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31/01/2010

Guillon menacé

Menacé par qui ? Par Carla Bruni-Sarkosy, pardi !
Pour preuve, ce sketch sur RTL le 30 janvier dernier, très préparé par le service com. de l'Elysée :

Le professeur Carla Bruni-Sarkosy l'a si bien martelé : «(...) C'est un procès pénal, vous comprenez, il s'agit d'une affaire pénale, pas politique (...)» (aff. Villepin VS Sarkosy) que l'on s'étonne encore d'avoir pu lire sous la plume de Jean Castelain, bâtonnier de l'ordre des avocats : «A Paris, sur 22.000 avocats inscrits au barreau, il y a 80 hommes politiques. Ca ne constitue pas exactement une invasion.».............
Mais ça va finir par y ressembler avec l'arrivée prochaine des autodidactes tels que Julien Dray, Rachida Dati, Jean Sarkosy de l'Epad et quelques autres pour qui la défense de la veuve, de l'orphelin et du prolo-proglio de service devient un sacerdoce subitement choisi. Rassurant non ? !

Et d'ailleurs les procès politiques existent-ils ? !... Ont-ils jamais existé ? !
Quant à l'indépendance de la justice, certains diraient «son aveuglement», pourquoi la remettre en cause au moment où la séparation des pouvoirs n'a jamais été autant respectée ? !

Carla Bruni-Sarkosy, qui se dit incompétente, a tout de même été dépêchée pour toucher l'opinion publique et atténuer les effets d'une évidente «contreperformance» dans la gestion de l'affaire Villepin. Au risque de devenir une cible pour les humoristes et de passer pour ce qu'elle n'est peut être pas tant que ça.

30/01/2010

No sarkosy day

Une date à retenir : 27 mars 2010..., un appel

Inconséquence politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte républicain, atteinte à l'égalité des chances, politique de la peur, stratégie de la division, lois liberticides, pratiques autocratiques du pouvoir, favoritisme, népotisme, manipulations médiatiques, ingérences judiciaires, collusion avec le monde des affaires et les forces de l'argent...

no sarko.jpg

Nous avons tous nos raisons pour nous opposer à Sarkozy et à son clan, pour résister au sarkozysme. Mais ce président sans envergure, effrayé par le peuple, prend grand soin de le tenir à l'écart, muselant au besoin sa parole derrière des cordons de CRS.

Alors, ENSEMBLE, nous élèverons la voix plus haut, nous nous ferons entendre plus fort, unis dans la défense des valeurs de notre République :

Liberté - Egalité - Fraternité - Laïcité - Démocratie

Nous, simples citoyens, vigilants et inquiets, en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat, appelons toutes celles et tous ceux qui ressentent l'envie, le besoin de dire NON ! à Nicolas Sarkozy, à se rassembler pour un No Sarkozy Day.

Le 27 mars 2010 : une journée pour lui dire NON !

Des rassemblements seront organisées partout en France, à partir de 14 Heures devant les préfectures et les sous-préfectures, à Paris place de la Bastille, et dans le monde entier devant les ambassades de France.

A l'issue de cette journée de mobilisation, se tiendront partout des réunions ouvertes, où nous pourrons ensemble, démocratiquement, décider de la suite à donner à ce mouvement de contestation populaire du sarkozysme, contestation que nous espérons aussi large que possible.

SIGNER L'APPEL

Le groupe Facebook du No Sarkozy Day a été supprimé.

Facebook aurait-il subit des pressions ?

Voici le nouveau groupe en attendant pensez à vous y inscrire et à en diffuser l'adresse.

26/01/2010

Autre chose, au choix

Il faudrait avoir la vue basse pour ne pas s'apercevoir qu'au moment même où le squatter de l'Elysée tente de rassurer son bon peuple sur des retraites futures, paisibles et choisies, le pays où les droits de l'homme sont soldés avec la bénédiction de Bercy et du Quai d'Orsay, maintient son taux d'ignominies à un échelon que chacun appréciera.
Exemples bien réels d'une réalité cauchemardesque ...

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C'est à Calais où la pression policière sur les migrants est « revenue à un niveau comparable à celui d'après la destruction de la jungle en septembre dernier (...). Alors que parmi les migrants, il y a des mineurs, des gens qui ont déposé une demande d'asile et qui ont normalement droit à un hébergement, (...) des Soudanais (...) ont vu leurs effets personnels confisqués. On a retrouvé des demandes d'asile à la déchetterie. »

C'est dans le Val de Marne où un arrêté d'expulsion a été émis à l'encontre de deux Haïtiens coupables d'avoir fuit un séisme dont personne, c'est sûr, n'a entendu parler et de s'être retrouvés à Orly Sud munis de papiers aux photos d'identité douteuses, un peu comme ces corps voilés que l'on a extirpés des décombres de Port au Prince.

C'est à Bonifacio où cent vingt-quatre Kurdes de Syrie débarqués sur une plage, dans la nuit du 21 au 22 janvier, ont tous été placés dans des centres de rétention du continent avant même d'avoir pu formuler la moindre demande d'asile. Ce qui a eu pour effet - encore heureux - d'aboutir à leur remise en liberté qui, toute provisoire, permettra au Besson de service d'envisager une modification prochaine des procédures existantes. Il faudra donc y revenir.

19 clandestins kurdes ont été remis en liberté - kewego
Ils risquent toujours une reconduite à la frontière.

Autre chose.
Ca n'a rien à voir, mais puisque l'on nage en pleine indécence Henri Proglio dispose de « quelques mois » - pas un de plus - pour se consacrer exclusivement à EDF et peaufiner avec discrétion, une vraie fausse hausse des tarifs, aux alentours de 24%, au prorata de ses notes de frais.

Rien de bien nouveau donc puisque de l'inénarrable général d'empire Frédéric Lefebvre au très imperceptible lieutenant et néanmoins souriant Claude Bartolone pour le PS, les avis (pardon les expertises) continuent d'entretenir espoirs et illusions... Au choix.

19/01/2010

Ubu est arrivé, Ubu est là

L'administration soumet les Français nés à l'étranger, ou de parents nés à l'étranger, à d'humiliantes et absurdes obligations pour renouveler leurs papiers. Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme, a répondu à des questions de lecteurs de Libération, et la LDH a lancé un appel «Vous êtes Français, prouvez-le», pour dénoncer cette situation.

Malek.
Si les preuves de nationalité de mon père ou grand-père sont perdues, comment vais-je faire ?

Michel Tubiana. Il va falloir reconstituer à tout prix les preuves de la nationalité, ou si vous pouvez prouver que vous avez vécu comme un Français pendant plus de dix ans, vous pouvez faire une déclaration acquisitive de la nationalité française au tribunal d'instance de votre domicile.

Capucine.
J'ai 66 ans, mon père était marié à une Française, s'est engagé dans la Gendarmerie et à vécu plusieurs années en Afrique du Nord, nous sommes tous nés en Afrique du Nord dans des villes différentes, avons-nous à craindre pour renouveler notre carte d'identité ?

M. T. Oui, malheureusement, c'est l'imbécilité de la législation actuelle.

Votre pseudo.
En France, le quai d'Orsay explique par téléphone que les ambassades de France ont tous les pouvoirs. Le fait du prince en quelque sorte. De quels recours dispose-t-on en cas de «mauvaise foi» de la part de l'ambassade ?

M. T. Aucun.

Premiere_Ubu_Roi.jpg

Philippe.
A qui adresser une réclamation qui aura quelque chance d'aboutir rapidement ?

M. T. Au préfet, en l'état actuel des choses, mais nous envisageons d'autres moyens de recours, que nous évoquerons sous peu.

Cape Town.
Comment prouve-t-on que l'on a vécu dix ans ou plus en France ?

M. T. Par tous les moyens de preuves possibles : quittance de loyer, carte Navigo, Carte Orange, adresse figurant sur des quittances EDF, cartes bancaires... Ce qui est intéressant dans cette question, c'est qu'au fond un certain nombre de Français se retrouvent presque dans la même situation que les sans-papiers à qui l'on demande de prouver qu'ils demeurent en France depuis plusieurs années pour les régulariser. Nous avons toujours dis que la politique suivie à l'égard des étrangers finissait par retomber sur les Français.

Cape Town.
Je suis Français, né en France, marié à une Sud-Africaine et j'habite au Cap (Afrique du Sud), depuis 2002. Ma fille est née au Cap, et la naissance de ma prochaine fille est prévue pour le 2 février 2010. Que dois-je faire ?

M. T. Propulsez-vous d'urgence à l'ambassade, afin de déclarer les naissances de vos enfants et de les faire enregistrer à l'état civil français.

Melody.
Je suis née en Amérique latine, j'ai des parents français et j'ai vécu en grande majorité en France. J'avais une carte d'identité que j'ai faite faire lorsque j'étais encore mineure. Lorsque j'ai fait une demande de renouvellement, il a fallu pourtant donner des papiers montrant que mes parents étaient bien français. Pourquoi ai-je dû faire cela, alors que j'avais déjà une pièce d'identité française ?

M. T. Même réponse que ci-dessus : en raison des pratiques discriminatoires en vigueur.

Minou.
Les «administrations» demandent des documents qu'ils possèdent déjà... Pourquoi donc les redemander. Ils demandent par exemple le certificat de naturalisation alors qu'il leur incombe de le rechercher eux-mêmes, ils sont payés pour ça.

M. T. Je suis tout à fait d'accord, nous sommes dans le cadre de cette législation discriminatoire, souvent appliquée de manière stupide. Mais, surtout, ce que cette législation montre, c'est la phobie gouvernementale actuelle de tout ce qui pourrait être un étranger.

Loulou.
J'ai été très choquée de m'entendre dire par un fonctionnaire d'une mairie parisienne «madame, vous êtes française comment ?». Que l'on soit né France ou à l'étranger, il n'y a que deux possibilités : soit on est Français, soit on n'est pas Français ! On ne peut pas être légèrement Français ou à peu près Français. Qu'est-ce que vous en pensez ?

