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03/09/2011

Solder les comptes du capitalisme

Les grandes déclarations consistant à moraliser le capitalisme ont très vraisemblablement fait leur temps. Le socialisme dans lequel beaucoup d’espoirs ont été placés, et qui, faute de mieux, continue par défaut d’être la seule hypothèse acceptable, risque de tourner court, définitivement, si la notion de bien public continue d’être dévoyée au profit de combines et stratégies à court terme, partisanes et cupides. Le temps est-il venu de penser plus radicalement ? L’histoire le dira et j’espère seulement qu’elle s’abstiendra d’être trop sinistre.

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En attendant, il faut tenir tout en essayant de concevoir un « après » au capitalisme finissant. Toute nouvelle évaluation se devra d’être globale, «intégrant des données économiques, sociales, culturelles et, ce qui est nouveau, environnementales. (…) Elle se devra évidemment d’inclure «le principe de l’élargissement le plus achevé de la démocratie (…)». A lire absolument : "Le Capitalisme à l'agonie" de Paul Jorion.

Pour l’heure, il faut donc survivre à un système autant qu’à ce qu’il implique au plan des pratiques sociales, certaines étant plus détestables ou évitables que d’autres, (autre façon d’introduire la notion de désobéissance civique), et posant la nécessité d’un distinguo à établir entre corruption-pouvoir-richesse, et transgression-dépendance-pauvreté.
Sur ce dernier point, on peut trouver un élément de réponse dans la note intitulée «La transgression, modèle économique alternatif pour les pays pauvres»

Mais de toute évidence, solder les comptes du capitalisme, reviendra nécessairement à remettre en cause un système autant qu’un état d’esprit et une manière de penser : une aventure humaine de longue haleine qui dépasse très largement les promesses électorales trotte-menu.

13/08/2011

Il y a 50 ans, le mur de Berlin

Entre 1949 et 1961, près de 2,7 millions de citoyens avaient quitté la RDA et Berlin-Est. Cet exode, composé pour la moitié de jeunes de moins de 25 ans, amplifiait les problèmes du pays pour le SED (ndlr : parti socialiste unifié). Tous les jours, plus d'un demi-million de personnes passaient la frontière entre les secteurs d'occupation de Berlin et comparaient ainsi les conditions de vie. En 1960 seulement, environ 200.000 citoyens de RDA s'étaient installés définitivement en RFA ou à Berlin-Ouest. La RDA se trouvait au bord de la faillite économique.


Le 15 juin 1961, le président du conseil d'état de RDA, Walter Ulbricht, avait déclaré: "personnes n'a l'intention de construire un mur". Et pourtant, le 12 août 1961, le conseil des ministres de RDA annonça: «un dispositif de contrôle aux frontières de la RDA avec l'Allemagne de l'Ouest et les secteurs d'occupation occidentaux à Berlin, tel qu'il est pratiqué par tous les états souverains, sera mis en place, afin de mettre un terme aux activités hostiles du pouvoir militaire rancunier de l'Allemagne de l'Ouest et de Berlin-Ouest». Nulle mention ne fut faite dans cette déclaration du conseil des ministres quant au fait que les citoyens de RDA n'aurait plus le droit de quitter les frontières de leur pays.

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Au petit matin du 13 août 1961 des barrages provisoires furent mis en place autour du secteur d'occupation soviétique et les routes d'accès coupées. Des détachements de la police militaire, de la police des transports et des milices ouvrières stoppèrent le trafic à la frontière avec les secteurs occidentaux de la ville. Ce n'est sûrement pas sans arrière-pensée que le SED avait choisi un dimanche pendant les congés d'été pour exécuter son opération.

Au cours des jours et semaines qui suivirent, les barrages barbelés provisoires déployés à la frontière avec Berlin-Ouest furent remplacés par un mur en dalles béton renforcé de briques creuses, monté par des ouvriers sous étroite surveillance des gardes-frontières de RDA. Les bâtiments limitrophes, tels que les immeubles de la Bernauer Straße, où le trottoir se situait dans l'arrondissement de Wedding (donc à Berlin-Ouest), et les rangées sud d'immeubles dans l'arrondissement Mitte (donc à Berlin-Est), furent tout simplement intégrés dans le dispositif de séparation entre les deux moitiés de la ville. Avec une opération coup de poing, les autorités de RDA firent murer les entrées d'immeubles et les fenêtres des rez-de-chaussée. Les habitants concernés ne pouvaient accéder à leurs logement que par les cours intérieures qui se trouvaient en territoire de RDA. C'est ainsi que de nombreux logement furent évacués de force dès 1961, non seulement dans la Bernauer Straße, mais aussi dans d'autres quartiers frontaliers.

Avec la construction du mur, certaines places ou quartiers entiers furent divisés abruptement d'un jour à l'autre, et le réseau suburbain de transports publics fut en partie neutralisé. Le soir du 13 août, le maire de Berlin déclara dans une allocution publique, devant le chambre des députés: «(...) Sous les yeux du monde entier, le sénat de Berlin condamne les mesures inhumaines et illégales adoptées par ceux qui veulent séparer l'Allemagne, opprimer Berlin-Est et menacer Berlin-Ouest (...).»

Le 25 octobre 1961 fut le jour de la confrontation des chars d'assaut américains et soviétiques devant le poste-frontière pour ressortissants étrangers de Friedrichstraße (Checkpoint Charlie): les gardes-frontières de RDA avaient exigé de contrôler des représentants des forces alliées occidentales, qui s'apprêtaient à rentrer dans la zone d'occupation soviétique. Pour les américains, cette consigne était attentatoire au principe de libre circulation des forces alliées dans la ville occupée. 16 heures durant, les deux puissances nucléaires restèrent ainsi figées, face à face, avec des blindés séparés de quelques mètres seulement. Le monde entier redouta la guerre. Mais un jour plus tard, les forces en présence se retirèrent. Grâce à l'intervention diplomatique du président américain Kennedy, le chef d'état et du parti soviétique Chruschtschow avait fini par reconnaître officiellement le statut d'occupation quadripartite de Berlin.

Par la suite, le dispositif de séparation fut étoffé et les contrôles aux frontières perfectionnés. A l'intérieur de Berlin, le mur qui séparait la partie Est de la partie Ouest, s'étendait sur 43,1 kilomètres. La portion extra-urbaine de séparation entre Berlin-Ouest et la RDA mesurait 111,9 kilomètres. Entre 1961 et 1989, plus de 100.000 personnes ont essayé de fuir la RDA en franchissant la frontière entre les deux Allemagnes ou le mur de Berlin. Plus de 600 fugitifs ont été abattus par les gardes-frontières de RDA, ou ont trouvé la mort autrement. On dénombre au moins 136 morts autour du seul mur de Berlin au cours de cette période. Source

11/08/2011

La dette ailleurs

Douze millions de personnes dans le monde meurent de faim pendant que les agences de notation suscitent ou organisent le reflux des spéculateurs (gentiment appelés «investisseurs» par les médias) vers les places boursières qui consacrent l’essentiel de leurs activités sur les matières premières agricoles. En 2008 – 2009 déjà, ces « investisseurs » y avaient «trouvé refuge». Dans les pays occidentaux, peu de monde s’en était indigné.

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«Légalement, avec les instruments spéculatifs ordinaires, ils (ndlr : toujours les mêmes) réalisent des profits astronomiques sur les aliments de base. Actuellement, la tonne de blé meunier est à 270 euros. Il y a un an, elle était de moitié. La tonne de riz a plus que doublé en un an et le maïs a augmenté de 63%. Les pays pauvres ne peuvent donc même plus acheter les aliments à même de constituer des réserves. Ils sont impuissants lorsque la catastrophe arrive.»

Autre cause de cette catastrophe humanitaire liée à la faim, et qui n’est malheureusement pas nouvelle : « le surendettement de ces pays. Le service (intérêt et amortissement) de la dette étrangère est tellement élevé qu’il absorbe pratiquement tous les revenus des États et les rend incapables d’investir dans les infrastructures notamment agricoles. Un exemple : seulement 3,8% des terres arables éthiopiennes sont irriguées alors qu’en Europe, elles le sont à 60%. L’Éthiopie n’a pas l’argent nécessaire pour puiser l’eau. Aujourd’hui, la nappe phréatique se trouve à 60, 70 mètres sous terre en raison de la sécheresse et, de ce fait, rend inopérantes les méthodes traditionnelles pour lever l’eau. » Jean Ziegler le 03/08/11. 

Contre la dictature financière des marchés agités par les spéculateurs, la révolte est donc nécessaire. D’autant plus nécessaire que le discours du petit homme blanc du Cap Nègre prononcé à Toulon en 2008 s’est avéré particulièrement abjecte par son cynisme.

Comment ne pas se souvenir notamment de ce passage à corréler avec ses actes : «(…) L’idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle. (…) Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité. (…)»

Il est très probable que les partis d’opposition traditionnels soient dans l’incapacité de mettre fin à cette mascarade qui a pris une ampleur difficile à évaluer. Ce qui est certain, c’est que pour l’instant, ils ont la dette ailleurs avec toutes les conséquences que cela pourra entraîner. A moins qu'ils choisissent de rentrer dans l'histoire pour d'autres raisons que des enjeux purement partisans. Mais il se fait tard !

10/08/2011

Auto décomposition

Qui parle encore du  Glass Steagal Act, mis en place par Roosevelt en 1933, qui instaurait une séparation des banques de dépôts et des banques d'investissement ? De fait, seules les banques de dépôts étaient garanties par les états, assurant les dépôts des particuliers. Les risques pris par les banques d'investissement étaient supportés par les actionnaires. 

Cette loi a été abolie par Clinton en 1999 sous la pression des lobbies bancaires américains. La suite a été extrêmement rapide : les banques d'investissement sont devenues aussi des banques de dépôts et ont pu prendre des risques insensés, assurées que les états ne les laisseraient pas faire faillite à cause des déposants particuliers. On a pu le vérifier en 2009, soit 10 ans après l'abolition du Glass Steagal Act. Et le lobbie bancaire est toujours très puissant et influant puisque peu de politiques en parle. Sont-ils complices ou incompétents, ou les deux ?

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De toute façon, effet domino, contagion, mimétisme, inconscience…, tous les «émeutiers» de Londres, Athènes ou Mogadiscio n’ont pas les mêmes motivations ni les mêmes méthodes, mais tous participent de l’auto décomposition du système dans lequel nous sommes nés.

