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26/10/2011

Le syndrome des habits de l'empereur

Le 5 mai 2010, Florence Palpacuer, membre du conseil scientifique d’ATTAC rédigeait un article intitulé «Débats autour de la Grèce : le roi est nu !».
Cette réflexion est malheureusement toujours d’actualité.

Pour la résumer, il s’agit de dénoncer, pour y mettre fin, la pratique de systèmes mafieux dans lesquels prêteurs et emprunteurs, avec l’aval de gouvernements sciemment laxistes, impuissants ou pris en otages, s’entendent pour réaliser des profits démesurés, justement qualifiés d’«odieux».

Pour l’instant, mis à part les mouvements d’indignés de type «Wall Street», à ne pas confondre avec ceux des «printemps arabes» qui manifestent contre des dictatures «classiques» et ont à surmonter le risque de l'intégrisme religieux, l’horizon économique est loin d’être dégagé.
Pourtant certaines initiatives commencent à percer qui pourraient à terme s'avérer positives.
Par exemple : près d’une trentaine d’associations et d’ONG européennes viennent de participer à la création de Finance Watch.
Il s'agit d'une instance indépendante qui veut jouer le rôle de «contre-pouvoir face à l’activité bancaire» et qui se donne trois missions : Expertise ; Lobbying auprès de la Commission et du Parlement européen pour contrer le travail d’influence permanent des banques ; Communication auprès du public pour l’informer des transactions bancaires au niveau européen et ouvrir un débat citoyen et transparent avec les élus et leurs électeurs.

« Débats autour de la Grèce : le roi est nu ! », florence palpacuer

Pour en revenir au contenu de la note rédigée par Florence Palpacuer à propos de la Grèce, on peut rajouter ou souligner, que toutes les simagrées actuelles mises en scène à Cannes, Deauville ou Bruxelles, ne suffiront jamais à rétablir la situation économique des pays frauduleusement endettés.

Ce qui est très souvent et soigneusement oublié lorsque l’on parle de dette souveraine : ce ne sont ni les «recapitalisations», ni les abandons de créances qui rétabliront l’équilibre budgétaire de la Grèce ou de tout autre pays trop endetté. Tant que la question de l’évasion fiscale, de ses paradis artificiels ou des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement d’un Etat – comme par exemple un cadastre mis à jour ou des services publics et fiscaux au service de l’intérêt général - ne sont pas sérieusement remis à l'endroit, aucun sommet, aucun G20, ne répondra à l’attente de 99% des citoyens qui n'ont rien fait pour être aussi mal traités.
C’est ce que confirme Constantinos Bacouris, responsable grec de Transparency International, lorsqu’il déclare : «Nous pensons que la corruption est l'une des principales causes de la crise en Grèce. Elle a largement favorisé l’évasion fiscale (…). En tout, l’État perd entre 18 et 20 milliards d’euros par an à cause de l’évasion fiscale.»

Mais personne ou presque ne souhaitant reconnaître cette réalité, il semble bien que l'on soit en présence du «Syndrome des habits de l'empereur», qui recouvre de façon illusoire la nudité et le désarroi du roi auquel il est fait allusion dans le titre de l’article rédigé par Florence Palpacuer : «Débats autour de la Grèce : le roi est nu !»

Nous aurons sans doute l’occasion d’en reparler avec elle et Eric Toussaint qui, à l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme, seront présents à Manosque le 29 octobre pour une conférence –débat autour de la question :

«Une économie solidaire au service des nécessités écologiques et sociales est-elle possible ?»

23/10/2011

“Les mesures d'austérité sont une supercherie”

Eric TOUSSAINT sera l'invité de la délégation régionale PACA et de la Fédération 04 de la Ligue des Droits de l’Homme le 29 octobre prochain à Manosque (Hôtel Best Western Le Sud), et ce à la veille du G20 de Cannes.
Question centrale de cette conférence suivie d’un débat :

« Une économie solidaire
au service des nécessités écologiques et sociales est-elle possible ? »


En attendant, Eric Toussaint a été interviewé par Olivier le Bussy pour le journal La Libre Belgique :


Pour le politologue Eric Toussaint, les actuelles politiques conduites en Europe pour éponger les dettes publiques servent d’abord les intérêts des créanciers privés. Et bafouent les droits sociaux et économiques des citoyens.

Docteur en sciences politiques des Université de Liège et de Paris VIII, membre du conseil scientifique d’Attac France et président de la branche belge du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Eric Toussaint a coécrit et codirigé (avec le Français Damien Millet) un ouvrage intitulé “La dette ou la vie”. A l’aune de l’expérience de la problématique de la dette des pays du Sud, les auteurs livrent une analyse critique de politiques mises en œuvre au Nord, notamment dans la zone euro.