M. T. Si, malheureusement, je peux imaginer la situation, surtout que les personnes derrières les guichets ne sont pas formées à traiter de ces sujets.

Gaspard.
Quelles conséquences pour un Français n'arrivant pas à justifier sa nationalité via les papiers de ses parents ou par une domiciliation ? Des personnes sans domicile fixe, françaises depuis toujours, pourraient-elles être expulsées avec ces nouvelles dispositions ?

M. T. Difficilement, puisque alors elles seraient apatrides - sans nationalité - et ce serait encore plus les enfoncer dans l'abandon social où elles vivent.

Yann Lardeau.
Deux points de réflexion : 1°) La procédure de justification de la nationalité française pour les Français nés à l'étranger est le sujet de M. Klein de Joseph Losey. Autrement dit, nous autres Français, nés à l'étranger, vivons sous l'esprit des lois de Vichy. Les socialistes se réveillent bien tard sur cette question.

M. T. L'initiative dans ce domaine datant de la première cohabitation, de l'initiative de Charles Pasqua de renouveler toutes les cartes d'identité. Je ne comprends pas trop l'allusion que vous faites, ce que l'on peut en revanche reprocher à tous les gouvernements, c'est de cautionner la force d'inertie de l'administration, d'avoir continuer à laisser faire, alors qu'ils étaient alertés depuis le début.

Votre pseudo.
J'ai un cas qui peut être intéressant : ma mère âgée de 82 ans a passé toute sa vie en France, elle est arrivée ici en 1930 venant d'Italie. Elle s'est mariée avec mon père, Français de souche, a eu des enfants. Ses parents ont été nationalisés Français, donc nationalisée elle aussi, elle a toujours vécu ici. Aujourd'hui, elle doit refaire ses papiers d'identité (perte de la CI) et c'est la galère depuis plus de deux ans ! Voilà, histoire vécue, elle doit justifier sa vie entière pour avoir une carte d'identité...

M. T. Je partage, surtout j'imagine ce que peut être le désarroi de cette femme.

Corine.
Mes enfants sont adoptés à l'étranger et Français. Ils ont une CNI depuis plusieurs années. Ils vont bientôt devoir les renouveler, risquent-ils d'avoir des problèmes ?

M. T. Oui, malheureusement.

Judith.
Pour ceux dont les papiers des parents ou des grands-parents ont été détruits dans leur municipalité de naissance du fait de la 2e guerre mondiale, comment faire ? En 2004, les démarches nécessaires m'ont demandé un an. Et d'ailleurs, j'ignore le lieu et la date de naissance de mes grands-parents !

M. T. En dernier ressort, si vous pouvez prouver que vous êtes Français - c'est-à-dire que vous avez vécu en tant que tel depuis plus de dix ans - il faut faire une déclaration acquisitive de nationalité française, auprès du tribunal d'instance de votre domicile.

Wikio

15/01/2010

Une Cour Pénale sur mesure

Pourquoi faire ? En l'occurrence, il s'agit de s'interroger sur l'opportunité de la création d'un « pôle génocides et crimes contre l'humanité », franco-français, en lieu et place de ce pourquoi la Cour Pénale Internationale est présumée avoir été créée. «Patrie des Droits de l'Homme, la France ne sera jamais un sanctuaire pour les auteurs de génocide, de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité», expliquent les ministres de la Justice et des Affaires Etrangères, initiateurs de ce projet qui sera discuté (?) au Parlement au premier semestre 2010.

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« La Donc Patrie des Droits de l'Homme ... », qui se passe désormais d'un ministère dédié, « La Donc... » d'où sont affrétés des charters à destination de l'Afghanistan ou autres pays paisibles et qui accepte d'héberger génocidaires et dictateurs en leurs villégiatures dûment négociées auprès d'honnêtes agents immobiliers, se promet de damer le pion d'une institution dont elle avait fait la promotion. L'affaire avait pourtant été laborieuse.

A recouper les points de vue de Patrick Baudouin, avocat spécialisé en droit international et président d'honneur de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme, et de William Bourdon, spécialisé lui aussi dans ce domaine touchant aux victimes de la mondialisation et des crimes contre l'humanité, on est amené à se poser la question de l'utilité de ce pôle. Les voies de la diplomatie étant impénétrables et souvent paradoxales, le bon docteur Kouchner, assisté de sa camarade Alliot-Marie, s'indignera sans doute haut et fort que l'on puisse se poser des questions aussi inconvenantes que celles-ci :

  • Quid du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) : créé en 1994 par la résolution 955 du Conseil de sécurité
  • Quid de la compatibilité d'un tel pôle compte tenu de la territorialité et des compétences de la Cour Pénale Internationale créée le 17 juillet 1998 et ayant une existence légale depuis 2002.
  • Quid, accessoirement, de la disparition programmée du juge d'instruction qui pourrait bien laisser la place à des procureurs désignés par le Maître Suprême et qui pourraient bien faire défaut à ce « pôle génocides et crimes contre l'humanité », vraisemblablement conçu pour épater Kigali et quelques-uns de ses ressortissants, plus que pour occuper des ministres désœuvrés.

13/01/2010

«Surveiller c'est punir»

Les différents fichiers de renseignements en France (*) participent de la façon par laquelle on cherche à remodeler les esprits. On surveille, on culpabilise et on sanctionne : c'est une vieille recette pour dominer et obtenir le consentement du plus grand nombre.

En dehors de leur coût difficile à déterminer, mais vraisemblablement élevé, ces fichiers veulent témoigner de la volonté de sécuriser, mais ils ne font qu'entretenir la peur, la défiance et le ressentiment. C'est leur finalité.

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Il y a pourtant un bémol à cette pratique. Se voulant de plus en plus performants, la multiplication de ces fichiers est tout de même la preuve de leur manque d'efficacité. Une inefficacité qui ne peut être que grandissante dans la mesure où plus ils seront nombreux, plus ils nécessiteront de personnes sachant les utiliser, les mettre à jour, les recouper.
Et qui, alors, qui surveillerait les surveillants ? C'est là où se trouve le danger : que ces renseignements puissent être utilisés à tort et à travers par des fonctionnaires formatés, sans « ressource humaine » et à la solde de ministres zélés.

Mais en dehors de ce danger bien réel, le contrôle que l'Etat souhaite exercer sur chaque individu, peut se révéler totalement impraticable si l'ensemble des citoyens se mettaient en infraction ou venaient sciemment, d'une façon ou d'une autre, encombrer des "bases de données" déjà surchargées. C'est là où se trouve la limite.

La police de Fouché aurait-elle été plus tristement célèbre si elle avait pu mettre en œuvre les moyens informatiques dont dispose aujourd'hui les administrations concernées ? La réponse est vraisemblablement « non ».

Autre point de vue, pas très éloigné : celui de Jean-Claude Vitran de la Ligue des Droits de l'Homme.

07/01/2010

L'Elysée fait ses comptes

Pour notre nano président et quelques soient ses déclarations larmoyantes et convenues, la disparition de Philippe Seguin, Président de la Cour des Comptes, est inespérée.

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Après avoir reconnu que Philippe Seguin avait, qu'on le veuille ou non, constitué un rempart contre certaines dérives présidentielles - on se souviendra grâce à lui de ce qu'a coûté, par exemple, la présidence européenne de la France (record à battre) -, il faut désormais s'attendre à ce que son successeur soit beaucoup moins regardant quant aux dépenses somptuaires de l'Etat sarkoléonien. Il sera issu du sérail, et à ce titre payé pour se taire. Avec Philippe Seguin, c'était mission impossible ou quasiment.

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A cette opportunité s'ajoute le renouvellement partiel (1/3) du Conseil Constitutionnel, à l'origine, entre autres observations, du report pour cause d'inégalité fiscale de la taxe carbone. L'évenement aura lieu d'ici une semaine.

On pourra aussi cumuler ces « bonnes nouvelles pour l'Elysée » avec la disparition programmée du juge d'instruction, la disparition acquise de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS), de la Défenseure des enfants et l'incapacité chronique des partis à concevoir une solidarité opposable aux délires du ci-devant Sarkosy. Hélas !

06/01/2010

Mauvais films

Avec la relance de janvier 2010, il n'y a pas de raison pour que le déni, fils aîné de négationnisme, ne soit pas admis au rang des vertus cardinales prêchées ici et là, par l'exemple.
Pas de raison non plus pour que les plus mauvais films ne soient pas primés au festival de l'info continue. Et du même coup, il n'y a aucune raison pour qu'une saine révolte collective et spontanée ne soit pas noyée sous un flot d'indignations feintes. Jusqu'à quand ?

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Les enfants du paradis pouvaient se permettre de siffler un acteur défaillant ou simplement granguignolesque. Une façon de réorienter sa carrière. Aujourd'hui, on peut très bien faire œuvre charitable « en s'associant au lancement d'un film et en pariant sur son succès ».
Un film - mauvais ? - sort sur les écrans cette semaine. Son titre ? Le Siffleur, justement. Peu importe le scénario, l'interprétation ou tout ce qui pourrait entrer en ligne de compte pour en faire un chef d'œuvre, il ne s'agit que d'un prétexte pour s'introduire sans en avoir l'air dans le monde de la titrisation et de l'actionnariat.

Dans le genre mélo, on joue aussi cette semaine « cœur supplicié d'un député de l'Essonne » avec dans le rôle titre l'excellent Julien Dray qui nous arrache compassion et regrets de n'avoir pas su reconnaître en lui un secrétaire général du PS à la hauteur et débusquer à sa place les mauvais camarades dont il avait cru devoir s'entourer. Qu'on se le dise : Julien Dray est une victime; il n'a rien fait pour ça; on l'a bassement balancé et il mérite bien le soutien des ses électeurs ou autres sympathisants blogueurs puisque le prince Jean de la Défense n'a même pas pensé à lui renvoyer l'ascenseur. Même pas juste !

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Enfin, dans l'incontournable série «Agrippe-moi, si tu peux», force est de constater que les mots ont un sens. Série pédagogique s'il en est, le spectateur y apprend en effet que «résilier» n'est pas «revendre» et que l'on aurait bien tort de comparer les bienveillances ministérielles, qui peuvent aller jusqu'au don de soi sans compensation, avec la théorie pharmaceutique du retour sur investissement viral.