Les droits économiques, culturels et sociaux n’ont pas fini d’en faire les frais. Sont-ils dissociables de ce système ?...

27/07/2011

Loyal Hollande attitude

Dans la série des « EVITER », l’été risque de devenir sportif au PS puisque le challenge consiste visiblement à :

  • Éviter rumeurs et boules puantes
  • Éviter de dire et d’écrire trop de conneries comme « Une religion pour la République » (Peillon) ou « Si j’étais président » (Bianco) 
  • Éviter de se rencontrer en Avignon et ailleurs (et que ça se sache)
  • Éviter de vexer les strausskhaniennes et les strausskhaniens blessés dans leur espoir, tenu secret, leur honneur et dignité
  • Éviter de se mouiller sur des sujets mal maîtrisés (multiculturalisme, immigration, cumul des mandats, conflits d’intérêts…)
  • Éviter les confrontations d’idées (surtout les bonnes qui ne seraient pas labellisées « Solférino » comme celles concernant la dé-mondialisation ou la sortie du nucléaire)
  • Éviter la presse à scandale
  • Éviter de bronzer sans en rougir ailleurs qu’à Marrakech
  • Éviter de faire semblant de se fâcher ou de le faire vraiment
  • Éviter de donner son opinion pour rien mais, au besoin, la vendre au plus offrant, etc, etc….

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Sans oublier l’inévitable :

Éviter que le PS disparaisse pour s’être vraiment intéressé à ce qui aurait éventuellement pu le regarder : l’intérêt général ici en Europe et ailleurs.

Et que dire de François Hollande qui n'a pas évité de déclarer, sans doute par inadvertance : « Nous (ndlr. les membres du PS à l’exception d’E. Besson et de quelques autres) ne sommes pas au gouvernement depuis dix ans, et cela fait vingt-trois ans qu'un socialiste (ndlr. avec sa carte et tout) n'a pas été élu à l'Elysée »? Pourquoi ? Oui, pourquoi ?

Enfin, sachant que parmi les lames du tarot la Lune symbolise l'imagination dont l'initié a besoin pour s'avancer vers un pays inconnu, celui de la perfection, dont il ignore encore l'étendue et la nature exacte, avec un peu d’imagination, justement, pourra-t-on éviter le pire ?

25/07/2011

La voix foudre et tonnerre

Une voix à écouter avec le cœur au ventre, en plein vent pour mieux résister au blues ambiant et à la peur de ne pouvoir échapper à la médiocrité. La voix humaine et puissante de Jacky Micaelli.

 

Ces voix sont de l’être, à la centaine
Qui m'égratignent le cœur et l'esprit
De toutes je me rapproche
De toutes je me sens proche.
Que mon chant éclate
Et claque comme la grand-voile
Qu'il accoste sur ces rivages audacieux
Où l'amour se lève comme le jour.

Celle-ci est trompe marine
De par ces calanques où la roche résonne
L'énorme voix de l'orient
Y sculpte foudre et tonnerre

Cette autre dévale de ces hauts lieux
Où se lamente l'épaisse brume
Chez ceux qui en sont les auteurs
Même les rires semblent des plaintes

Celle-là est voix de ce peuple
A la peau maure
Qui, les yeux brillants comme des étoiles
Se moquent bien du temps qui passe.

Pour en savoir davantage

21/07/2011

La lettre qui n'est pas arrivée rue de Solférino

New York, le 19 mai 2011

Chère Martine, chers camarades,

Compte tenu des circonstances judiciaires qui me sont faites, c’est avec une infinie contrariété que je me crois obligé de renoncer à présenter ma candidature à l’élection présidentielle de 2012 à travers la primaire du Parti socialiste.

Je pense d’abord en ce moment à ma femme – que j’aime plus que tout – à mes enfants, à ma famille, à mes amies.

Je pense aussi à mes collaboratrices et collaborateurs parisiens les plus proches avec lesquels j’ai correspondu pendant toutes ces années passées au FMI avec l’espoir et l’ambition de pouvoir dès 2012 donner une chance à notre parti.

A vous tous, cher(e)s camarades, je veux dire que je réfute d'avance tout ce qui m’est et me sera reproché, mais qu’il serait vain désormais d’imaginer que je puisse participer à cette l’élection.

Voulant préserver le Parti Socialiste que j’ai voulu servir avec honneur et dévouement, je souhaite que vous ne perdiez pas votre temps en conjectures sur mon avenir personnel et surtout, surtout, que vous sachiez consacrer toutes vos forces et toute votre énergie à faire la démonstration de votre capacité à convaincre.

DSK renonce, lettre de renoncement, PS
Dominique Strauss-Kahn

 

Cette lettre qui n’a jamais existé, et c'est dommage, est révélatrice du profond mépris dans lequel a été tenu et continu d’être tenu le PS et ses militants par l'homme du Sofitel. Par voie de conséquence leur dévotion et leur grande naïveté pourrait très vite leur être préjudiciable.

Si bien qu’Edwy Plenel, en guise d'amical avertissement, a eu raison d’écrire dans Médiapart :

 « (…) Comme le capitaine Haddock avec ce sparadrap dont il n'arrive pas à se débarrasser, les dirigeants socialistes continuent de vivre avec l'affaire Strauss-Kahn faute d'avoir su la clore.

Comment expliquer, par exemple, que l'intéressé, légitimement occupé à se défendre d'accusations graves, ait trouvé le temps d'écrire à ses amis du FMI, pour leur rendre leur liberté, et n'ait toujours pas réussi à s'adresser à ses camarades socialistes, pour les libérer eux aussi de l'embarras qu'il leur cause ?

En finir avec l'affaire Strauss-Kahn, son poison dépolitisant et son climat délétère, de rumeurs et de spéculations, aurait supposé une direction socialiste plus à même de faire prévaloir l'intérêt général de la gauche sur des intérêts particuliers, tissés d'alliances circonstancielles et de fidélités personnelles.

Pis, en soutenant la candidature de Christine Lagarde au FMI, notamment par la voix de Martine Aubry, le PS a réussi ce tour de force de ruiner les maigres plaidoyers en défense de « DSK vrai homme de gauche » dans ses fonctions de grand argentier du capitalisme mondial. Ainsi donc la ministre de l'économie qui incarnait en France une politique antisociale, au bénéfice des plus riches et au détriment du plus grand nombre, serait donc, pour les socialistes, la mieux à même de succéder à l'un des leurs à la tête du FMI ! Sans compter qu'en faisant cet aveu d'une classe politique interchangeable, le PS se contredisait lui-même, ignorant les procédures engagées par certains des siens contre Christine Lagarde dans l'immensément scandaleuse affaire Tapie. (…) »

Tellement raison que la lettre qui aurait pu tout changer, était très facile à rédiger par l'ex du FMI. On se prend même à imaginer qu’un faux aurait éventuellement pu mettre un terme à ce triste feuilleton.

15/07/2011

Pour un défilé citoyen du 4 août

Eva Joly s’est donc attaqué au narcissisme franco-français. Elle a parlé de son envie de voir un défilé citoyen prendre peu à peu la place d’une parade de chars et d’hommes en armes convoqués sur les champs enlisés (Canard Enchaîné) pour rendre hommage à une Nation qui devrait se sentir plus menacée par les armées étrangères que par les marchés financiers et autres agences de notation.

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Soit. Laissons tomber le 14 juillet, ses bals et ses feux d’artifice dédiés aux familles de militaires endeuillées et faisons en sorte que le 4 août soit la fête de tous les citoyens souhaitant abolir les privilèges à commencer par celui qui consiste à payer ses impôts à l'étranger sous couvert "d'optimisation fiscale". Chiche ?

Le chef d’escadrille, premier fusible de France, en a profité pour mettre en doute la connaissance  que pouvait avoir Eva Joly des traditions hexagonales et pour pointer sa bi-nationalité. Il en aura sans doute oublié que l’antimilitarisme est une vieille histoire, une très ancienne tradition et que Georges Brassens, très apprécié de feu le général Bigeard, en avait fait, lui aussi, une chanson intitulée « Les deux oncles ».


Brassens - les deux oncles par cheshirecatfr

14/07/2011

Words... Words... Words...

Léo Férré porté disparu, seulement disparu, le 14 juillet 1993.

Il disait : "L'anarchie, c'est la révolte permanente contre soi-même et contre l'extérieur. Il y a en fait très peu d'anarchistes. L'anarchie, ce n'est pas le révolver, mais une rébellion intérieure, que l'on exprime par le regard et par la parole. L'anarchie, c'est l'extrême solitude." (source)


Une chanson dédiée aux étrangers sur un texte de Baudelaire.

Un autoportrait, un miroir, un excès de lucidité ?

Avant d’être une solution collective, l'anarchie commence par la remise en question de soi-même. Ce que, la plupart de ceux qui prétendent nous gouverner, au prétexte le plus souvent fallacieux de défendre l'intérêt général, sont incapables d'envisager. J’aimerais bien être cet anarchiste dont parle Baudelaire dans cette chanson « L’Etranger » interprétée par Léo Férré. Mais, de même que les nuages ne maîtrisent pas les vents qui les poussent, « la remise en question de soi-même », n'est pas un exercice si facile et dans ces conditions, la démocratie ne peut être qu'un choix "par défaut" ou pire, un choix partisan très éloigné de la Liberté.

« Ils ont voté ils voteront comme on prend un barbiturique
Et ils ont mis la République au fond d'un vase à reposer
Les experts ont analysé ce qu'il y avait au fond du vase
Il n'y avait rien qu'un peu de vase. »
Léo Férré, La Violence et l'ennui (1980), Words... Words... Words...

13/07/2011

La rumeur comme tentative d'enfermement

Méthodologie :
On s’en souvient, Marine Le Pen, lors d’une émission qui lui était consacrée, avait utilisé l’argument « Boniface » pour tenter d’empêcher C. Fourest de s’exprimer.

Cet argument de pure mauvaise foi tournait autour de l’islamophobie fantasmée de la chroniqueuse.
Aujourd’hui ON, la rumeur, tente de déstabiliser Martine Aubry en utilisant un élément de démonstration puisé dans un essai intitulé « La Tentation Obscurantiste » écrit par…. Caroline Fourest.

La ficelle est assez grosse et il faudra sans doute attendre quelques jours pour savoir si la manip’ a fonctionné. On ne pourra évidemment pas compter sur Pascal Boniface pour faire taire les rumeurs puisqu’il semble vouloir les alimenter ou ne pas les démentir, ce qui le grandirait pourtant.

