette race-là. J'ai trouvé en Richard un défenseur de cette forme d'esprit, de cette forme de théâtre qui s'apparente au Cartel (*).
Je ne comprendrais donc pas qu'on puisse priver cet homme de son outil de travail et ce nombre de spectateurs de ce lieu de rencontres et d'évolution intellectuelle. » La Marseillaise du 9/10/09.
(*) Michel Bouquet veut parler du « Cartel des quatre » (Dullin, Jouvet, Baty, Pitoeff), association d'entraide créée en 1927, basée sur l'estime professionnelle, le respect réciproque et dans le but de donner une visibilité au théâtre d'avant-garde.
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10.10.2009
Walter, retour en résistance
A travers l'histoire de Walter, ancien résistant, ancien déporté haut-savoyard et sur fond de politique actuelle, deux questions se posent tout au long d'un film qui sortira sur les écrans le 4 novembre 2009 :
« Qu'avons-nous fait des idéaux du Conseil National de la Résistance ? »
« Résister se conjugue-t-il au présent ? »
Deux questions qui font la trame du film de Gilles Perret « Walter, retour en résistance » et qui confirment une stratégie de résistance civile déjà perceptible sur le net comme sur le blog d'hypos.
Résistance historiquement mise en œuvre par le CNR, puis par des prix Nobels de la Paix tels qu'Albert Luthuli contre l'apartheid en Afrique du Sud (Prix Nobel en 1960), Martin Luther King en faveur des droits civiques des Noirs nord-américains (1964), Andreï Sakharov pour les droits de l'homme dans l'ex-Union Soviétique (1975), le Dalaï Lama contre l'occupation chinoise au Tibet (1989) ou Aung San Suu Kyi, dirigeante de l'opposition démocratique en Birmanie (1991). (*)
Résistance non violente et pourtant "révolutionnaire" en ce sens qu'elle a contesté ou conteste encore un Etat de fait fondé sur l'injustice et la violence policière dans le but de rétablir ou d'établir un Etat de droit fondé sur la justice et la paix sociale. A noter que personne ne peut raisonnablement appeler aujourd'hui à une guerre civile, contestable à plus d'un titre bien que compréhensible.
Evidemment pour parvenir à cet Etat de droit idéal, une des grandes difficultés à surmonter réside encore aujourd'hui dans cette remarque tirée du Discours de la servitude volontaire d'Etienne de La Boétie qui notait en son temps : "Je désirerais seulement qu'on me fit comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d'un Tyran seul, qui n'a puissance que celle qu'on lui donne". Autrement dit : il faut surmonter la force d'inertie des opprimés.
Autre difficulté : Les pouvoirs criminalisent les comportements et les répriment au nom de la délinquance ou du terrorisme. Mais comme le souligne Alain Refalo, Président du Centre de ressources sur la non-violence :
"Le caractère public, collectif et non-violent de la désobéissance civile manifeste le caractère civique de l'acte commis. Il n'appelle pas à une désobéissance généralisée à toutes les lois et ne conduit pas à une forme d'anarchie non maîtrisée comme les pouvoirs voudraient le faire croire. Celui qui transgresse la loi pour défendre une juste cause assume les conséquences de son acte, à la différence du délinquant qui le plus souvent cherche à nier les faits qu'on lui reproche. C'est pourquoi « criminaliser » la désobéissance civile, c'est, pour l'Etat, la discréditer auprès de l'opinion publique. En restant ferme sur l'éthique des moyens employés et en communiquant sur l'affichage non-violent de la démarche, les militants de la désobéissance possèdent une arme à double coup pour dénoncer les mensonges de l'Etat et gagner la bataille de l'opinion publique." (...)
La résistance civile, paradoxalement, apparaît comme un temps privilégié de renforcement de la démocratie. La vitalité démocratique d'une société pourrait se mesurer à la capacité des citoyens à enfreindre la loi dans certaines circonstances, c'est-à-dire à prendre des risques personnels et collectifs pour défendre des causes essentielles. Les lois ne sont jamais figées, elles sont en constante évolution. C'est pourquoi les citoyens ont un rôle particulièrement actif à jouer pour faire évoluer le droit, y compris en transgressant certaines lois lorsque cela est justifié. « Tout le droit s'est construit parce que des gens ont résisté, ont désobéi à un droit qui était devenu injuste, admet François Roux, avocat de José Bové. La société se donne des règles et il est inadmissible d'imaginer que ces règles soient intangibles. Le monde est en mouvement." Extraits d'un article paru dans la revue Silence, Novembre 2005.
La résistance civile opposée au pouvoir abusif n'a jamais eu d'autre solution que de prendre à partie l'opinion publique, que de se constituer un tiers pouvant appuyer sa cause pour peu que ce tiers réussisse à identifier sa propre révolte ou à ressentir une certaine solidarité. La croissance de la résistance obéit ainsi à une série de réactions sociales en chaîne perceptible dans les circuits économiques ou les réseaux culturels du corps social. Médias, sites et blogs citoyens compris y participent n'en déplaise aux partisans d'Hadopi.
(*) Pour l'instant, l'attribution du Nobel de la Paix 2009 à B. Obama n'est pas comparable puisqu'il ne récompense pas une quelconque résistance, sauf à considérer celle-ci comme « préventive ». Ce qui pose problème.
09:51 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08.10.2009
Tout le monde le sait
Everybody Knows
Leonard Cohen
Tout le monde sait que les dés sont truqués
Tout le monde les jettent avec les doigts croisés
Tout le monde sait que la guerre est terminée
Tout le monde sait que les bons gars ont perdu
Tout le monde sait que le combat était arrangé d'avance
Les pauvres restent pauvres, les riches s'enrichissent
C'est comme ça
Tout le monde le saitTout le monde sait que le bateau fuit
Tout le monde sait que le capitaine a menti
Tout le monde a ce sentiment de déchirement
Comme si leur père ou leur chien venait de mourir
Tout le monde parle à ses poches
Tout le monde veut une boîte de chocolats
Et une rose à longue tige
Tout le monde le sait
Tout le monde sait que tu m'aimes bébé
Tout le monde sait que tu m'aimes vraiment
Tout le monde sait que tu as été fidèle
Ah, à une ou deux nuits près
Tout le monde sait que tu as été discrète
Mais il y avait tellement de gens que tu devais rencontrer
Sans tes vêtements
Et tout le monde le saitTout le monde le sait, tout le monde le sait
C'est comme ça
Tout le monde le saitTout le monde sait que c'est maintenant ou jamais
Tout le monde sait que c'est toi ou moi
Et tout le monde sait que tu vis éternellement
Et quand que tu t'es fait une ligne ou deux
Tout le monde sait que le marché est pourris
Old Black Joe cueille encore du coton
Pour vos rubans et vos foulards
Et tout le monde sait
Et tout le monde sait que la peste arrive
Tout le monde sait que ça bouge rapidement
Tout le monde sait que les hommes et les femmes nues
Sont seulement un artéfact du passé
Tout le monde sait que la scène est morte
Mais il y aura un compteur sur ton lit
Qui révélera
Ce que tout le monde saitEt tout le monde sait que tu es dans le trouble
Tout le monde sait ce que tu as dû traverser
Depuis la croix sanglante au dessus du Calvaire
Jusqu'aux plages de Malibu
Tout le monde sait que ça se casse
Jette un dernier coup d'œil au sacré cœur
Avant qu'il n'éclate
Et tout le monde sait
21:26 Ecrit par osiris dans ACTUALITE, CULTURE, RESISTANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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