Dernier avatar de l'actualité : les émois de Serge Klarsfeld et de Benoit XVI. L'un et l'autre prêchent la tolérance, c'est bien connu, avant de s'enfoncer dans le déni comme sous une couette honteuse, ça l'est moins. Benoit mis à part, nous avions déjà noté comme d'autres, la complaisance de S. Klarsfeld au moment de la controverse sur la repentance à travers un article intitulé «Sarkozy : service minimum sur la Shoah et insultes pour les Africains». Nous avions aussi été surpris de ses positions vis-à-vis de Farouk Hosni, candidat égyptien à la direction de l'Unesco accusé d'antisémitisme.
Honni soit qui mal y pense. Soit. Mais il semblerait tout de même qu'un très mauvais remake soit en train d'être tourné.

21/12/2009

Catch à trois sur A2

Antenne 2 et sa directrice, A. Chabot, ont donc programmé pour la prochaine émission « A vous de juger » (14 janvier 2010, selon Le Post et Libération) un combat Marine Le Pen vs Eric Besson, et il est inutile de refaire le portrait de ces protagonistes pour se rendre compte à quel point le débat citoyen va y être rabaissé. Inutile aussi de souligner les manquements volontaires d'une télévision soi-disant rattachée au service public.

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Mais, ce qui est prévisible et insupportable dans ce faux débat où la posture et le spectacle l'emporteront sur un échange vicié de points de vue, sera vraisemblablement la mise en pièce du monde associatif défendant les Droits de l'Homme. Même si une majorité de téléspectateurs n'est pas dupe, comment supportera-t-on d'entendre les Droits de l'Homme défendus par Eric Besson avec sa mauvaise foi consubstantielle et à travers des arguments fourbis d'avance difficilement réfutables :

  • Propos tenus par Georges Frêche sur les Harkis ou l'équipe de France de football
  • Propos tenus par Manuel Valls sur les blacks de sa circonscription
  • Trafics organisés par les passeurs de migrants clandestins

Puisqu'ils ne pourront intervenir sur le plateau, il ne serait pas inutile que les défenseurs des Droits de l'Homme, notifient publiquement leur réprobation avant même que cette émission ait lieu. Non pas pour interdire le spectacle (ce qui serait contraire à la liberté d'expression), mais pour désavouer l'utilisation qui sera faite à tout coups des Droits de l'Homme, dans une opération dont la bassesse et le cynisme ne servent que de tristes personnes en pleine crise d'hystérie égo centrée sur les régionales et un service public à la recherche d'une audience perdue depuis longtemps.

17/12/2009

Ca ressemble à quoi ?

  1. Un vaccin contre la pauvreté. Vraiment ?
  2. Qui remplacera Camus au Panthéon ?
  3. Après Copenhague, faudra-t-il espérer que Claude Allègre ait eu raison ?
  4. L'Afghanistan n'est plus un pays en guerre. La preuve ?...
  5. L'Elysée bousculera-t-elle les « forces de la conservation » ?

10/12/2009

Rien ne serait pire que … qui ?

Les lecteurs du Monde (dont nous sommes) peuvent être fiers de pouvoir enfin lire dans leur journal une Tribune frappée au coin du bon sens, à défaut de pouvoir être agitée du haut d'un minaret suisse. Enfin ! ... Rien que des « pépites » issues de la diversité et d'une forme achevée de démocratie d'opinion, pleine de bons sentiments, participative pourrait-on dire, que H. Beuve-Mery, M. Duverger ou R. Barillon n'auraient surement pas désavoué !

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  • Nous ne savions pas qu'un référendum pouvait « blesser les âmes en apportant une réponse aussi tranchée à un problème qui doit pouvoir être résolu au cas par cas dans le respect des convictions et des croyances de chacun. »
  • Nous avions oublié que « c'est en devenant sourd aux cris du peuple, indifférent à ses difficultés, à ses sentiments, à ses aspirations, que l'on nourrit le populisme. »
  • Nous ne savions pas que « Pour réconcilier la France du oui et celle du non, il fallait d'abord essayer de comprendre ce qu'avaient voulu exprimer les Français. »
  • Nous avions oublié que « rien ne serait pire que de ne pas regarder en face la réalité des sentiments, des préoccupations, des aspirations de tant d'Européens. »
  • Nous ne savions pas que « nul, pas plus en Suisse qu'ailleurs, ne songe à remettre en cause ces libertés fondamentales. »
  • Nous avions oublié que « le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance. »
  • Nous ne savions pas que « ce besoin d'appartenance, on peut y répondre par la tribu ou par la nation, par le communautarisme ou par la République. »
  • Nous avions oublié que « l'identité nationale c'est l'antidote au tribalisme et au communautarisme. »
  • Nous ne savions pas que « les Suisses comme les Français savent que le changement est une nécessité. »
  • Nous avions oublié que « le métissage c'est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme c'est le choix de vivre séparément. »
  • Nous ne savions pas que « le métissage ce n'est pas la négation des identités, c'est de la part de celui qui arrive la volonté de s'inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société qu'il va contribuer à transformer, dans cette histoire qu'il va désormais contribuer à écrire. »
  • Nous avions oublié que « respecter ceux qui accueillent, c'est s'efforcer de ne pas les heurter, de ne pas les choquer, c'est en respecter les valeurs, les convictions, les lois, les traditions, et les faire - au moins en partie - siennes. »
  • Nous ne savions pas que « les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale (...)»
  • Nous avions oublié que « chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation »

Et c'est parce que, tout ça nous ne le savions pas ou que nous l'avions oublié que Nicolas Sarkosy nous l'apprend ou nous le rappelle, lui qui en est convaincu au point d'en faire son pain quotidien et sa prière du soir. Aucun doute, cette tribune a du faire un tabac chez les supporters de la « France qui gagne » malgré Domenech et Georges Frêche. Quant à mère Ubu, elle doit kiffer grave. N'est-il pas ?

06/12/2009

Devedjian, ex-flag des sixties

Sous le titre  « Petite contribution de Patrick Devedjian au débat sur l'insécurité : un an de prison avec sursis et trois de mise à l'épreuve » : une perle dénichée par cuverville.org dans l'édition du 11 novembre 1965 du journal Le petit Varois.

Les faits relatés plus bas n'auraient sans doute été que pure invention si le couvre-feu pour les mineurs âgés de moins de 13 ans avait été en usage à l'époque et ce, malgré l'avis des syndicats de police qui le jugent encore aujourd'hui inapplicable.

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Un peu plus de quarante ans plus tard, les résultats escomptés à résoudre la question récurrente de la sécurité ne se sont pas fait attendre :

  • 7 personnes mises en cause pour crimes et délits sur 10 sont des hommes majeurs selon le criminologue Alain Bauer
  • B. Hortefeux démontre qu'il n'a pas lu le rapport qu'il avait lui-même commandé à l'Observatoire National de la Délinquance,présidé par le même Bauer, préférant soutenir qu'aujourd'hui la délinquance est en baisse
  • les « jeunes dévoyés » de la Croix Valmer, repentis si l'on en croit leur famille (politique), courent toujours... Mise en scène, incantation, démagogie ?... La police, à bout de souffle, ne manque pas d'air.

«En correctionnelle : Deux jeunes dévoyés en vacances à la Croix Valmer avaient essoufflé la police... Un an de prison avec sursis et trois de mise à l'épreuve pour chacun d'eux
Draguignan (C.P.). - Audience peu chargée hier au tribunal de correctionnelle, une dizaine d'émetteurs de chèques sans provisions ont comparu à la barre ainsi qu'une bonne demi-douzaine d'inculpés pour outrage à la pudeur.
[...] Deux jeunes gens ont tenu la vedette à cette audience. Il s'agit des nommés Devedjian Patrick et Madelin Alain, étudiants à la Faculté de Droit de Paris, à qui le soleil a quelque peu tourné la tête alors qu'ils se trouvaient en vacances sur notre belle Côte d'Azur.
Dans la nuit du 5 au 6 août dernier, M. Voli, maire de la Croix-Valmer, surprenait deux individus qui tentaient de lui dérober de l'essence dans son véhicule. À sa vue, les deux voleurs prenaient la fuite abandonnant un véhicule Simca 1000 immatriculé 73 QT 83. Une embuscade était tendue par la police qui avait été alertée. 45 minutes plus tard, on tombait sur les deux hommes qui tentaient de mettre un véhicule en marche.
Si Madelin parvenait à être appréhendé, Devedjian par contre échappait aux poursuites malgré une tentative désespérée de M. Voli.
Mais comme tout a une fin, il était récupéré le lendemain matin dans un état lamentable, les pieds ensanglantés, les vêtements déchirés. ll demanda aux policiers de le ramener sur son bateau ancré à Cavalaire. Ceux-ci ne se firent pas prier pour le raccompagner d'autant plus que la perquisition effectuée sur le bateau devait s'avérer des plus fructueuses. On y trouva des pièces de voitures, un pistolet 6.35 garni de 5 cartouches, et des pièces d'identité appartenant à Mlle Castells Eliane.
Devant le magistrat instructeur, Devedjian niera toute participation aux vols d'essence, Madelin lui, reconnaît les faits qui lui sont reprochés et fait entrer dans la danse, à la place de Devedjian, un dénommé Gérard.
L'enquête déterminera bien vite tous les vols commis par les deux tristes sires :
Vol d'une Simca 1000 à St-Cyr le 2 août 65, à Laréol le 19 juillet, vol d'un moteur de bateau, le 23 juillet vol à Villefranche-Laranguais de pièces d'identité, à la Croix-Valmer le 6 août d'avoir fait usage de fausses plaques d'immatriculation et enfin à Cavalaire également le 6 août de détenir illégalement un pistolet 6.35. [...] ».