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Sur le fond :
Les islamistes ne sont pas coupables d’islamisme, mais ils représentent un danger pour les pays en mal de laïcité ou pour les personnes, hommes, femmes ou enfants, souvent menacés dans leur intégrité intellectuelle et physique pour des raisons pseudo-religieuses. Un des derniers exemples en date est celui de la réalisatrice Nadia El-Fani auteure d’un film intitulé « Ni Allah, ni maître » et rebaptisé polémique aidant, « Laïcité, Inch’Allah ».

Ce qui n’empêche pas qu’en droit ces mêmes islamistes, s’ils enfreignent le Code Civil ou Pénal, doivent nécessairement être défendus, et que le fait de les défendre ne présume en rien de l’engagement philosophique ou religieux de celle ou celui qui les représente devant un tribunal. En clair, la morale, la spiritualité, les convictions et le droit sont des domaines distincts et l’avocat Jean-Louis Brochen, compagnon de Martine Aubry est évidemment fondé à déclarer :
« De même que l'avocat d'un criminel n'est pas lui-même un criminel, j'ai défendu (des) jeunes filles (voilées) alors que je n'étais pas favorable au voile. Je suis contre le voile et encore plus clairement contre la burqa, mais c'est l'honneur d'un avocat que de faire en sorte qu'un individu ait toujours quelqu'un pour le défendre. »
Etre « l’avocat des islamistes » n’est donc pas une calomnie, mais un constat tout au plus hâtif s’il ne prend pas en compte les caractéristiques sociales de toute la clientèle de l’avocat visé.
Dans la même logique qui pourrait reprocher à Me Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH, d’être un Strauss-khanien inconditionnel au prétexte qu’il a été chargé de réduire à rien les arguments de Tristane Banon et ce, malgré les avertissements de la Cour Européenne des Droits de l’Homme !

Dans « La Tentation Obscurantiste », Caroline Fourest qui ne se situe pas sur le terrain du droit mais sur celui de l’analyse sociale, passe son temps à prévenir la gauche, quitte à la défriser un peu, que toute complaisance politique et non critique envers les islamistes peut être fatale aux valeurs qu’elle prétend défendre. Elle s’en explique ouvertement :

« De la conférence de Durban au Forum social de Londres en passant par la pétition des “Indigènes de la République” et le débat sur les signes religieux à l'école publique, la gauche semble avoir perdu tous ses repères. Pas toute la gauche. Une partie seulement. Celle que l'on surnomme “islamo-gauchiste”, alors qu'il vaudrait peut-être mieux parler de gauche obscurantiste, pro-islamiste. Une autre gauche, anti-intégriste et anti-totalitaire, la regarde dériver, muette et paralysée d'incompréhension. Les militants de cette gauche-là ne comprennent pas pourquoi ils se font traiter d'“islamophobes” ou de “racistes”, voire de vendus à la pensée “bushienne et sharonienne” chaque fois qu'ils osent dénoncer la nature intégriste et réactionnaire de l'intégrisme, fût-il musulman, au nom de la laïcité, du féminisme ou de l'universalisme. Ou lorsqu'ils se battent pour que l'antisionisme ne serve pas à justifier l'antisémitisme. [...] La Tentation obscurantiste, c'est aussi l'histoire de ce consensus étonnant, allant de la gauche altermondialiste à la droite mondialiste, qui pourrait bien servir de voie royale, sans barrage ni obstacle, au nouveau totalitarisme. »

Sur le sens du mot « rumeur » enfin. Soit il s’agit d’un bruit informel sans source déterminée et dans ce cas ce n’est pas C. Fourest qui a colporté une « rumeur » puisqu’elle a signé et assumé la maternité de « La Tentation… » avec les exemples qui viennent y corroborer sa démonstration. Soit la « rumeur » est un phénomène de transmission d'un élément de réalité à prétention plus ou moins diffamatoire, et là encore C. Fourest n’est pas responsable de la caricature de son propos ni des bruits qui circulent sur Martine Aubry qui se veulent, eux, désobligeants pour la candidate aux primaires socialistes.

Conclusion :
A moins qu’ils ne veuillent ouvrir un boulevard à la droite et à l'extrême-droite, les candidats PS à la présidentielle devraient tenter une sortie et ne pas rester trop longtemps enfermés dans une stratégie d’évitement sur ce sujet, l’intégrisme religieux, comme sur d’autres. Même en période estivale, les débats sont faits pour s'évader, et les rumeurs qui y font obstruction ressemblent au contraire à une tentative d'enfermement. 

11/07/2011

Effectivité des droits des femmes : discours et réalité

La Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants reste très imparfaite. D’où le communiqué de la LDH, basé sur un exemple concret et qui souligne sur ce thème l’écart existant entre discours et réalité.

violences faites aux femmes
Une loi sans effet

« A Nantes, le 9 juin dernier, la dissolution de l’association féministe « D’une rive à l’autre » a dû être votée.
Depuis 1996, l’association « D’une rive à l’autre » assurait accompagnement et soins des personnes victimes de violences sexuelles, aidait les victimes à porter plainte, se reconstruire et se réinsérer.

L’association avait développé un projet pilote de formation des professionnels, de recherche et d’élaboration. La dernière assemblée générale a encore mis en évidence la richesse de l’activité de l’association et l’investissement de ses militantes et psychologues.

Ces dernières années déjà, les subventions avaient diminué. En 2010, année décrétée par le Premier ministre « année contre les violences faites aux femmes », l’Etat a cessé de financer l’association. Malgré la création d’un comité de soutien, les mobilisations diverses et les interpellations, l’Etat a confirmé son désengagement. Il n’y aura donc plus de lieu d’accueil et de suivi, pour les personnes agressées sexuellement et violées dans le département concerné. Ce sont toutes les femmes mais aussi l’ensemble de la société qui y perd.

Le viol est un fait social. Les violences sexuelles, formes ultimes d’un rapport de domination, sont intolérables et bafouent les droits humains. La Ligue des droits de l’Homme dénonce le désengagement de l’Etat dans le financement de cette association. Les violences faites aux femmes ne sont toujours pas reconnues comme un problème politique majeur, ce qui constitue, de fait, une discrimination dans la garantie de l’effectivité des droits.

La LDH s’insurge contre la politique d’abandon par l’Etat des associations de terrain, politique qui conduit au délitement de la vie associative, au recul des droits sociaux, en particulier de la santé publique. Les femmes, une fois de plus, en font ici les frais. »

Paris, Nantes, le 11 juillet 2011

Pétition

D’UNE RIVE A L’AUTRE
4 rue Vauban
44000 Nantes
Tel: 02 51 82 36 85
dral.nantes@sfr.fr

La cause féministe selon E. Badinter

Comment a-t-on réagi dans les deux pièces cuisine de la rue St Denis, autre façon de parler des chaumières, à l’assertion menaçante et professorale selon laquelle « On ne se sert pas d'une possible injustice pour faire avancer une cause ! » ?

E. Badinter, France Inter, féminisme, DSK

L’auteure, E. Badinter, philosophe et confidente d’Anne Saint Clair, a fait cette déclaration autoritaire sur France Inter le 6 juillet dernier, à propos de la façon, à ses yeux scandaleuse, dont s’étaient exprimé des groupes féministes au sujet d’un célèbre-coinceur-coincé-et-pour-cause.
Au-delà du fait divers qui continue heureusement de provoquer une remise en perspective du fonctionnement de la Justice et de la condition féminine, mais tétanise aussi redoutablement le personnel politique jusqu’à lui offrir une opportunité supplémentaire de s’enferrer dans des discours convenus et très peu « clivés », reste une autre série de questions qui devrait tarauder les philosophes :

  • Ne seraient-ce pas les injustices, avérées ou pas, qui fondent la réalité des causes à défendre et justifient que l’on devance la matérialité des faits ? A quelle législation E. Badinter fait-elle référence pour voler au secours de ses amis ? A une législation éthique ou à une législation juridique ?...

Au passage on notera que personne ne songerait à reprocher aux défenseurs de Dreyfus, ceux de la première heure, de ne pas avoir attendu la réhabilitation du capitaine pour « faire avancer » l’idée que l’antisémitisme était insupportable autant que son instrumentalisation.

Les philosophes - on avait déjà repéré Botul, Finki, Ferry… - menacent et gesticulent décidemment beaucoup ces temps-ci pour des « causes » souvent déconnectées de leur ressort philosophique. Dommage pour la métaphysique des mœurs qui mérite un peu plus de réalisme, de calme et d’objectivité.

Quant à « l'épouse de celui qui sous-présida à l’abolition de la peine de mort », et qui incarne à ce titre une caution morale à vie, peut-elle pour autant se permettre de dire n’importe quoi, tout en faisant mine de désigner à la vindicte populaire, au nom du féminisme, des rivales ahuries et de moins en moins crédules.

30/06/2011

Dette illégitime

Sous les yeux de Standard & Poor's, Moody's et quelques autres agences de notation qui conseillent les investisseurs et autres rentiers de la dette sur les risques boursiers, un documentaire produit par le public, « Debtocracy » cherche les causes de la crise de cette dette et propose des solutions. Ce qui se passe en Grèce est bien sûr très largement reproductible.

A moins d’abandonner ce qui lui reste de crédit et en regard de la crise grecque, la gauche française devrait se trouver dans une obligation de cohérence et d’honnêteté avec elle-même. Pour commencer il lui faut définir publiquement ses marges de manœuvre, comme une façon de faire preuve de courage avant de pouvoir peser avec une chance de succès sur une économie sociale et solidaire à échelle européenne et plus si affinités.

 

Tout le monde n’est pas du même avis et, sur le terrain,
on est apparemment loin du consensus et des discours démagogiques !

 

23/06/2011

La perpétuité au bénéfice du doute

Le bénéfice du doute et l’intime conviction sont très visiblement entrés en conflit lors du 3èm procès d’Yvan Colonna le 20 mai 2011. On ne saura même pas si le doute a pu être organisé, puisque les magistrats du siège ont négligé d’examiner les témoignages et indices qui auraient effectivement pu jouer en faveur du principal accusé ou, à l’inverse, l’enfoncer davantage. En l’occurrence, le juge s’est autorisé un préjugement sur la personne d’Yvan Colonna et s’est exposé à enfreindre l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme §3-4.

Il a en outre voulu ignorer qu’aucune personne, membre d'une autorité publique, n’est en droit de porter atteinte, par des propos publics à la présomption d'innocence de quelqu'un, pendant et en dehors de tout procès. A moins que la Justice ne soit dépendante de ce type de procureur et d’apriori, à moins qu’elle n’ait été bâclée.