C'était au temps où la comparution immédiate n'existait pas... Au temps où nos deux « jeunes dévoyés » étudiaient à Assas et émargeaient au mouvement Occident, issu de la dissolution le 2 novembre 1963 de la section de Paris de la Fédération des étudiants nationalistes (extrême droite).

Et tout ça bien avant que Devedjian, devenu "Ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance", ne revienne dans le Var, à La Seyne-sur-Mer, quasiment sur les lieux du crime, pour faire avec Nicolas Sarkozy le point sur la crise économique.

01/12/2009

Détenus à 3000 € pièce

En mars 2008, le tribunal administratif de Rouen, construite en 1864 et appelée "Bonne nouvelle" avait condamné l'Etat à verser 3.000 € à un détenu. Rebelote : la cour d'appel administrative de Douai (Nord) a confirmé jeudi 12 novembre la condamnation de l'Etat par le tribunal administratif de Rouen.

Un trou noir pour le ministère de la justice aveugle. A creuser sur le site Ban Public.

Alors, les détenus dédommagés ? La belle affaire !

Aucun problème ne sera réglé pour celles et ceux qui croupissent dans leur cellule en attendant d'être reconnus innocents. Pour eux, la folie est la seule compagne qui vaille encore la peine ; la seule échappée belle ; la seule façon de marteler le réel ; sa seule réfutation sereine. La dignité humaine ne se monnaye pas.


Ce qui ne veut évidemment pas dire que les conditions de détention de l'ensemble de la population carcérale ne relèvent pas d'un droit humain. Géographiquement universel. Alors, c'est tant mieux si on arrive à tordre le bras de l'institution judiciaire pour une meilleure prévention des risques sanitaires et pour une réelle réinsertion dans le monde des vivants. Sinon aucun «kits de protection», destinés aux détenus susceptibles d'attenter à leurs jours, contenant des draps et couvertures indéchirables et des pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons, ainsi que des matelas anti-feu etc... » ne fera l'affaire.

Aucun grand emprunt ne saurait non plus y suffire. Pas même en « lâchant » une pincée d'euros sonnants et trébuchants. Ce qui frôle l'indécence.

26/11/2009

Solidarités programmées

Le politiquement incorrect de cette fin d'année consisterait-t-il à comparer la tonalité du discours tenu par Yann Artus Bertrand à celle des bateleurs télégéniques du Téléthon ou du Sidaction ? En tout cas les ressemblances sont frappantes.

Sur le fond tout le monde est à peu près sur la même longueur d'onde. Les maladies, génétiques ou pas, ne peuvent se combattre que par une la recherche scientifique rendue efficiente et le réchauffement climatique que par une diminution volontaire et progressive des émissions de gaz à effet de serre. Jusque là, tout va bien. Là où ça se complique, c'est quand il faut financer cette logique.

A ce niveau, il est seulement dommage que ce soit les opinions publiques qui soient prioritairement appelées à se substituer au pouvoirs en place sous prétexte que ces deux grandes causes (santé & climat) contribuent à créer un lien de solidarité entre celles et ceux qui y adhèrent. C'est une tradition. L'hypocrisie n'est pas loin, d'autant moins loin que les budgets nationaux consacrés à la recherche médicale sont proches du degré zéro de l'écriture comptable ou que les ambitions affichées du Ministère-de-l'Ecologie-de-l'Energie-du-Développement-durable-et-de-la-Mer-en-charge-des-Technologies-vertes-et-des-Négociations-sur-le-climat (ouf, nous y voilà !) consistent à remporter une partie de poker menteur, et rien de plus.

Besoin de personne pour répondre favorablement aux appels lancés par l'évidence climatique ou celle non moins douloureuse des maladies génétiques ou pas. Inutile donc d'inventer de faux prétextes pour récolter des fonds ou pour responsabiliser des consommateurs jamais contrits.

Mais, les bateleurs sont là et à l'affut de soi-disant tiers, irréductibles à leurs appels répétés en boucle du type : «il est trop tard pour être pessimiste», «nous sommes au bord d'une catastrophe si nous n'agissons pas», «le compte à rebours est lancé» ou «tous plus fort que tout», «vaincre le mauvais sort», «on commence à sentir les prémisses d'un début de solution».
A l'affut de contradicteurs pouvant être désignés comme des images en négatif de cette opinion publique si maniable. Et cette année... ont été tirés au sort.... Claude Allègre pour le climat et, ... pour sa contribution au téléthon... Pierre Bergé . Chacun illustrant sa catégorie avec les moyens du bord : esprit de contradiction pour l'un, maladresse naïve pour l'autre. Qu'importe, ces oiseaux de mauvais augure l'ont bien cherché. Ils auraient simplement du s'exprimer autrement.

Le problème c'est qu'à force de bateler à tort et à travers, on risque l'overdose et que le côté «people» de ces solidarités programmées peut contribuer à dévaluer ce sur quoi elles sont humainement fondées.

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Il faut ajouter que le ridicule est atteint lorsque, faute de programmation cohérente, des causes estimables en viennent à se chevaucher dans le temps. Cherchons l'erreur : le 28 novembre sera à la fois une journée sans achat et une journée consacrée à aider les banques alimentaires.

24/11/2009

Indifférence

Compagnie Lubat - Album : "Scatrap jazzcogne"


Dans le texte :

"Ainsi va la vie d'ici, la vie est là d'ici-bas
Elle débat et batt'rie les premiers pas dansés al banc des écoliers
Balancés dans l'air sans en avoir d'air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet qui s'étire et rit, c'est bon, c'est l'ton du blues

Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit ?
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer

Sur ton accordéon tu touches à touches, écoules, et facile agis là du bout des doigts
Docile au songe assis tu médites tes fois t'effaces au firmament une note cassée
Qu'assez on en ait plus jamais d'enlacer la musique
Infinie mélodie qui vit, effile l'âme à son pas dédicacé là, baladant l'horizon

Ainsi va Lubat la vie, la vie ça va, tu l'as dit
Au bal aussi c'est là que t'as tout vu passer
Le pas s'est dépaysé
Vas-y l'évasif, vas-y l'enfant, tout petit déjà
Jadis on l'a dit : "Mainatge aqueste còp te'n sortiràs pas coma aquò..."

Et si c'était dommage, pas si c'est un hommage
Aux hommes assis devant, vu de l'avant
L'aventure est là
Allez dis-le-nous donc dis
Dans des mots doux au dit désir ici efficace étape à passer

E si l'oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambicios
"Assurement", libèria, tot de l'animaut sauvadge
La cauja es coma te l'as hèita.

Tanpòc au bal a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap Petit caborrut
Enqüèras un còp a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap pelut

E si l'oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu'un desir ambicios
"Assurement", libèria, tot de l'animaut sauvadge
La cauja es coma te l'as hèita.

Vois si tu n'es pas d'avis
A ton avis ça se vit
Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
Balancés dans l'air sans en avoir d'air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet ils s'étirent et rient, c'est bon, c'est l'ton du blues.
Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit ?
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer
Et si tu vas tout droit, t'y auras droit !"

23/11/2009

Prix et salaires : la peur

Pour conserver le ventre plat, rien de mieux qu'une cure de poireaux. D'autant qu'avec le pas de deux qui s'annonce entre une TVA à 5,5% et une autre à 19,6 %, les restaurateurs vont pouvoir faire valser une nouvelle fois leurs étiquettes. Ce qui ne coupera surement pas l'appétit des prédateurs du CAC 40 ni celui des sénateurs qui ont mis le sujet sur le tapis.

restau.jpg

Illustration de Kahmmille Daindein Farai

La TVA étant réputée comme l'impôt le plus injuste de nos sociétés repues, il serait pourtant de bon goût de la supprimer carrément.

Augmentations prix & salaires depuis 2000
animation à télécharger

Ce qui, de toute façon, serait loin de contrebalancer l'ensemble des inégalités qui apparaissent à la lecture de l'animation qui précède. Ca fait même assez peur tant c'est écœurant.

 

Mise à jour du 24/11/09 ou pilule du lendemain : la nuit a porté conseil aux sénateurs. Ils ne changeront décidément rien à la « TVA - restauration » (5,5%).

Les lobbyistes de la petite cuillère sont parvenus à leur fin. Et selon Gérard Longuet, « la situation est sous contrôle et personne n'est dupe de personne ». Traduisons : les sénateurs chargés d'écrire la loi et non de la faire respecter (il y a encore des tribunaux pour ça), demeurent libres et indépendants. Ce qu'il fallait démontrer.

21/11/2009

Peut-on se passer de Camus ?

  • On se l'arrache

Les Sarkozy :
« Ce serait un symbole extraordinaire de faire entrer Albert Camus au Panthéon »
Bruxelles - 19/11/09

  • On le cite pour-en-finir-avec-les-conformismes et dévoiler-ses-références-culturelles

Ségolène Royal :
«
Je tiens à citer également Albert Camus parce qu'il cherche et qu'il s'engage ». Le Point - 31/03/08

  • On l'égotise et on se consacre

Jean Daniel :
« (...) Et quand il a eu le prix Nobel, j'en ai été heureux comme s'il était de ma famille. Je lui ai écrit que mon admiration et mon affection pour lui demeuraient inaltérées et que, chaque fois qu'il avait estimé que j'avais tort, je n'avais plus été tout à fait sûr d'avoir raison. Il est revenu à Paris. J'ai trouvé chez moi un petit mot qui se terminait par cette phrase : « L'important, c'est que vous et moi soyons déchirés. » J'ai eu, depuis, le temps de réfléchir à chacun de ses mots. « L'important », on peut traduire : ce qui est le plus essentiel. « Le déchirement », on peut traduire : le tiraillement entre deux vérités. Cela veut dire que, pour Camus comme pour Dostoïevski, la vérité n'est pas un absolu mais doit être recherchée dans le bonheur, le tourment et la contradiction. En l'occurrence, il concédait que la vérité pouvait ne pas être seulement de son côté. Qu'il la partageait avec moi. Qui peut dire en ce moment, avec ce que vit une Algérie dont tant d'enfants ne songent qu'à rejoindre la France, si la vérité n'était pas à partager entre ses positions et les miennes ? »
Nouvel Obs. - 19/11/09