Erignac, Yvan Colonna, LDH Corse, justice

Toujours est-il que, sous le titre « Procès Colonna : un doute insupportable », la LDH Corse a rendu public le communiqué suivant :


« Le 3ème procès d'Yvan Colonna aura connu une seule avancée, la motivation du jugement, et celle-ci aura confirmé ce que nous savions depuis le début : la mise à l'écart du débat, d'éléments qui contrarient la déclaration de culpabilité d'Yvan Colonna faite par Nicolas Sarkosy en juillet 2003.
 
La question des témoins oculaires est ici emblématique. Tous exonèrent Yvan Colonna. Mais leurs dires, selon les juges de la Cour d'Assises antiterroriste, doivent "être appréciés avec les plus grandes réserves au regard de la rapidité du déroulement des faits, de leur ancienneté, de la position des témoins et de la qualité de l'éclairage urbain». Cette affirmation, comment devons-nous l'apprécier puisque ces mêmes juges n'ont pas associé les témoins oculaires au transport de la Cour sur les lieux de l'assassinat pendant le procès.
 
De ce procès, il restera aussi cette photocopie d'un document d'origine inconnue, transmise par la police et jetée dans le débat de manière opportune, à un moment où certains propos, certes tardifs de l'accusé, pouvaient ouvrir sur d'autres hypothèses que celle imposée depuis le début par la police antiterroriste.

Aujourd'hui nous ne savons toujours pas si la justice a dit la vérité mais elle a condamné un homme à perpétuité. »
 
Ajaccio, le 23 juin 2011.

Prochaine étape la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui, il n’y a pas si longtemps, avait « épinglé la France pour l'absence d'indépendance de son parquet à l'égard du pouvoir exécutif. »

21/06/2011

Le sexe des anges

Deux derniers communiqués de la LDH (1) - (2)  mettent en évidence un fait dans lequel les intégristes catholiques n’ont pas manqué de s’engouffrer.

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Le premier communiqué a trait à l’homophobie et aux pratiques discriminatoires qu’elle suppose partout dans le monde. Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU vient de demander au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme de réaliser une étude pour rendre compte des lois, pratiques discriminatoires et autres violences contre des personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre dans toutes les régions du monde. Il serait temps !

A noter quand même, entre autres, qu'Amnesty International s’en préoccupe régulièrement et qu'SOS Homophobie a fait paraître son propre rapport pour l’année écoulée.

Dans un second communiqué, la LDH s’inquiète d’un courrier adressé au ministre de l’Education nationale par Christine Boutin. Celle-ci s’oppose, et avec elle l’ensemble des lobbies intégristes, à ce que les programmes Sciences et Vie de la Terre pour les classes de première L et ES (Bulletin officiel spécial n° 9 du 30 septembre2010 - pages 7 & 8) introduisent une réflexion sur la sexualité qui soit également «l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée». La démarche de dame Boutin équivaut à réclamer un statuquo permettant à l’homophobie de prospérer. D’où la virulence de ses propos qui rassurent sans aucun doute les sectateurs du Vatican.

Dès septembre 2011 et malgré cette levée de bouclier à laquelle il fallait s’attendre, il s’agira donc d’introduire dans la cours de SVT la théorie du genre qui dissocie l’identité sexuelle de l’orientation sexuelle et qui, par voie de conséquence est une déconstruction de l’hétérosexualité comme modèle universel, l’homosexualité, la bisexualité ou la transsexualité relevant de la liberté souveraine des individus.

Tout en faisant reculer l’homophobie et en fonction de la compétence des professeurs, de plus en plus recrutés sans formation et tous azimuts via Pole-Emploi, cette partie du cours de SVT pourrait néanmoins être une occasion pour les élèves d’aborder quantités d’autres sciences non programmées en classe de 1ère, de la psychanalyse à la biologie, en passant par l’histoire, la sociologie ou l’anthropologie. Il faut pourtant s’attendre à ce «qu’au nom du respect de la liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants» (sic), les gardiens d'une orthodoxie de la procréation à tout prix, viennent perturber une réflexion libre et objective sur un sujet hautement éducatif et non discriminant.

En ce qui concerne la LDH, il ne serait pas accessoire non plus que ses sympathisants  et adhérents s’interrogent sur la validité de l’article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qui énonce :

«A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État.» 

17/06/2011

En Iran, le FMI "termine le job"

Y-a-t-il une justice économique compatible avec un minimum de décence ? Les hauts fonctionnaires du FMI, au nom de la « stabilité du système monétaire international », n’en sont plus à leur première infamie. La pire de toutes, c’est le silence qui entoure les pays où le marché de la mort frappe à huis clos.

Iran : 155e pendaison de l'année eeeee
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Mercredi, 15 Juin 2011 08:55 

Iran Manif- Un Iranien a été pendu dans une ville du sud de l'Iran, a rapporté mercredi le site de la télévision d'Etat. Aucune précision n'a été donnée sur l'identité de l'accusé. Cette pendaison porte à 155 le nombre d'exécutions menées en Iran depuis le début de l'année, indique l'AFP. En général quand le régime ne donne aucune indication sur l'identité de la victime, il s'agit d'un manifestant arrêté lors du soulèvement ou d'un prisonnier politique de plus longue date. L'appareil de propagande des mollahs se fait fort de salir l'image de ses victimes pour ne soulever aucune vague dans l'opinion publique internationale. Qui en effet aurait des états d'âme pour un violeur d'enfant ou un trafiquant de drogue ?

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Or en premier lieu c'est de peine de mort qu'il s'agit, et les démocraties qui l'ont abolie doivent s'élever contre son usage ailleurs dans le monde. Ensuite au rythme où vont les exécutions en Iran, c'est de crime contre l'humanité qu'il s'agit.

Garder le silence ou reprendre à la lettre la propagande officielle, comme le font regrettablement certaines agences de presse par pur souci de conserver quelqu'un sur place, c'est soit taire un crime contre l'humanité, soit y participer.

Le philosophe français Jankelevitch disait avec raison que c'est en soi un autre crime contre l'humanité. Il serait temps que la presse se pose des principes déontologiques face au phénomène de propagande, qui plus est intégriste.


 

Le FMI félicite l'Iran pour sa réussite dans la réduction des inégalités

©AFP / 13 juin 2011 22h33

Washington - Le Fonds monétaire international a félicité lundi l'Iran pour sa réussite dans la réduction des inégalités, six mois après la mise en œuvre d'un ambitieux plan de suppression des subventions à l'énergie.
Le 18 décembre, le président Mahmoud Ahmadinejad avait annoncé la fin dès le lendemain de ces subventions, avec pour effet un bond du prix de l'essence compris entre 75 et 300%, ou encore une multiplication de celui du gazole par neuf, et de ceux de l'électricité, de l'eau et du gaz par trois à cinq.
Les prix de l'alimentation avaient augmenté en parallèle. Au total, l'inflation était passée de 10,1% sur un an en décembre à 14,2% en mai.
Mais, pour le FMI, ce plan qui a supprimé près de 60 milliards de dollars de subventions annuelles (l'équivalent de 15% du produit intérieur brut) et était conçu pour donner aux biens leur prix véritable, a été au final une réussite.
La redistribution, sous forme de versements aux ménages, des recettes tirées des hausses de prix a été efficace pour réduire les inégalités, améliorer le niveau de vie et soutenir la demande intérieure, a estimé le FMI, dans un communiqué publié à l'issue d'une mission d'évaluation d'une dizaine de jours en Iran.
La hausse des prix de l'énergie a déjà fait baisser la consommation domestique excessive d'énergie et le gâchis qu'elle occasionnait, a-t-il poursuivi.
Le FMI a reconnu que cette réforme avait à court terme ralenti la croissance mais a estimé qu'elle devrait considérablement améliorer les perspectives à moyen terme pour le pays.
Il lui a recommandé une réorientation globale de l'économie vers des produits, des services et des techniques de production moins gourmands en énergie et de poursuivre les efforts d'amélioration du climat des affaires afin de soutenir la création d'entreprises et d'emplois nouveaux.

13/06/2011

Dé-mondialisation : Minc vs Montebourg

Le fait qu’Arnaud Montebourg soit un candidat plus qu'improbable pour les prochaines présidentielles n’enlève rien à son mérite d’argumenter sur l’idée de dé-mondialisation, idée passant de moins en moins pour une utopie et relayée en tant qu’alternative par quantité d’économistes prospectifs. Alain Minc ne fait naturellement pas parti de ceux-là. Jean Claude Guillebaud, éditorialiste catholique lucide s’en est ému et a semble-t-il choisi son camp quitte à faire la promotion de celui qui se trouve être à l’origine des «primaires socialistes» et dont la réflexion sur le sujet mériterait d’être largement débattue. Les ténors et sopranos qui occupent la scène médiatique seraient bien inspirés de s’emparer de la question et de relever  …

« L’injure faite à Montebourg »

« La saillie hasardeuse de Luc Ferry sur la pédophilie a fait couler beaucoup d’encre. C’était mérité. Pour ma part, je me suis intéressé à une autre « saillie » verbale, tout aussi loufoque mais plus révélatrice. Dans une interview au site nonfiction.fr, Alain Minc a traité de « connards », puis de « débiles », le candidat socialiste Arnaud Montebourg et ses amis, coupables de s’intéresser au concept de « dé-mondialisation ».

C’était moins les propos de Minc qui tiraient l’oreille – il nous a dit tant de choses depuis trente ans ! – qu’un aussi brusque changement de vocabulaire. Que notre Jiminy Cricket national, perché sur l’épaule des puissants, en arrive à « se lâcher » jusqu’à user d’injures populistes donne à réfléchir. Faut-il y voir le signe d’une panique refoulée ? Sans doute. Dans le même mouvement, pour mieux salir le personnage, Minc compare Montebourg à Marine Le Pen. Vieux refrain… Pour ceux – dont je suis – qui ont lu ses livres et écouté ses prestations, l’accusation est indécente mais surtout très sotte.

Les réflexions de Montebourg sur les limites du dogme libre-échangiste sont partagées aujourd’hui par quantités d’intellectuels et d’économistes. D’Emmanuel Todd à Jacques Sapir, de Hakim El Karoui (ancien du cabinet Raffarin) à Jean-Luc Gréau, Paul Jorion ou Frédéric Lordon, en passant par le groupe dit des « économistes atterrés », on aurait donc du mal à dresser la vraie liste des « connards ». Il faudrait d’ailleurs adjoindre l’ami Georges Corm, ancien ministre libanais des Finances, dont le dernier livre (paru cet automne) s’interrogeait, lui aussi, sur la dé-mondialisation.

Démondialisaation, Montebourg

L’audace bienvenue du brillant député est d’avoir enfin introduit cette question au cœur de la campagne présidentielle. Elle mérite débat. Ajoutons qu’il aura fallu près de dix ans pour qu’elle perce le mur du dogmatisme ambiant et trouve droit de cité. C’est en 2002 que l’idée a été avancée par le sociologue philippin Walden Bello, diplômé de Princeton. En décembre 2009, un long article de « Newsweek » signalait d’ailleurs que nombre d’entreprises américaines mettaient déjà en œuvre une manière de dé-mondialisation en relocalisant leur fabrication aux États-Unis.

C’est pourtant sur le vieux continent que la remise en cause du dogmatisme libre-échangiste est la plus ardente. Rien de plus logique. L’Europe est devenue la partie du monde la plus ouverte aux quatre vents des échanges planétaires. Elle est beaucoup moins protégée que la Chine ou les États-Unis. Elle paie au prix fort – désindustrialisation, pression à la baisse sur les salaires, inégalités croissantes, désintégration des économies nationales – d’avoir oublié la clause de la « préférence communautaire » (idée française) inscrite en 1959 dans le projet européen. C’est sous la pression des États-Unis que cette clause essentielle fut démantelée.

Dans un petit livre de combat préfacé par Emmanuel Todd (« Votez pour la dé-mondialisation !  », Flammarion, 2 euros), Montebourg rappelle néanmoins que même l’Organisation Mondiale du Commerce autorise, en cas d’urgence sociale, une forme de protectionnisme communautaire. Alors ? Le plus amusant de l’affaire est que tous les « débiles » ainsi injuriés se sont beaucoup moins trompés que Minc lui-même, chantre étourdi de la « mondialisation heureuse ». Son interview récente montre que sa vision du monde n’a pas changé d’un iota. Elle tient en trois lignes : les « sur contraintes » macroéconomiques sont impératives, elles ne laissent à la démocratie qu’une infime marge de manœuvre. Pour les reste, interrogé sur les révoltes sociales en cours, il affiche un beau mépris : « Penser qu’il y a un monde alternatif… foutaise, foutaise ! »

Les « Indignés » apprécieront. À traiter impudemment de « connards » Montebourg et ses amis, Minc s’expose donc à ce qu’on lui retourne de facto le compliment. »

Nouvel Obs. Juin 2011

Jean-Claude Guillebaud

25/05/2011

Don Stroscani

Légende, mythe ou mirage, Don Stroscani n’avait donc pas rendez-vous avec l’Histoire mais avec …. Mon Œil !
Tirso de Molina, Molière, Mozart avaient déjà écrit le scenario. Il n’y avait plus qu’à l’adapter. Assez réussi !

 

Le manifeste de la Puerta del Sol

Et pendant que nous assistons médusés aux sempiternelles et prévisibles petites histoires hexagonales, la parole est à ceux qui ont eu le courage et l’énergie de la prendre.

Voici le manifeste que les manifestants de la Puerta del Sol à Madrid ont rendu public. Il est traduit ici par Jean-Paul Brodier. D’autres traductions existent. Toutes expriment un espoir et la rage de le voir débouché sur la réalité. Exemplaire à plus d’un titre, et si nous nous en inspirions ?...

manifeste de la puerta del sol

« Nous sommes des gens ordinaires

« Nous sommes des gens ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui se lèvent chaque matin pour étudier, travailler ou trouver un emploi, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur pour procurer un avenir meilleur à ceux qui les entourent.

Certains parmi nous se considèrent progressistes, d’autres conservateurs. Certains parmi nous sont croyants, d’autres non. Certains parmi nous ont des idéologies bien définies, d’autres sont apolitiques, mais nous sommes tous inquiets et en colère au sujet du paysage politique, économique et social que nous voyons autour de nous : corruption parmi les politiciens, les hommes d’affaires et les banquiers qui nous laissent sans recours et sans voix.

Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne, sans espoir. Mais si nous assemblons nos forces, nous pouvons la changer. Il est temps de changer les choses, temps de construire ensemble une meilleure société. C’est pourquoi nous affirmons fortement que les priorités de toute société avancée doivent être le progrès, la solidarité, la liberté de la culture, la durabilité et le développement, le bien-être et le bonheur des peuples.

Voici des vérités inaliénables auxquelles nous devrions nous attacher dans notre société : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation à la vie politique, à la liberté du développement personnel, les droits des consommateurs pour une vie heureuse et en bonne santé.

L’état actuel de notre gouvernement et de notre système économique ne se soucie pas de ces droits et de beaucoup de façons s’oppose au progrès humain. »

« La démocratie appartient au peuple »

« La démocratie appartient au peuple (demos = peuple, kratos = force), cela signifie que le gouvernement est composé par chacun de nous. Toutefois, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même pas. Les politiciens devraient porter notre voix aux institutions, permettre la participation des citoyens à la politique par des canaux directs qui apportent les plus grands bénéfices à l’ensemble de la société et non pas s’enrichir et prospérer à nos dépens, à l’écoute exclusive de la dictature des principales puissances économiques, ni les maintenir au pouvoir dans un bipartisme conduit par les acronymes inamovibles PP & PSOE.

L’appétit de puissance et d’accumulation de quelques-uns crée les inégalités, les tensions et les injustices, lesquelles conduisent à la violence, que nous rejetons. Le modèle économique anti-naturel et obsolète pousse la machine sociale dans une spirale de croissance qui la consume elle-même, enrichit quelques-uns et plonge les autres dans la pauvreté. Jusqu’à l’effondrement.

L’intention et l’objet du système actuel est l’accumulation d’argent, sans égard pour l’efficacité ni le bien-être de la société. Gaspillage des ressources, destruction de la planète, création de chômage et de consommateurs malheureux. »

« Je sais qu’ensemble nous pouvons »

« Les citoyens sont les rouages d’une machine conçue pour enrichir une minorité qui ne tient pas compte de nos besoins. Nous sommes anonymes, mais sans nous rien de cela n’existerait, parce que nous sommes les moteurs du monde.

Si, en tant que société, nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une économie abstraite, qui ne restitue jamais les bénéfices à la majorité, alors nous pouvons mettre fin aux mauvais traitements dont nous souffrons tous.

Il faut une révolution éthique. Au lieu de placer l’argent au-dessus des êtres humains, nous le remettrons à notre service. Nous sommes des gens, pas des produits. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète et à qui je l’achète.

Pour tout ce qui précède, je suis indigné. Je pense que je peux le changer. Je pense que je peux aider. Je sais qu’ensemble nous pouvons. Je pense que je peux aider.
Je sais qu’ensemble nous pouvons. »

 

24/05/2011

Irrésistible, le veau d’or ?

Petit sondage artisanal et non financé à l’usage de ceux qui aimeraient s’approcher au plus près d’une gouvernance respectueuse des Droits de l’Homme.

  1. Quels sont les partis qui, par l’intermédiaire de leur leader en lice pour les prochaines élections présidentielles, répondent et répondront de façon crédible et prioritaire aux intérêts du Bien commun de l’électorat qu’ils se supposent plutôt qu'à ceux des élites économiques et financières qui les rétribuent ?
  2. Quels sont les partis qui, par l’intermédiaire de leur leader en lice pour les prochaines élections présidentielles, sont en mesure de concilier, à condition que cela soit possible, démocratie et oligarchie ?
  3. Quels sont les partis qui, par l’intermédiaire de (etc, etc…) , sont les mieux à même de faire émerger d’autres héros que ceux qui incarnent une réussite sociale ostensiblement basée sur l’argent ?

Irrésistible, le veau d'or.jpg

Les réponses sont à usage strictement personnel et ne sont pas destinées aux médias qui ne sauraient qu’en faire puisque c’est eux qui aujourd’hui les donnent.

Cela dit, les participants au forum organisé par la Ligue des Droits de l’Homme à La Seyne s/mer le 22 mai 2011 ont tenté d’en donner une :

Pour améliorer a minima notre démocratie, imparfaite par essence, la nécessité est d'inclure dans les programmes de gouvernement - notamment ceux qui sont les mieux disposés à respecter les Droits économiques et sociaux -, d’y inclure donc les engagements contenus dans l’appel aux jeunes générations prononcé le 14 mai 2011 sur le plateau des Glières qui est bien autre chose qu’une simpliste et monotone incantation.

A savoir :

  • « (…) reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. (…) »
  • « (…) séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé. Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l'action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d'ailleurs défini à l'article 2 de la constitution actuelle : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau l’indépendance des médias. (…) »
  • Se positionner sur l’échiquier international pour « (…) Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques (…) », et pour « s’opposer à l'actuelle dictature internationale des marchés financiers (…). »

Ce préalable à trois têtes, tout à fait réalisable, n’est pas négociable. A noter qu’en regard du dernier point de l’appel, on ne voit pas très bien pourquoi il faudrait soutenir, ne serait-ce que par inadvertance, la candidature de Mme Lagarde au FMI, candidature très éloignée de l'espoir suscité par la démocratie réelle.

 

18/05/2011

Le disque est rayé.

Avant qu’il ne soit retenu par la justice newyorkaise, et qu'il soit dans l'obligation de défendre son seul avenir, nous aurions tant aimé que DSK prenne le temps de s'intéresser un peu à l'actualité. A l'évidence, celle-ci ne l'aura pas suffisamment préoccupé. Avant l'épisode du Sofitel, nous aurions tant aimé par exemple :

  • Qu'il fasse preuve d'un peu plus d'empathie à propos des révolutions arabe ;
  • Qu’il s’émeuve tant soit peu des problèmes environnementaux ;
  • Qu’il se prononce, toute judéité mise à part, sur le moyen orient qui n’en finit pas de saigner et de crier à l'injustice ;
  • Qu’il tempère l’ardeur des agences de notations qui n’ont pas hésité, et n'hésitent toujours pas à pénaliser des pays en pleine recherche d’équilibre démocratique ;
  • Qu’il justifie les objectifs et les moyens mis en oeuvre par le FMI dans le redressement des dettes souveraines ;
  • Qu’il donne son avis sur l’actualité d’un programme issu d’un Conseil National de la Résistance, adapté au XXIème siècle et à une Europe sociale ;
  • Qu’il nous donne des nouvelles de son ami Denis Kessler, ex vice président du MEDEF ;
  • Qu’il s’autorégule au propre comme au figuré etc, etc.