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  • On l'intériorise

L'anonyme du 35 bd Haussmann :
« Quand je passe le balai, je pense à Camus, au mythe de Sisyphe, au tonneau des danaïdes (...) et  bien sûr à la main de Thierry Henry. (...) Ce que je sais de la morale, (...), c'est au football que je le dois. »

  • On le mégote

Pierre Bergé, lui, a choisi le contrepied :
« Il n'y a pas que des génies au Panthéon, donc ça va très bien qu'il y soit. Camus n'est pas un écrivain que j'aime. Je trouve que c'est un écrivain pour instituteurs. Je pense qu'aujourd'hui Malraux et lui sont considérés comme deux serre-livres, qu'on pose sur des étagères et qu'on ne lit pas. »
Rue 89 - 21/11/09

  • On le frontispice

Le Pen lui suppute un coup fourré :
« Sur le principe, je suis assez d'accord puisque c'est un écrivain français de grande renommée, mais la date à laquelle survient cette proposition est tout de même singulièrement électoraliste", a déclaré le président du FN. "C'est un choix électoraliste. Celui d'un écrivain pied-noir à quatre mois des élections régionales où probablement la majorité va subir une lourde défaite, je crois que c'est assez évident ». Le Figaro - 20/11/09

  • On s'en grise

« Je sais que si je suis très triste, je peux m'emparer d'un San-Antonio pour rire un peu. Sinon, sans que ce soit un livre de chevet, s'il y en a un que je devrais garder avec moi, c'est l'Etranger, de Camus ». Lazarbie

  • On sonde, soupèse et condense

« Les hommes préfèrent Camus :
Les romans qui ont le plus compté dans la vie des hommes d'aujourd'hui ont été écrits par des hommes, généralement blancs et morts. Pour les femmes, c'est plus mélangé. C'est ce qui ressort d'une grande enquête menée par deux chercheuses de l'Université de Londres et commandée par le
Orange Prize for Fiction et par le quotidien The Guardian. Entrons dans le détail de ce rapport qui condense les résultats d'interviews réalisées auprès de 500 britanniques de sexe masculin, dont un certain nombre entretiennent des rapports professionnels avec la littérature, un an après que la même équipe ait posé la même question à autant de femmes il y a un an.

Résultat : L'Etranger (en anglais : The Outsider) d'Albert Camus vient en tête suivi de L'attrape-cœur de J.D. Salinger (...) les lecteurs n'attendent pas des romans qui ont changé leur vie qu'ils en soient un guide ou un compagnon éternel : ils les lisent "comme ils liraient des manuels de photo". Ils y trouveraient, chez Orwell par exemple, de quoi conforter leur angoisse de la désagrégation sociale et leur goût du combat solitaire, (...) La fiction étant parfois si étranger à nombre d'hommes, ceux-ci citent spontanément des essais ou des livres d'histoire (...) Cette enquête le confirme, le fait est qu'entre 20 et 50 ans, les hommes ne lisent pas de romans ». République des livres - 09 avril 2006

  • On s'en détourne jusqu'à la falsification

Pour ne pas décevoir les nostalgériques, accoutumés à la réécriture oiseuse et mensongère de la période de l'Algérie française.

  • Finalement, on ne saura jamais qui s'en est le plus inspiré. Vraiment. Ca se voit tellement peu.

20/11/2009

Résistances intra, extramuros

On ne présente plus Stéphane Hessel, mais on ne se lasse pas de l'écouter pour se ressourcer.

La résistance n'a donc pas de frontières. La preuve ...

Le 29 novembre a été déclaré par l'ONU journée internationale de la Palestine. C'est la date anniversaire du partage de la Palestine et de la Nakba (défaite et exode de 1948) pour les Palestiniens.

Ce mois de novembre donne donc l'occasion de rappeler que les Palestiniens vivent toujours les conséquences terribles de l'injustice qui leur a été faite et qui se perpétue 60 ans après.

Tous les murs de la honte ne sont pas encore tombés.

Et en Palestine sous les yeux de la communauté internationale, on n'en finit pas d'en construire un. La colonisation se poursuit en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. C'est un obstacle majeur à la paix. Gaza, où l'armée israélienne a fait 1400 morts est toujours sous un blocus lui aussi meurtrier.

A quand un président étasunien pour déclarer : « je suis un Palestinien ? » A quand l'application à ce peuple des décisions de l'ONU et des règles du droit international ?

Le point de vue de Stéphane Hessel sur la question palestinienne tient dans cette phrase ...

« Ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d'enfants, la façon dont ils sont bombardés m'apparaît comme un véritable crime contre l'humanité. »

... autant que dans la réponse à la question : « (...) Jusqu'à maintenant le chemin vers la paix c'était deux Etats côte à côte, un Etat Palestinien et un Etat Israélien. Est-ce encore possible, ce partenariat avec les Palestiniens ?

- C'est la seule solution. Elle est rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s'accumulent de part et d'autre, soit le mépris et l'humiliation, soit la haine. Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, et alors, au nom de ce que l'histoire nous a appris sur la possibilité du pardon - nous l'avons éprouvé, nous européens, et dans d'autres pays, en Afrique du Sud aussi - il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie. » Tiré d'un entretien avec Swiss Info, 5 janvier 2009.

Il n'est pas inutile de rappeler que le Tribunal Russel pour la Palestine vise à mettre en évidence les crimes de guerre ou crimes contre l'humanité manifestement commis par les dirigeants et les soldats israéliens (voire les colons). De nombreux rapports internationaux (dont le dernier rendu par Goldstone) l'attestent, et il incombe à Israël ou aux autres Etats d'entamer à leur encontre des poursuites, conformément à leurs obligations internationales. La première session de ce tribunal aura lieu à Barcelone les 1, 2 et 3 mars 2010. L'ordre du jour est déjà fixé, au moins en partie :

  • La politique et la pratique de l'UE et de ses Etats Membres dans leurs relations avec Israël, puissance occupante de la Palestine sont elles compatibles ou non avec leurs obligations internationales découlant du droit international général et du droit international humanitaire ?
  • Dans quelle mesure l'UE et les Etats membres sont-ils ou non complices de la prolongation de l'occupation belligérante et illégale d'Israël en Palestine et des crimes commis par Israël contre le peuple Palestinien ?

17/11/2009

Corruption portes ouvertes

Les chambres régionales des comptes ont été crées en mars 1982 pour constituer des juridictions financières attachées aux gestions locales. Leur jugement est susceptible d'appel devant la Cour des Comptes et de cassation devant le Conseil d'Etat.

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Il y avait le droit pénal dans lequel les financiers les plus « initiés » finissaient par se prendre les pieds : d'où la dépénalisation du droit des affaires.
Il y avait (il y a encore, mais pour combien de temps ?) les juges d'instructions, capables de mettre en examen ces mêmes financiers : d'où la furieuse envie exprimée à l'Elysée de supprimer le juge d'instruction au profit d'un hyper magistrat instructeur nommé par "le président de tous les français".
Il y a aujourd'hui les magistrats de la chambre régionale des comptes (CRC) : ils risquent d'être remplacés par des observateurs beaucoup moins encombrants et nettement plus dociles aux injonctions venues d'en haut. De quoi être inquiet.

Leurs torts ? Contrôler les recettes et les dépenses des collectivités territoriales, intervenir chaque fois qu'un ordonnateur (un maire par exemple) se trouve en situation de gestion de fait. Traduire : en train de manier de l'argent public à des fins irrégulières, voire personnelles, à travers de fausses factures, des subventions détournées de leur finalité, des déficits budgétaires quasi volontaires etc. Jusqu'à présent et à quelques exceptions près, le principe de séparation entre l'ordonnateur et le comptable du trésor public, fonctionnait à peu près bien. Et le contrôle s'exerçait, dérangeait même parfois jusque dans les couloirs de Bercy.

On comprend alors que cette énième réforme soit imaginée pour transformer le contrôle des dépenses publiques des collectivités territoriales par les CRC en une simple évaluation. Ce qui équivaut à la mise en place d'une corruption organisée. Comme pour la dépénalisation du droit des affaires, la tentation sera grande de fermer les yeux sur les pratiques douteuses de gestionnaires proches du sérail ou ayant partie liée avec lui. Elle tombe à pic et au moment même ou les maires de France, sifflent le courageux fantôme de Matignon à la porte de Versailles à propos de la suppression de la taxe professionnelle. En cas de fronde tenace, on pourra toujours marchander une déresponsabilisation du  statut d'élu local.

A propos, les magistrats de la Chambre Régionale de Comptes ont fait grève aujourd'hui 17 novembre pour revendiquer ce qui leur reste d'indépendance. Si on ne s'en est pas rendu compte c'est qu'ils ne sont que 300 sur l'ensemble du territoire et que le tapage est ailleurs.

15/11/2009

Mère UBU au PS

Ca allait mieux, mais ce n'était qu'une impression. Les nouvelles aventures de mère Ubu au Parti Socialiste y contribuent.

Quand on parle sans détour du Parti Socialiste et que les notions de partage, de justice et d'égalité constituent un idéal à atteindre pour celui qui s'exprime, on risque non seulement de s'exposer à la réprobation militante mais aussi à une sorte de schisophrénie, un fractionnement de la perception citoyenne.

D'un côté, on aimerait bien en finir le plus vite possible avec les farces communicantes des Sarkosy & C°, et dans ce cas on souhaite que la gauche du partage, de la justice et de l'égalité soit suffisamment adulte et compétente pour arrêter l'hémorragie provoquée par l'actuelle gestion calamiteuse de l'Etat.

D'un autre côté, pointer les psychoses qui s'expriment sans retenue dans le camp de ce qui pourrait être une opposition crédible revient un peu à admettre qu'en 2012 tout continuera à se détériorer. Si on n'en est pas là, on n'en est pas loin et ce n'est pas de la réunion de Dijon d'hier que viendra le salut.