Nous aurions tant aimé discuter de tout cela lors du débat suivi d'un vote pour les primaires socialistes.

Nous aurions tant aimé que ses amis politiques ne nous vendent pas sa candidature comme certaine et obligée alors que nous étions nombreux à très objectivement ne pas la souhaiter.

Changer de disqueAu lieu de cela, sans doute mal conseillé et mal protégé, DSK déambulait les mains dans les poches, désinvolte et dodelinant du torse sans seulement s’apercevoir que des peuples existaient et qu’ils auraient souhaité, au même titre que la carrosserie d'une voiture de luxe, être au moins respectés par les oligarques et les lois d’un marché dérégulé qui vont avec, conçues pour eux et seulement pour eux. C’est vraiment peu dire que la gauche, dans son ensemble, ne pouvait pas s’identifier à lui, ni à l’un de ses clones.

Le disque est rayé.

Présumé innocent ? Et alors ? Comme l’entraîneur de l’équipe de France de football, dans un autre contexte et pour d’autres raisons très détestables, il doit s’en vouloir énormément.
De quoi ? Il est le seul à le savoir et nous lui en voulons, nous, qu'il ne soit plus en situation d’expliciter SA vision d’une République sociale.

Aujourd’hui encore, ses indéfectibles soutiens, FMInistes inclus, pour combler leur amertume de s’être à ce point « plantés » sur un individu dont la pulsion prime sur l’ambition et l’ambition sur la respectabilité (présumée elle aussi) de tout responsable politique, vont jusqu’à recruter dans leurs rangs des BHL outrés ou des tenants d'un conspirationnisme sans fondement. Ils sont bien entendu nombreux, comme toujours, en face d'un fait divers aussi inexplicable que surprenant et déstabilisant.

On pourra toujours s'émouvoir du drame humain dans lequel sont plongés les protagonistes directs et indirects de cette affaire.
Mais dans les circonstances actuelles, il est urgent que les prétendants socialistes à l’alternance s’affranchissent de leur sidération aussi bien que de celui qui en est à l'origine et s’engagent vraiment très vite, pour 2012, sur les seules questions qui vaillent encore et toujours
et qui tournent autour des principes de redistribution, d’égalité réelle, de justice, de retour à la séparation des pouvoirs, de restauration des services publics … etc, le tout derrière une candidature d’alternance affichée et non faussée.

Dans le cas contraire, la communication orchestrée par les médias qui pourrait prévaloir pendant la campagne présidentielle serait des plus désastreuses pour un PS pris entre un remake sordide du « Journal d’une Femme de Chambre » et une suite idyllique à « Mary Poppins » par embryon présidentiel interposé. Le spectacle vient de commencer. Reste à éviter le pire : l'absence de la gauche pour un second service 2012.

18/03/2011

Semaine sanglante

Il y a 140 ans, en mars 1871, la situation est explosive à Paris. Les parisiens, humiliés par la défaite face aux Prussiens, subissent depuis cinq mois le siège de la capitale par ces derniers. Les parigots sont abandonnés par le gouvernement de Défense Nationale qui a capitulé face à l’ennemi. Le 17 mars 1871, Adolphe Thiers, le chef du pouvoir exécutif, assemblée à majorité monarchiste, et son gouvernement quittent discrètement Paris. Le 18 mars 1871, réfugié à Versailles, Adolphe Thiers lance contre la capitale cinq corps d'armée. Ils tentent de s’emparer par surprise des 227 canons de la garde nationale placés sur la colline de Montmartre. Canons érigés par les parisiens pour se défendre contre l'ennemi. Mal conçue, la manœuvre échoue et l'insurrection éclate. Les généraux chargés de s'emparer des canons sur la butte, Lecomte et Thomas, sont fait prisonniers et sont battus à mort par la foule. Les Gardes nationaux fraternisent et se rallient au peuple. Les insurgés se constituent en Comité Central à l'Hôtel de Ville.

Commune ce paris

La Commune sera proclamée le 28 mars 1871. Le mouvement insurrectionnel prend le pouvoir sous le nom de "Commune de Paris".

Au terme d'une "semaine sanglante" du 21 au 28 mai 1871, la Commune de Paris est éradiqué. Elle débute avec l'entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai 1871 pour s'achever avec les derniers combats au Cimetière du Père Lachaise le 28 mai 1871. Les combats de rue et la répression terrible fut féroce : de 10.000 à 25.000 exécutions sommaires, 4 000 déportations au bagne de Nouvelle-Calédonie, etc. Les lois d'amnistie n'interviendront qu'en 1880. A cela s'ajoute les incendies des Tuileries, du Palais de Justice, de l'Hôtel de Ville et du Palais Royal.

Ambigüité de l’Histoire ou pied de nez d’Adolphe Thiers : le clergé et la bourgeoisie Parisienne érigent la basilique du Sacré-Coeur à Montmartre, à l'endroit où a commencé le 18 mars 1871 la Commune de Paris pour… « expier le crime des communards » !!!

16/03/2011

Il y avait une ville

 "C'était étrange / Est-ce qu'il allait neiger des anges
Les gens guettaient dans un mélange/ D'inquiétude et d'amusement
Et brusquement/ Il y eut un éclair aveuglant
Et dans un souffle incandescent/ Les murs se mirent à trembler

Que s'est-il passé? / J'y comprends rien
Y avait une ville/ Et y a plus rien

 


Claude Nougaro décrit une ville dévastée par une explosion nucléaire. Il fait référence ici

aux villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki, rayées de la carte par les bombardements atomiques de l'aviation américaine les 6 et 9 août 1945. Le premier bombardement aurait fait 150 000 morts et le second 75 000.

15/03/2011

"Petits soldats contre l'avortement"

La campagne anti-avortement récemment menée par un professeur d’histoire-géographie dans un lycée de Manosque justement dénoncée grâce à la vigilance de parents d’élèves. Sorti du cartable de cet enseignant « provie » : un vidéo-montage de fœtus manipulés, agrémenté d’un message religieux en provenance des caves du Vatican. La vidéo s’intitule «Inutile d'argumenter». De fait, elle est insoutenable et indiscutablement écœurante.

caroline fourest,no need to argue,anti avortement,laïcité

A partir de ce dérapage dont on a pu, à tort, minimiser la portée, et à la demande de parents d’élèves, un collectif s’est constitué. Outre les parents d’élèves, il regroupe les associations aussi diverses que : Ligue des Droits de l'Homme 04; Femmes solidaires ; CGT Education ; Sud Education ; UFAL; FCPE.

caroline fourest,anti avortement,laïcité

Simultanément Caroline Fourest qui avait été alertée de cette dérive anti IVG, a été la première à réagir et à s’associer à notre indignation.
Son point de vue, très largement partagé a été enregistré ici
(1) & (2) .Il sera repris et développé le 11 avril sur Canal + à travers un film intitulé "Des petits soldats contre l'avortement".

Depuis le début de l’année, par le biais de lettres et de pétitions, notre collectif a donc demandé au ministre de l’Education nationale que ce cas de prosélytisme à l’intérieur de l’école de la République ne puisse se reproduire où que ce soit sur l’ensemble du territoire.

Une audience a été demandée au rectorat pour connaître les dispositions prises à cet effet. Le Recteur a été invité à venir en débattre. Pas de réponse.

Pourtant, cette évidente atteinte à la laïcité, complaisamment regardée par le ministère et ses rectorats, a pour conséquences de porter préjudice

  • Au droit des femmes à disposer de leur corps et de leur vie
  • A celui des enfants, qui ont été traumatisés et surpris dans leur apprentissage de la citoyenneté
  • A l’art. 2 de la constitution découlant directement de la loi de 1905, à la loi Veil et à tout un panel de décrets et règlements pour, en principe, les faire respecter
  • A la neutralité qui doit prévaloir dans le service public de l’Education nationale, à moins de vouloir en pervertir la mission en vue d’une privatisation future.

Cette atteinte va donc au-delà d’un simple fait divers isolé.

A cela s’ajoute l’actualité qui favorise des commentaires amalgamant racines chrétiennes, identité nationale, Islam et laïcité, et ce au moment même où l’on peut s’attendre à accueillir un nouveau flux de migrants préventivement discriminés pour satisfaire les phobies d’une extrême droite que l’on dit euphorique.

Bizarrement, à l’heure des Tea Parties, tout le monde semble avoir oublié ou vouloir oublier que la laïcité peut très bien être mise en danger par des intégristes se réclamant de l’Eglise catholique à l’intérieur même de l’école de la République.

Dans ces conditions, pour débattre de la laïcité dans l’Education Nationale, il nous faut nécessairement éviter d’être confus et, pour commencer, ne pas tomber dans le piège d’un énième débat sur l’Islam qui n’a pas été identifié dans les faits qui nous ont amené à organiser cette réunion.

Pas question non plus de faire de procès ad hominem, en l’occurrence celui d’un professeur prosélyte et fier de l’être, puisque c’est au rectorat et au ministère concerné de mettre de l’ordre dans leurs règlements intérieurs, de veiller à recruter des enseignants indemnes de toute connivence intégriste, et de prendre des mesures pour garantir la neutralité et la survie du service public.

L’objectif du collectif consiste plutôt à plaider pour une mobilisation forte et aussi unitaire que possible autour du principe de laïcité débarrassé de tout qualificatif qui l’affaiblirait : la laïcité telle qu’elle est inscrite dans notre constitution et rien d’autre.

«La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.»

Il ne s’agit pas de réévaluer ce principe sur le dos de telle croyance communautarisée ou sur telle autre, mais de le défendre hors de toutes polémiques et instrumentalisations partisanes et douteuses.

A minima, on partagera au moins cette évidence : l’Education nationale doit être un lieu privilégié pour faire l’apprentissage du vivre ensemble.

Comptes-rendus dans la presse : 1 - 2 - 3

17/02/2011

L'imperceptible patron du FMI

Ou «le candidat qui fait gonfler plus vite que la cortisone» (syndrome de Cushing).

Octobre 2010, RMC : A la question des animateurs « Que pensez-vous de Dominique Strauss-Kahn», J-F. Copé répond :

« DSK... DSK est pour nous un adversaire d'autant plus difficile qu'il incarne une gauche moderne dont les idées sont très proches des nôtres. Je rappelle qu'il est le seul à gauche à avoir dit que la réforme des retraites (de l'actuel gouvernement) était une bonne réforme. »

Le document «DSK mis à nu… peut-il incarner l’alternative ? - (marianne2.fr) » du 23 avril 2010 ayant été "opportunément" supprimé, il reste heureusement des traces. Parfois mémorables, parfois indigestes, souvent honteuses.

FMI, Droits de l'Homme,DSK

Avant d’avoir joué aux primaires et sous prétexte d'une victoire à tout prix, si les électeurs du PS acceptaient de "se payer DSK" modèle FMI modifié 2008 et partisan d’une gouvernance mondiale sans base électorale, ça ne serait pas pour «faire dans le social», ni pour éteindre les angoisses belliqueuses d’Israël et encore moins pour priver le secteur bancaire de ses réflexes pro-spéculation.
Preuve qu’une carte au PS (ou ailleurs) ne vaut pas plus qu’une relative et modeste cotisation, la biographie d’Hortense Paillard publiée dans «La République des Lettres» est assez claire sur le sujet. Ce n’est surement pas la seule.

Et à force de répéter que les candidats au second tour de 2012 sont déjà connus, la bulle DSK risque d’éclater plus vite que prévu. Ce serait tant mieux pour ceux qui sont qualifiés d'outsiders par le cœur des médias.

10/02/2011

Coup d’Etat médical ?

Une liste de revendications des manifestants de la place Tahrir a été mise sur Internet qui appelle au renversement du régime Moubarak. Avec en première place, la démission du président égyptien.

Le blogueur Wael Khalil liste ces revendications :

  1. Démission du président Mohammed Hosni Moubarak
  2. Annulation de l'état d'urgence
  3. Démantèlement du service secret d'Etat
  4. Annonce par (le Vice-Président) Omar Sulieman qu'il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle
  5. Dissolution du Parlement et du Conseil de la Choura
  6. Libération de toutes les personnes emprisonnées depuis le 25 janvier
  7. Fin du couvre-feu pour que la vie reprenne son cours dans le pays
  8. Démantèlement du corps de vigiles de l'université
  9. Déférer les responsables des violences contre les manifestants pacifiques depuis le 25 janvier et des brutalités organisées qui ont suivi le 28 janvier, devant une commission d'enquête
  10. Renvoi d'Anas El Fiqi (ministre de l'information) et arrêt des attaques contre les manifestants dans les médias propriétés du pouvoir par menaces et accusations d'être des traîtres, et cessation de l'incitation à la haine des étrangers dans les rues
  11. Indemnisation des commerçants de leurs pertes pendant le couvre-feu
  12. Annonce des revendications ci-dessus à la radio-télévision gouvernementale

Pour ce qui est de la première revendication, à moins qu’une démission soit incessamment annoncée, il semble que l’on s’oriente vers une sorte de coup d’état médical, l’Allemagne s’apprêtant à accueillir Hosni Moubarak pour raison de santé jusqu’à ce que de nouvelles élections aient lieu en Egypte en septembre.

Mais cette nouvelle, si elle devait être confirmée, ne résoudrait pas la question de la sortie du régime et ne ferait sans doute pas disparaître la peur de la brutalité et de la corruption de la police installée en Egypte depuis au moins 1981 et plaisamment dénoncée ici et entre autres par Youssef Chahine dans « Le Chaos » en 2007

C’est la raison pour laquelle une autre des revendications des manifestants de la place Tahrir est la levée de l’état d’urgence (point n°7), en place depuis l’assassinat du président Anouar el-Sadate. « Il le faut, faute de quoi nous ne serons jamais en sécurité. Nous pouvons être arrêtés à n’importe quel moment », note un enseignant d’une trentaine d’années, négociateur avec les représentants du régime, qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat.
L’état d’urgence permet de mettre en musique la répression, donnant des pouvoirs considérables à la police tout en limitant le droit de manifester et de s’organiser politiquement.
Selon la militante des droits de l’Homme Heba Morayef, les informations faisant état d’arrestations pour violations présumées du couvre-feu ou de harcèlement policier sont quotidiennes.

Les occupants de la place Tahrir affirment ne pas pouvoir quitter cette place parce qu'ils n'ont pas confiance dans le régime. « Si nous partons, la police reviendra ». Beaucoup de manifestants voient en effet mal comment le régime pourrait être démantelé par ceux-là mêmes qui l’ont inventé tel qu’il est pour leur propre bénéfice. Nommé au poste de vice-président pour s’occuper de la crise, le général Omar Souleimane, ex-patron des services de renseignement, est ainsi vu par les contestataires comme l’incarnation et l’âme damnée de Moubarak. Il sera sans doute désigné pour lui succéder au moins de façon transitoire. Une fois de plus, on peut se poser la question de savoir dans quel camp se rangera alors l’armée et si la population peut avoir le dernier mot.

(Après revue des agences de presse)

30/01/2011

Hommage à Abou El Kacem Chebbi

La révolution tunisienne couvait comme le feu sous la tourbe. Elle se répand et se propage aujourd’hui comme une trainée de poudre. Les peuples opprimés, de ce côté-là le la méditerranée se battent pour leur Liberté. Beaucoup disent que pour le pain, ils verront plus tard. C’est leur leçon et c’est en cela qu’elle est exemplaire. La liberté passe avant le consumérisme et c'est si vrai que les deux termes sont incompatibles.

Abou El Kacem Chebbi  (né le 24 février 1909 à Tozeur et mort le 9 octobre 1934 à Tunis), avait écrit «La volonté de vivre» à Tabarka le 16 septembre 1933. Il aura fallu attendre l’hiver 2010 pour que les masques et les chaines tombent comme il l’avait prédit. Leur cliquetis sonnent peut-être l’heure de la délivrance sur tout le pourtour de la méditerranée. C’est l’heure où la générosité du désespoir affronte à mains nues l’armure des intérêts géostratégiques et les politiciens tyrans et rapaces. Ici, en Europe, on ne peut que vibrer et trembler pour que cette « volonté de vivre » puisse enfin triompher sans que les religions, les partis et les opportunistes s’en approprient paternité et bénéfices.

Abou El Kacem Chebbi, Tunisie, la volonté de vivre

La Volonté de Vivre

« Lorsqu'un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser.
Avec fracas, le vent souffle dans les ravins,
au sommet des montagnes et sous les arbres disant :

"Lorsque je tends vers un but,
je me fais porter par l’espoir
et oublie toute prudence ;
Je n’évite pas les chemins escarpés
et n’appréhende pas la chute
dans un feu brûlant.
Qui n’aime pas gravir la montagne,
vivra éternellement au fond des vallées".

Je sens bouillonner dans mon cœur
Le sang de la jeunesse
Des vents nouveaux se lèvent en moi
Je me mets à écouter leur chant
A écouter le tonnerre qui gronde
La pluie qui tombe et la symphonie des vents.

Et lorsque je demande à la Terre :
"Mère, détestes-tu les hommes ?"
Elle me répond :
"Je bénis les ambitieux
et ceux qui aiment affronter les dangers.
Je maudis ceux qui ne s’adaptent pas
aux aléas du temps et se contentent de mener
une vie morne, comme les pierres.
Le monde est vivant.
Il aime la vie et méprise les morts,
aussi fameux qu’ils soient.
Le ciel ne garde pas, en son sein,
Les oiseaux morts
et les abeilles ne butinent pas
les fleurs fanées.
N’eût été ma tendresse maternelle,
les tombeaux n’auraient pas gardé leurs morts".

Par une nuit d’automne,
Lourde de chagrin et d’inquiétude,
Grisé par l’éclat des étoiles,
Je saoule la tristesse de mes chants,
Je demande à l’obscurité :
"La vie rend-elle à celui qu’elle fane
le printemps de son âge ? "
La nuit reste silencieuse.
Les nymphes de l’aube taisent leur chant.
Mais la forêt me répond d'une voix
aussi douce que les vibrations d'une corde :
" Vienne l'hiver, l'hiver de la brume,
l'hiver des neiges, l'hiver des pluies.
S'éteint l'enchantement,
Enchantement des branches
des fleurs, des fruits,
Enchantement du ciel serein et doux,
Enchantement exquis des prairies parfumées.
Les branches tombent avec leurs feuilles,
tombent aussi les fleurs de la belle saison.
Tout disparaît comme un rêve merveilleux
qui brille, un instant, dans une âme,
puis s'évanouit.
Mais restent les graines.
Elles conservent en elles le trésor
d'une belle vie disparue..."

La vie se fait
Et se défait
Puis recommence.
Le rêve des semences émerge de la nuit,
Enveloppé de la lueur obscure de l'aurore,
Elles demandent :
"Où est la brume matinale ?
Où est le soir magique ?
Où est le clair de lune ?
Où sont les rayons de la lune et la vie ?
Où est la vie à laquelle j'aspire ?
J'ai désiré la lumière au-dessus des branches.
J'ai désiré l'ombre sous les arbres"

Il dit aux semences :
"La vie vous est donnée.
Et vous vivrez éternellement
par la descendance qui vous survivra.
La lumière pourra vous bénir,
accueillez la fertilité de la vie.
Celui qui dans ses rêves adore la lumière,
la lumière le bénira là où il va."
En un moment pas plus long
qu'un battement d'ailes,
Leur désir s'accroît et triomphe.
Elles soulèvent la terre qui pèse sur elles
Et une belle végétation surgit pour contempler la beauté de la création.


La lumière est dans mon cœur et mon âme,
Pourquoi aurais-je peur de marcher dans l'obscurité ?
Je voudrais ne jamais être venu en ce monde
Et n'avoir jamais nagé parmi les étoiles.
Je voudrais que l'aube n'ait jamais embrassé mes rêves
Et que la lumière n'ait jamais caressé mes yeux.
Je voudrais n'avoir jamais cessé d'être ce que j'étais,
Une lumière libre répandue sur toute l'existence. »

Abou El Kacem Chebbi – Tiré de "Les chants de la vie"
Traduction de S.Masliah.

abou el kacem chebbi,tunisie,aux tyrans du monde

Abou El Kacem Chebbi a aussi écrit Ela Toghat Al Alaam qu’il faut traduire « Aux tyrans du monde », la Tunisie étant alors sous protectorat français. Ce poème a été mis en musique en 2002 pour dénoncer le conflit israélo-palestinien.

Alors non, décidemment, la Tunisie n’a pas de leçon à recevoir de ces faux humanistes qui nous gouvernent. Elle leur en donne.