Passons sur le cas type Julien Dray qui, lâché par ses amis de la direction du PS à la première occasion -ses démêlés monstrueux avec la suspicion nationale organisée-, n'en continue pas moins à fréquenter ses bons amis. Il ne fait qu'avaler une couleuvre de plus et il est seul à en subir les conséquences. Qu'importe, il est sympa, on le soutient dans ses efforts.

Difficile par contre d'éviter le cas Ségolène Royal. On atteint là un véritable problème de santé qui n'est malheureusement pas sans laisser de traces. Et il y a vraiment de quoi en vouloir à ceux qui, par militantisme forcené la considèrent capable de diriger un exécutif de façon sereine et constructive.

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Dommage que le PS soit dans l'incapacité d'assainir la situation, dommage qu'il n'ait pas voulu tenir compte des souvenirs que Louis Mexandeau, ancien ministre de François Mitterrand, exprimaient en février 2007 dans l'indifférence générale.  Comble de l'ironie, on lui avait même reproché de faire campagne pour l'actuel locataire de l'Elysée.

Lui reprocherait-on aujourd'hui sa lucidité ?

« Je n'ai aucun contentieux avec Ségolène, rien de personnel contre cette femme au regard clair, au physique agréable, mais sitôt qu'elle apparaît à la télévision, l'historien et militant socialiste que je suis est saisi de crainte, pour ne pas dire d'effroi. Je ne puis m'empêcher de penser à Léon Blum au XXXe congrès national de la SFIO, en juillet 1933, lorsque Marquet préparait avec Déat la scission néosocialiste sous le slogan de l'Ordre et de l'Autorité. Blum s'était exclamé : « Je suis épouvanté ! » Et de fait, je suis terrifié par Ségolène prétendant militariser le traitement de la délinquance ; je suis abasourdi par son projet de jurys populaires façon cours d'assises pour les élus, comme si le suffrage universel et les structures judiciaires appropriées n'existaient pas ; je suis confondu par sa planétaire indigence qui lui fait improviser cette réponse à propos de l'entrée de la Turquie dans l'Europe : « Mon opinion est celle du peuple français. » Je veux être leur chef, donc je les suis !

Mais d'où vient cette propension à la dérive populiste, au démagogique, à l'erratique, au saugrenu, et finalement à la mise en danger de la France ? Cynisme ? Voire ! La vérité est plus simple et bien plus inquiétante : Ségolène, c'est une inculture de taille encyclopédique, une sorte de trou noir de la science. Une ignorance crasse, pire que reaganienne : bushiste.

Comme si elle n'avait pas lu un seul livre. Des cours seulement. Pour passer des concours... Je la connais depuis plus de vingt-cinq ans, j'ai assisté à ses débuts. Sa carrière a commencé en Basse-Normandie, lorsqu'elle venait rejoindre sa mère en fin de semaine dans la demeure familiale de Villers-sur-Mer. Elle gravitait alors autour de l'Elysée, rédigeant des notes à l'intention de Jacques Attali. Dès 1983, elle était conseillère municipale minoritaire de Trouville. Deux ans plus tard, le scrutin proportionnel ayant été adopté en vue des législatives de 1986, se posait la question du deuxième de liste dans le Calvados. Au vu de nos résultats de 1981, même érodés par le désamour, l'obtention de deux sièges apparaissait certaine. Un ticket s'imposait : 1. Louis Mexandeau. 2. Henry Delisle. Mais comme ce dernier venait de perdre la mairie de Mézidon, sa position était fragilisée. André Ledran, qui m'avait succédé comme secrétaire de fédération, se mettait sur les rangs. Rude dilemme que de devoir choisir entre deux amis. La solution n'était-elle pas d'opter pour une troisième personne ? Nous étions dans une période où l'on commençait à parler d'un rôle accru des femmes en politique. Oh ! Avec frilosité, les socialistes se déclarant en faveur de la promotion féminine à condition qu'elle s'appliquât dans le département voisin...

A l'été 1985, lors d'une réunion de la commission exécutive du Calvados, à Caen, il fallut commencer à en débattre. Chacun des 60 participants n'avait encore en tête que l'enjeu entre Delisle et Ledran. L'atmosphère était lourde. Soudain, sur la gauche de la grande salle de la rue Paul Toutain se leva une frêle créature, une femme jeune et jolie dont j'étais le seul à connaître l'identité. Qui pouvait savoir alors que même sa timidité devait avoir été étudiée ? Même pas moi ! Elle déclara dans un grand silence  : « Voilà, je m'appelle Ségolène Royal, je suis membre de la section de Trouville et conseillère municipale. J'ai 28 ans. Je suis mère d'un enfant. Je travaille à l'Elysée auprès de François Mitterrand. Les deux personnes que j'aime le plus au monde, c'est mon bébé et François Mitterrand. Je voudrais être candidate aux élections législatives de l'an prochain en deuxième position, derrière Louis. » Puis elle se rassit. Il n'y eut aucune discussion. Suffoquée par tant d'audace, la salle restait muette. Que cette jeune personne, même présentant bien, même proche, prétendait-elle, du président de la République, mais n'ayant aucune expérience militante, revendique une candidature qui l'enverrait automatiquement au Parlement paraissait complètement incongru, ahurissant, surréaliste. On passa donc sans commentaire à la suite de l'ordre du jour et, au final, quelques semaines plus tard, ce fut Yvette Roudy qui fut choisie.

(...)

Surfant sur les sondages, (...) elle a floué Jospin, Lang et les autres. Paralysés à l'idée de passer pour sexistes - Ségolène excellant dans la posture de prétendue victime - ils l'ont laissée faire la course en tête, tels ces coureurs pistards de l'ancien Vél'd'Hiv, au temps de Toto Gérardin et de Lapébie. Soucieux de ne pas partir les premiers dans le rôle du lièvre, ils n'ont pas pu, ou voulu voir le VTT chevauché par cette amazone qui les coiffe au poteau en leur lançant joyeusement le fameux : « T'as le bonjour d'Alfred ! » Une chose est certaine, en tout cas : si, à la faveur de cette dérive médiatique, elle vient à gagner en novembre, le parti socialiste risque d'entrer dans une phase noire de son histoire, une période glaciaire, telle qu'il en a connu en 1920 et 1940"

12/11/2009

Un président sans divertissement

C'est celui que le traité de Lisbonne intronise pour deux ans et demi avec des prérogatives qui sont loin de valoir celles chefs d'Etats en place.

Elu sans campagne ni programme, ni projet, tout simplement désigné par les 27 chefs d'Etats des pays membres, il présidera le conseil européen, avec à peu près autant de pouvoir qu'un fonctionnaire de préfecture chargé du protocole. En moins drôle.

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Le préposé du Conseil européen aura tout de même à :
  1. présider et animer les travaux du Conseil européen ;
  2. assurer la préparation et la continuité des travaux du Conseil européen en coopération avec le président de la Commission, et sur la base des travaux du Conseil des affaires générales ;
  3. œuvrer pour faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen ;
  4. présenter au Parlement européen un rapport à la suite de chacune des réunions du Conseil européen.

Pas étonnant dans ces conditions que cette présidence ne soit pas briguée par l'un des représentants de la famille Sarkozy.

Pourtant les tractations secrètes semblent aller bon train derrière le rideau de fer tiré par la Suède sur des arrangements - transactions ? - qui restent hors de portée du suffrage universel. Par pudeur ? Par soucis de transparence ?

"Le Conseil européen et cette nouvelle fonction de président représentent l'un des pires aspects des institutions de l'Union européenne : il s'agit d'un mécanisme entièrement intergouvernemental, où l'Europe est traitée sur le seul mode de la diplomatie et de la politique étrangère sans la moindre considération pour les mécanismes démocratiques qui ont commencés depuis longtemps à régir le reste des institutions communautaires." dixit Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles.

Date d'entrée en vigueur dudit traité de Lisbonne : 1er décembre. C'est demain et justement, le lendemain, au lieu de chanter la carmagnole, 500 millions d'européens en délire n'auront plus qu'à applaudire et à scander en coeur "habemus papam".

10/11/2009

Rencontres littéraires

La littérature fait l'actualité. Ou l'inverse.

C'est le Prix Renaudot 2009 qui, très involontairement peut être, contribue à commémorer le 11 novembre, les « morts pour l'exemple » de la guerre de 14 et beaucoup d'autres injustices ...

Extrait de " Un roman français" de F. Beigbeder- Grasset (p11 & 12)

« Dans sa dernière lettre à mon arrière-grand-mère,Thibaud affirme qu'il ne dispose pas des tenailles pour découper les barbelés afin de se frayer un chemin vers les positions ennemies. Il décrit un paysage crayeux et plat, une pluie incessante qui transforme le terrain en marécage boueux et confie qu'il a reçu l'ordre d'attaquer le lendemain matin (...).

Le 161è Régiment d'Infanterie s'est jeté sur un mur de balles ; comme prévu, mon arrière-grand-père et ses hommes ont été déchirés par les mitrailleuses allemandes... On peut dire que Thibaud a été assassiné par sa hiérarchie. »


C'est aussi Marie NDiaye, Prix Goncourt 2009, racontant des vies déchirées entre l'Afrique et la France qui pose la question de la multiethnicité et constitue un pied de nez au questionnement identitaire actuel...

Extrait d'une interview réalisé pour les Inrockuptibles le 30 août 2009.

Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ?

« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l'écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants - ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort." Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. »

07/11/2009

Les sceaux du roi

« La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique » Blaise Pascal

Dépénalisation du droit des affaires, plus ou moins douteuses, et suppression du juge d'instruction, aimé ou pas, faut-il rapprocher ces deux projets ? Si elles étaient mises en œuvre, l'une comme l'autre, ensemble ou séparément, ces deux « idées géniales » permettraient de contourner, un peu plus, le délit de corruption et de garder les sceaux du roi intacts.

« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » disait Jean Jaurès. Ce qui, transposée à la dépénalisation du droit des affaires, pourrait donner : « Quand les Etats ne peuvent, ni ne veulent mettre un terme à la corruption, ils lui inventent un cadre juridique qui la justifie ».

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Lorsqu'à l'automne 2007, le chef du gouvernement déclarait : « La pénalisation à outrance de notre droit des affaires est une grave erreur. Je veux y mettre un terme », il oubliait simplement avoir reçu une formation d'avocat « d'affaires » et que l'avenir pouvait l'amener à vouloir les faire prospérer.

Plus sérieusement ou simplement, la suppression du juge d'instruction, qui peut encore déstabiliser quelques de « destins nationaux » et chefs d'entreprises en exercice, correspond mieux aux objectifs de l'Elysée. Et c'est bien ce qui a été mis en œuvre dès 2007.

Entre 2007 et 2008, le nombre de dossiers confiés par le procureur à des juges d'instruction est passé de 467 à 251. Il y en avait 734 en 2002. La dégringolade est encore plus vertigineuse pour les délits financiers, pour lesquels 21 informations judiciaires seulement ont été ouvertes en 2008, contre 88 en 2007 et 101 en 2006.

Il ne reste plus qu'à « terminer le job » et surtout oublier les protestations comme celle que le juge Eva Joly avait adressée à qui de droit via Le Monde du 15 janvier 2009 :

... « Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective. »...

... La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa. ...

... j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet. »

Le plus grave dans cette affaire reste que supprimer le juge d'instruction porte atteinte au plus intangible des principes républicains, celui de la séparation des pouvoirs qui inclut l'indépendance de la justice, et revient à donner un cadre légal à toute corruption d'Etat. Beaucoup plus grave que les faits de malversation stricto sensu qui pourront être révélés par Transparency International, organisation de la société civile pour la lutte mondiale contre la corruption.

Cette agence publiera comme tous les ans son Indice de Perception de la Corruption (IPC) le 17 novembre 2009. (Disponible à cette date sur www.transparency.org)

Il faudra alors faire preuve de perspicacité pour mettre à jour les affaires blanchies d'une délinquance en col blanc déjà très occultées par l'Etat.

Pour la petite histoire, Patrick Ouart, issu du sérail présidentiel et Jiminy Criquet de Mam'Dati & Co, pourrait bien être le futur « juge de l'enquête et des libertés » pressenti par l'Elysée pour remplacer le juge d'instruction. A condition que cette réforme se fasse sans trop de résistances...

06/11/2009

Claude Levi Strauss

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Dans un monde qui s'autodétruit et fait une large place à un « mono culturalisme universel », au moment où un débat mesquin, minable et "imbécile" sur l'identité nationale est lancé, Claude Levi Strauss suscite aujourd'hui les éloges de ceux qui, pour la plupart, n'ont tiré aucun enseignement de son humanisme et de ses travaux. Le découvrir en toute humilité et sans discours superflu est le seul hommage qu'on puisse lui rendre.


 

Entretien avec Claude Levi-Strauss - kewego
Rencontre filmée en 1998 au Collège de France lors de laquelle le célèbre penseur et anthropologue évoque ses souvenirs des Landes et du lycée de Mont-de-Marsan où il enseigna.

30/10/2009

Diversions

Que masque le déluge d'informations auquel nous sommes soumis ? Après les sketchs Hortefeux, Mitterrand et Sarkozy 2, nous voilà plongés dans une nouvelle marmite où les affaires « Boulin », « Angolagate », « Levée du secret-défense », « Grandes surfaces pénalisées », « Evadés fiscaux », « Sommet pour l'Union de la Méditerranée », « Débat sur l'identité nationale » et autre « pandémie » distillent leurs effluves.

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Prises l'une après l'après l'autre, toutes ces informations provoquent une indignation certaine et ouvrent un champ utile à la lucidité. Ensemble, elles deviennent illisibles et font diversion.

Les grandes questions environnementales et/ou économiques sont, de cette manière, plus ou moins évacuées, passées sous silence, et l'opinion publique, lancinée par les inégalités qui la concerne aussi directement que douloureusement, est mise à contribution, prise à témoin, détournée de ses préoccupations pour une mascarade d'affaires tendant à prouver, qu'au fond, la justice fonctionnerait à peu près normalement. Triste tropisme.

Mais l'artifice ne fonctionne plus, tant il est sûr que :

  • Jamais l'affaire Boulin ne débouchera sur la mise au ban de personnalités ayant « trempé » dans des ventes d'armes, trafics d'influence et réseaux douteux tels que ceux révélés par l'Angolagate, autre affaire où « maître » Pasqua tente encore de terroriser un public suspendu à sa cause de grand conspirateur.
  • Jamais le secret-défense, ne sera tout à fait levé sur les commissions occultes perçues ici et là.
  • Jamais les «évadés fiscaux» ne seront rattrapés, et s'ils l'étaient ce ne serait sans doute pas suffisant pour renflouer les caisses d'un Etat hyper endetté.
  • Jamais les grandes surfaces, qui pour la plupart appartiennent à des amis de la famille au pouvoir, ne seront pénalisées pour avoir fait usage de clauses abusives avec leurs fournisseurs.
  • Jamais les dépenses élyséennes pointées du doigt par la cour des comptes ne seront revues à la baisse surtout si elles peuvent contribuer à rehausser, même artificiellement, l'exercice de la fonction présidentielle.

On en oubliera certainement et de meilleures sur la réalité des collusions et arrangements consentis entre pouvoirs publics, qui se disent indépendants, et intérêts privés au détriment des trois principes républicains, entre prétendants et détenteurs d'une fonction représentative au détriment d'une logique démocratique.

Entre communication, «pédagogie» et manipulation, la confusion des genres est savamment entretenue sans que personne n'ait encore programmé le prochain faux semblant ni jusqu'à quand la superposition des diversions laissera la cible que nous sommes indifférente et sans réelle réaction.

Autre approche de la diversion : celle de Marc Fiorentino, banquier, trader et PDG français, spécialiste des marchés financiers. Fils d'un père manutentionnaire et d'une mère ouvrière, Marc Fiorentino est diplômé d'HEC. Il a dirigé des banques d'affaires américaines en Europe durant seize ans.
« Gagner du temps, faire diversion est une technique gouvernementale pour noyer une situation mauvaise pour les français (...) Marc Fiorentino est déçu, aussi, que la presse en soit le porte-parole ! »
Voir son interview vidéo par Trixie de Geffrier

16/10/2009

C'est la trève

Ce blog sera fermé pendant deux semaines.

Deux semaines hors éclipses successives et réciproques des Dati, Bachelot, Besson, Hortefeux, Mitterrand, Nano père & fils & consorts, de leurs abus, exactions et impudeurs, avec une nostalgie particulière pour des entretiens d'embauche tels que celui-ci :

14/10/2009

Défense du Théâtre Toursky

Richard Martin et l'ensemble de la délégation partie de Marseille pour soutenir l'existence du Théâtre Toursky se présenteront à 14h30 au Ministère de la Culture et de la Communication, rue de Valois, afin d'y rencontrer Frédéric Mitterrand ou l'un de ses représentants habilité à traiter du dossier de ce théâtre  qui existe

Le 15 octobre sera le 12e jour de la grève de la faim de Richard Martin et Jean Poncet. Tergiversations et faux-fuyants ne pourront plus être de mise. La crédibilité des propos récurrents du Ministre quant à son souci de "défendre et promouvoir les artistes, porter le multiculturalisme et s'investir dans la culture populaire", est à ce prix. Le fonctionnement du théâtre Toursky aussi, qui n'a d'autre raison d'être que de conjuguer culture, mixité sociale et internationalisme.

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MICHEL BOUQUET, comédien :

« Avec ce théâtre, je défends avant tout le respect du public. J'y ai joué plusieurs fois des pièces très importantes comme Le roi se meurt de Ionesco, comme des Molière et chaque fois, sur les trois ou quatre représentations que nous donnions, j'ai trouvé d'abord une salle absolument comble et un public tout à fait magnifique. Et je me suis dis que ce public trouvait une complète satisfaction dans les spectacles qui lui étaient présentés, puisqu'il s'abonnait et restait fidèle. C'est une chose très rare et très importante de pouvoir rassembler autant de monde sur une pièce comme celle de Ionesco.
J'ai joué dans différents endroits à Marseille, mais j'ai rarement trouvé une chaleur aussi forte que chez Richard Martin. J'en ai déduit que non seulement le théâtre Toursky était nécessaire, mais qu'en plus il avait totalement fait ses preuves.
A mon âge, je sais quelle est la difficulté de construire un vrai public. Un public prêt à entendre les textes les plus difficiles et à voir les spectacles les plus importants. Pas forcément distrayants comme on l'entend dans certains cas, mais complètement distrayants sur le plan de l'esprit et du cœur. Un public qui se réunit en très grand nombre pour se frotter aux plus grands auteurs du siècle passé ou des auteurs contemporains.
Je suis très heureux de saluer en Richard Martin quelqu'un que je respecte infiniment. Sa personnalité est très importante, au même titre que les grands hommes de théâtre qui, entre les deux guerres, ont construit avec le Cartel des publics magnifiques. Que ce soit Dullin, Jouvet, Baty, Pitoeff... Richard est à mon avis de cette race-là. J'ai trouvé en Richard un défenseur de cette forme d'esprit, de cette forme de théâtre qui s'apparente au Cartel (*).
Je ne comprendrais donc pas qu'on puisse priver cet homme de son outil de travail et ce nombre de spectateurs de ce lieu de rencontres et d'évolution intellectuelle. »
La Marseillaise du 9/10/09.


(*) Michel Bouquet veut parler du « Cartel des quatre » (Dullin, Jouvet, Baty, Pitoeff), association d'entraide créée en 1927, basée sur l'estime professionnelle, le respect réciproque et dans le but de donner une visibilité au théâtre d'avant-garde.