21/01/2011

" Tunis est une fête "

Chronique de Bernard Guetta ce matin sur France Inter :

Excellente.

« Rien n’est plus beau, émouvant, bouleversant que la liberté, non pas la liberté dont on bénéficie et n’a même plus conscience mais celle qu’on vient de recouvrer, après 23 ans de dictature en l’occurrence. Tunis est une fête, inouïe, invraisemblable, un gigantesque forum permanent de la parole retrouvée dans lequel chacun interpelle l’autre – pince-moi, est-ce vrai ? – raconte son histoire, dit ses espoirs, quête l’approbation et parle, parle, parle à n’en plus finir.

Avenue Bourguiba, hier, le Bastille République de cette révolution, en plein centre ville, il y avait un gigantesque attroupement devant la vitrine d’une librairie. Les gens se poussaient du coude pour mieux voir. On ne pouvait pas approcher, que demander ce qui se passait et une dame m’a expliqué entre colère et joie : « la voix brisée d’émotion : « Ils exposent les livres interdits sous Ben Ali, ce voleur, cet assassin, ce cochon ». Les titres étaient en arabe d’un côté, en français de l’autre et tous parlaient de démocratie et de réforme de l’Islam et l’on regardait cela comme le plus précieux des biens, comme de l’eau dans le désert.

tunisie guetta.jpg

Soudain un brouhaha. La manif du jour vient d’enfoncer un barrage de police dans des hurlements d’allégresse où le mot de « dignité » revient sans cesse. La foule, classes moyennes et toutes générations confondues, marche vers la place Mohammed V, tourne à gauche et se dirige vers un immense immeuble de verre, le siège du RCD, le parti du président déchu. Au passage on envoie fleurs et baisers aux soldats juchés sur leurs chars. La Tunisie aime son armée qui n’a pas participé à la répression et mène la chasse aux miliciens de l’ancien régime qui jouent les casseurs dans l’absurde illusion que le désordre pourrait faire regretter Ben Ali. Les soldats sourient. Les policiers qui se sont laissé déborder sans réagir fument comme des pompiers et quêtent la fraternisation avec des manifestants qui les ignorent superbement et, devant le RCD, une négociation s’engage avec un colonel, parfaitement maître de lui.

Ou bien, disent les porte-parole des manifestants, vous faîtes enlever de la façade ces lettres d’or qui proclament Rassemblement constitutionnel démocrate ou bien nous forçons les grilles et ne répondons de rien ». Le colonel sort son portable, demande des consignes, raccroche et explique que non, qu’il faut de la patience, des étapes. Les rangs se serrent, la foule avance. Le face-à-face dure près de quatre heures et les militaires cèdent. Les lettres d’or tombent l’une après l’autre dans un bruyante chute saluée de cris de joie et lorsqu’une centaine de barbus se mettent ostensiblement en prières et la ponctuent d’Allah Akbar, Dieu est grand, personne ne se retourne, personne ne les voit même parce que la liberté est la liberté mais qu’ils n’intéressent rigoureusement personne.

Tunis est une fête, la plus belle des fêtes, mais l’opposition démocratique fait ses calculs. Si la saison touristique est perdue, si les entreprises étrangères paniquent, le chômage va exploser et, sous six mois, un an, la misère aura fait regretter la stabilité de la dictature et ouvert un boulevard aux islamistes. L’économie menace la liberté. D’immenses nuages pourraient bientôt assombrir cette allégresse. Alors pas d’hésitation pour vos vacances : c’est la Tunisie, solidarité oblige.»

Oui mais de préférence chez les tunisiens. C'est eux qui en ont le plus besoin. Pas les hôtels. 

19/01/2011

Bayrou, plus à gauche que DSK !?

Suite à la note précédente intitulée « Sans commentaires », ils arrivent, les commentaires, et semblent aboutir à la conclusion qu’en définitive F. Bayrou est plus à gauche que DSK. Un moindre mal, une absurdité, un comble ? Malgré les apparences, ça n'est pas si vide de sens et, de toute façon, c'est sans doute très symptomatique du "débat" qui s'installe dans les chaumières. Décevant.

décervelage.jpg

Tout, enfin presque, sera parti d’une annonce parue sur Facebook titrée "DSK préféré des Français, devancé par Aubry et Hollande chez les sympathisants PS" et d’une vidéo visible ici.

  • 1ère réaction : Baromètre Ipsos de l'action politique : « François Bayrou dans les plus fortes hausses du mois (+8 points, soit 43%) ».

(On aura bien sûr compris que l’indépendance des soutiens à F. Bayrou qui se manifestent et trépignent ici, a des limites et que les sondages n'ont pas "forcément" à être remis en question)

  • Interlocuteur 1 : « Etonnant : quasiment tout le monde progresse !? »
  • Interlocuteur 2 : « Élément de réflexion à ne pas oublier : voyez, écoutez et prenez en de la graine... vidéo
  • Interlocuteur 1 : « C'était en 2008 et dans son rôle au FMI ! Regardons le présent en sagesse et imaginons l'avenir avec audace. »
  • Interlocuteur 2 : « Que d'audace, que d'audace ! Le rôle du FMI serait donc de féliciter et d'encourager les dictatures pour leur rigueur budgétaire ?!! On peut soutenir ce point de vue sans rougir ? »
  • Interlocuteur 1 : « Monsieur,
    je vous invitais à tourner la page 2008 que vous aviez ouverte dans un autre contexte, et voila que vous insistez en allouant au patron du FMI des intentions inimaginables....
    Dommage »

  • Interlocuteur 2 : « Je ne demande pas mieux que de tourner la page de 2008 à condition que vous me donniez votre recette pour passer à la lecture d'un autre chapitre sans avoir terminé celui que vous semblez vouloir oublier.
    En l'occurrence comment appréciez-vous, par exemple, que les fiscalités nationales (européennes ?) puissent devoir s’aligner sur les désidératas des agences de notation, recommandations du FMI ou le simple froncement de sourcil des cotations boursières pendant que les inégalités fleurissent plus vite que le jasmin partout dans le monde ? Ce n’est qu’une question parmi d’autres et si vous avez un avis sur le sujet il serait "dommage" que vous vous absteniez de le faire connaître.

    Je suis un peu (moyennement) rassuré par le sondage et l'annonce sources de notre différent.
    Mais dites-moi, comment faites-vous pour marier avec autant de dextérité la sagesse et l'audace? N'est-ce pas là une position un tant soit peu schizophrénique ?»

  • Interlocuteur 1  : « … »
  • Interlocuteur 3  : « ll me semble effectivement que cette vidéo de DSK est sur interprétée. Moi aussi je suis prêt à dire (même aujourd'hui) que sa politique économique a été remarquable en beaucoup de points.
    Le fait que les lois n'étaient qu'un prétexte à corruption massive, ou que la Famille ait usurpé une bonne partie du PNB, en a beaucoup réduit le bénéfice pour les Tunisiens. L'économie a cependant plus progressé dans ce pays, pourtant pauvre en pétrole, que chez beaucoup de ses concurrents.
    Même le bilan d'une dictature est, presque toujours, entre gris clair et gris foncé. »
  • Interlocuteur 2 : « C'est tellement vrai que, sur un autre continent, on a pu se féliciter des bienfaits économiques obtenus par un Gal. Pinochet et que l'on pourrait en faire autant aujourd’hui avec la Chine ou la Corée.
    Mais à vouloir dissocier le PNB d'un pays avec l'éthique que ses dirigeants pourraient offrir à la population, on risque de devenir haïssable. Et ce n'est pas à faire en période électorale. La position du FMI, quelque soit son directeur est de ce point de vue, indéfendable. Fort heureusement les dirigeants du FMI ne sont élus qu'en vase clos. Confortable.

    Mais en fait, la question qui pointe en creux dans cet échange est ailleurs.
    Elle peut se poser de la façon suivante : comment se passer d'un ticket gagnant DSK + X contre un UMP dominateur ? A vous entendre, on pourra toujours voir pour l'éthique ce que l'on peut faire !!! Au besoin et à la limite, il sera toujours temps de faire preuve de compassion vis à vis des victimes ou de les admirer pour leur capacité à passer le simple cap de l'indignation. Et c’est ça « mettre de l’humain au cœur de l’économique » ?!!!


    Sur l'échiquier politique, si l'on part du principe qu'il faut rester "sage" en se donnant l’apparence de l’audace, ce qui a failli marcher en 2007 avec le Modem, on restera toujours dans la contrition et à la merci de n’importe quel prédateur, dictateur. Nous vivons cette expérience, sans doute à moindre échelle, mais elle ne semble pas suffire. Devenons donc un pays où toutes les «lois ne seront QUE prétexte à corruption massive". Il n'y a qu'à se laisser aller et au point où nous en sommes ...

    C’est à ça dont vous rêvez ?!!!


    Alors la vidéo "sur interprétée", je ne vois pas. Pas plus que je ne vois comment on peut s’en référer moralement au CNR ou à Marc Sangnier tout en tressant des lauriers au duo DSK – Kessler, admirable sur la question des retraites ou sur d'autres questions touchant  à la politique étrangère : le soutien inconditionnel apporté à Netanyahou,
    par exemple.

    Il faut décidément remettre au gout du jour la parole de Simone Weill, sans faire d'erreur sur la personne. »
  • Interlocuteur 3 : "Devenons donc un pays où toutes les «lois ne seront QUE prétexte à corruption massive". Il n'y a qu'à se laisser aller et au point où nous en sommes... C’est à ça que vous rêvez ?!!!"
    Mmm… j'ai bien l'impression que là aussi, vous sur interprétez ;-) »
  • Interlocuteur 2 : "Reprenons... Le message à l'origine était le suivant :
    "Baromètre Ipsos de l'action politique : François Bayrou dans les plus fortes hausses du mois (+8 points, soit 43%)." Sur interprétation ? :-)
    Peut-on en déduire que F. Bayrou est plus à gauche que DSK ?"
     

La question peut paraître incongrue, mais après tout, c’est bien possible. Ce qui expliquerait d’ailleurs qu'en 2007 Bayrou a parait-il failli voter pour la madone du Poitou et qu’il pourrait bien, comme elle, pressentir un jour le directeur du FMI comme futur premier ministre, puisque visiblement, il n'est pas de ..... de... de... ? De gauche !

 

A moins de ne pas être très observateur.

17/01/2011

Sans commentaire, évidemment.

En 2008, déjà, la Tunisie était un modèle pour le FMI !!!
Si, si, en 2008.

Sans commentaire, évidemment.

Pour l'instant.