10/10/2009

Walter, retour en résistance

A travers l'histoire de Walter, ancien résistant, ancien déporté haut-savoyard et sur fond de politique actuelle, deux questions se posent tout au long d'un film qui sortira sur les écrans le 4 novembre 2009 :
« Qu'avons-nous fait des idéaux du Conseil National de la Résistance ? »
« Résister se conjugue-t-il au présent ? »

Deux questions qui font la trame du film de Gilles Perret « Walter, retour en résistance » et qui confirment une stratégie de résistance civile déjà perceptible sur le net comme sur le blog d'hypos.
Résistance historiquement mise en œuvre par le CNR, puis par des prix Nobels de la Paix tels qu'Albert Luthuli contre l'apartheid en Afrique du Sud (Prix Nobel en 1960), Martin Luther King en faveur des droits civiques des Noirs nord-américains (1964), Andreï Sakharov pour les droits de l'homme dans l'ex-Union Soviétique (1975), le Dalaï Lama contre l'occupation chinoise au Tibet (1989) ou Aung San Suu Kyi, dirigeante de l'opposition démocratique en Birmanie (1991). (*)

Résistance non violente et pourtant "révolutionnaire" en ce sens qu'elle a contesté ou conteste encore un Etat de fait fondé sur l'injustice et la violence policière dans le but de rétablir ou d'établir un Etat de droit fondé sur la justice et la paix sociale. A noter que personne ne peut raisonnablement appeler aujourd'hui à une guerre civile, contestable à plus d'un titre bien que compréhensible.

Evidemment pour parvenir à cet Etat de droit idéal, une des grandes difficultés à surmonter réside encore aujourd'hui dans cette remarque tirée du Discours de la servitude volontaire d'Etienne de La Boétie qui notait en son temps : "Je désirerais seulement qu'on me fit comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d'un Tyran seul, qui n'a puissance que celle qu'on lui donne". Autrement dit : il faut surmonter la force d'inertie des opprimés.
Autre difficulté : Les pouvoirs criminalisent les comportements et les répriment au nom de la délinquance ou du terrorisme. Mais comme le souligne Alain Refalo, Président du Centre de ressources sur la non-violence :

"Le caractère public, collectif et non-violent de la désobéissance civile manifeste le caractère civique de l'acte commis. Il n'appelle pas à une désobéissance généralisée à toutes les lois et ne conduit pas à une forme d'anarchie non maîtrisée comme les pouvoirs voudraient le faire croire. Celui qui transgresse la loi pour défendre une juste cause assume les conséquences de son acte, à la différence du délinquant qui le plus souvent cherche à nier les faits qu'on lui reproche. C'est pourquoi « criminaliser » la désobéissance civile, c'est, pour l'Etat, la discréditer auprès de l'opinion publique. En restant ferme sur l'éthique des moyens employés et en communiquant sur l'affichage non-violent de la démarche, les militants de la désobéissance possèdent une arme à double coup pour dénoncer les mensonges de l'Etat et gagner la bataille de l'opinion publique." (...)

La résistance civile, paradoxalement, apparaît comme un temps privilégié de renforcement de la démocratie. La vitalité démocratique d'une société pourrait se mesurer à la capacité des citoyens à enfreindre la loi dans certaines circonstances, c'est-à-dire à prendre des risques personnels et collectifs pour défendre des causes essentielles. Les lois ne sont jamais figées, elles sont en constante évolution. C'est pourquoi les citoyens ont un rôle particulièrement actif à jouer pour faire évoluer le droit, y compris en transgressant certaines lois lorsque cela est justifié. « Tout le droit s'est construit parce que des gens ont résisté, ont désobéi à un droit qui était devenu injuste, admet François Roux, avocat de José Bové. La société se donne des règles et il est inadmissible d'imaginer que ces règles soient intangibles. Le monde est en mouvement." Extraits d'un article paru dans la revue Silence, Novembre 2005.

La résistance civile opposée au pouvoir abusif n'a jamais eu d'autre solution que de prendre à partie l'opinion publique, que de se constituer un tiers pouvant appuyer sa cause pour peu que ce tiers réussisse à identifier sa propre révolte ou à ressentir une certaine solidarité. La croissance de la résistance obéit ainsi à une série de réactions sociales en chaîne perceptible dans les circuits économiques ou les réseaux culturels du corps social. Médias, sites et blogs citoyens compris y participent n'en déplaise aux partisans d'Hadopi.


(*) Pour l'instant, l'attribution du Nobel de la Paix 2009 à B. Obama n'est pas comparable puisqu'il ne récompense pas une quelconque résistance, sauf à considérer celle-ci comme « préventive ». Ce qui pose problème.

08/10/2009

Tout le monde le sait

Everybody Knows
Leonard Cohen


Tout le monde sait que les dés sont truqués
Tout le monde les jettent avec les doigts croisés
Tout le monde sait que la guerre est terminée
Tout le monde sait que les bons gars ont perdu
Tout le monde sait que le combat était arrangé d'avance
Les pauvres restent pauvres, les riches s'enrichissent
C'est comme ça
Tout le monde le sait

Tout le monde sait que le bateau fuit
Tout le monde sait que le capitaine a menti
Tout le monde a ce sentiment de déchirement
Comme si leur père ou leur chien venait de mourir
Tout le monde parle à ses poches
Tout le monde veut une boîte de chocolats
Et une rose à longue tige
Tout le monde le sait

Tout le monde sait que tu m'aimes bébé
Tout le monde sait que tu m'aimes vraiment
Tout le monde sait que tu as été fidèle
Ah, à une ou deux nuits près
Tout le monde sait que tu as été discrète
Mais il y avait tellement de gens que tu devais rencontrer
Sans tes vêtements
Et tout le monde le sait

Tout le monde le sait, tout le monde le sait
C'est comme ça
Tout le monde le sait

Tout le monde sait que c'est maintenant ou jamais
Tout le monde sait que c'est toi ou moi
Et tout le monde sait que tu vis éternellement
Et quand que tu t'es fait une ligne ou deux
Tout le monde sait que le marché est pourris
Old Black Joe cueille encore du coton
Pour vos rubans et vos foulards
Et tout le monde sait

Et tout le monde sait que la peste arrive
Tout le monde sait que ça bouge rapidement
Tout le monde sait que les hommes et les femmes nues
Sont seulement un artéfact du passé
Tout le monde sait que la scène est morte
Mais il y aura un compteur sur ton lit
Qui révélera
Ce que tout le monde sait

Et tout le monde sait que tu es dans le trouble
Tout le monde sait ce que tu as dû traverser
Depuis la croix sanglante au dessus du Calvaire
Jusqu'aux plages de Malibu
Tout le monde sait que ça se casse
Jette un dernier coup d'œil au sacré cœur
Avant qu'il n'éclate
Et tout le monde sait

06/10/2009

Un leurre contre un sens

Une information qui semble dérisoire, ça n'a l'air de rien, mais en cascade et à la longue... c'est décourageant comme une polémique. Nous sommes à Marseille, prochaine capitale européenne de la culture en 2013. Deux lieux emblématiques : le stade Vélodrome et le théâtre Toursky.

A droite, l'idée d'une cagnotte

  • pour lutter contre l'absentéisme de lycéens qui auraient encore des envies d'école buissonnière - à cela près et compte tenu que « Les 400 coups » de JP Léaud et de François Truffaut sont largement dépassés -, ou
  • pour une simple question de contrôle social, ou
  • pour permettre aux dits lycéens de mieux digérer leur programme.
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A gauche Richard Martin, 65 ans, qui se bat pour que le théâtre Toursky, inauguré par Léo Férré au cœur de la Belle de Mai, poursuive une mission culturelle et populaire faite de résistance, de poésie, de liberté et de créativité. Des mots qui, plus que jamais, ont un sens et qui font peur, précisément pour cette raison.

D'un côté, le proviseur lycée Mistral à Marseille qui propose à ses élèves de troquer une sieste en classe contre une place au Vélodrome de l'OM. Qui choisit donc de susciter un réflexe de Pavlov plutôt que de solliciter une prise de conscience, même minime, visant à un début d'autonomie et de responsabilisation, autres mots qui font peur. Alors bien sûr, dans l'immédiat, les résultats ne se font pas attendre puisqu'il faut, provisoirement, faire parler les chiffres et combler un vide dans l'emploi du temps.

De l'autre, un homme de théâtre, Richard Martin, dans un ailleurs utopique et vital, qui écrit dans un édito :

"Les chemins de la culture sont des chemins de patience qui demandent rigueur et qualité, constance et idéal.
Les artistes sont des passeurs nomades, acteurs de la Vérité, qui interrogent leur temps.
Sous une forme ou sous une autre, ils nous apportent les courants d'expression et les mouvements vivants de la société et du monde.
Leurs exigences me tiennent particulièrement à cœur parce qu'elles sont des outils de résistance forgés pour tous.
La parole artistique, lorsqu'elle s'attache à mettre en relief la complexité de l'humain, fait fleurir les questionnements d'une âme universelle que ne cessent d'approfondir le théâtre, la musique, la danse et la poésie.
J'ai toujours tenu pour essentiel que tous ces arts, qui composent la mosaïque du spectacle vivant, portent l'expression d'une culture pour tous, vibrante dans sa diversité, contemporaine dans ses choix et ses propositions, vigilante et combative dans ses convictions, métisse et plurielle dans son message de paix et d'espérance.
En ces temps de crise où le monde est de plus en plus déréglé et instable, égaré dans le fantasme marchand qui entraîne l'homme vers l'abandon et la solitude, je suis convaincu que l'art est un formidable tremplin à l'insoumission utile.
Conserver intacte cette capacité à donner une forme et un sens à nos utopies me semble la seule voie encore praticable pour incarner la réalité d'aujourd'hui et celle de demain.
Je souhaite que toutes ces nouvelles rencontres à venir puissent nous faire partager des instants d'humour, de tendresse et de liberté, et que le croisement de ces rêveries nous interroge au plus près du monde des passions et des idées."

Alors la « cagnotte » de Martin Hirsch vaut-elle « l'insoumission utile » de Richard Martin ?
Au bout du compte, on se trouve toujours en face du même dilemme : la facilité, l'immédiate rentabilité contre toute construction patiente ; le bruit et la gesticulation contre l'apprentissage d'une vie intérieure qui pourrait nous sauver des supermarchés ; un leurre contre un sens.

Question annexe : une place au Vélodrome vaut-elle une place au théâtre Toursky ?

Sauver le théâtre Toursky