"
Selon vous, telle qu'elle a été conçue, la zone euro était condamnée à connaître une telle crise…

Le drachme, la peseta, l’escudo ont été surévalués par rapport aux autres monnaies, et notamment au deutsche mark, lors de la conversion en euro. Ce qui a donné un avantage compétitif aux pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Belgique,… par rapport aux pays de la périphérie. De plus, il n’y a pas de mécanismes de compensations importantes pour réduire les asymétries entre les économies européennes. Enfin, les banques nationales des pays de l’UE et la Banque centrale européenne (BCE) ne peuvent pas accorder de crédits directement aux Etats (comme peut le faire la Réserve fédérale aux Etats-Unis, NdlR), ce qui laisse ce monopole aux banques privées.

On en est arrivé à une situation où la BCE a prêté à un taux de 1 %, jusqu’avril 2011, aux banques privées. Qui, elles, prêtaient à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande à du 4 ou 5 % pour des obligations à six mois ou à un an. Ce fonctionnement a abouti à des dérives terribles. La BCE prête à court terme à des institutions privées, qui à leur tour prêtent à long terme sur le marché obligataire et se retrouvent confrontées, tôt ou tard, à des problèmes de liquidités. Ce qui amène, par exemple, à un deuxième sauvetage de Dexia par les Etats belges et français.

Vous estimez que la Grèce serait en droit de remettre en cause le remboursement d’une partie de sa dette souveraine...

En commençant à rebours, on pourrait dire que les prêts de la troïka (Commission européenne, BCE, Fonds monétaire international) à la Grèce sont des prêts odieux parce que ces institutions, avec derrière elles les gouvernements allemand et français, profitent d’une situation de détresse de la Grèce –qui depuis mai 2010 n’a plus accès à des emprunts dépassant un an –pour prêter à Athènes à du 5,5%. En contrepartie, ils exigent de la Grèce qu’elle mette en œuvre une batterie de mesures d’austérité. Mesures qui dans certains cas sont des violation des droits économiques et sociaux reconnus par l’Organisation international e du travail, par exemple. Et, de plus, ces mesures ont un effet contraire à l’objectif officiel recherché, c’est-à-dire une amélioration de la situation économique rendant soutenable le paiement de la dette. Or, on constate que cela crée une récession qui réduit les recettes fiscales et conduit à de nouvelles mesures d’austérité. Lesquelles ne permettront de toute façon pas à la Grèce de dégager dans son budget des marges suffisantes pour rembourser des montants grevés de taux d’intérêts trop élevés.

Avant cela, on a eu toute une série d’institutions financières françaises, allemandes, belges, qui au début de la crise financière se finançaient à des taux de 0,25% auprès de la Fed ou de 1% auprès la BCE puis qui prêtaient très massivement à la Grèce ­- on constate une augmentation de 80 à 120 milliards d'emprunts, soit 50% en pleine période de crise. Là, il y a des marques d’illégitimités parce que les fonds qui étaient prêtés aux banques ne devaient pas servir à cela mais à éviter un credit crunch, que ces banques n’ont pas respecté les règle de prudence en matière de solvabilité des emprunteurs et pire les ont encouragés à se surendetter.

Et si on retourne encore plus loin, on rappellera que les JO devait coûter à la Grèce 1,4 milliard et en ont coûté près de 20. Or, il y a des entreprises étrangères, comme Siemens –qui font l’objet de poursuites judiciaires –qui ont versé des pots-de-vin énormes aux autorités politiques de l'époque. Enfin, il y a les dépenses militaires énormes de la Grèce, qui représentent 4% du PIB. Les Américains, les Allemands et les Français sont les principaux fournisseurs militaires, et dans un premier temps, on a seulement demandé à la Grèce de couper dans les dépenses sociales, parce qu’il fallait qu’elle honore les commandes militaires à Berlin et à Paris. C'était tellement scandaleux que les choses sont en train de changer.

austérité,eric toussaint, supercherie

Les actuelles politiques d’austérité sont justifiées par la nécessité de préserver notre modèle social. Ce que vous contestez…

Ceux qui sont privilégiés, ce sont les créanciers privés qui sont partie du problème. Le second objectif c’est de pousser plus loin l’offensive néolibérale lancée il y a 30 ans par (le président américain Ronald) Reagan et (le Premier ministre britannique Margaret) Thatcher. On assiste à un détricotage de ce qui caractérisait les “30 glorieuses” qui ont suivi la Seconde guerre mondiale: augmentation des salaires, du bien-être, quasi-plein-emploi… De 1980 à 2010, on a détricoté le pacte social, caractérisé par des politiques keynésiennes, qui ont été remplacées par le néolibéralisme qui le remet en cause et déréglemente la législation bancaire et financière, avec les dérives que l’on connaît. C’est une supercherie de dire que ces mesures visent à consolider le modèle social européen.

En faisant appel au FMI, les Européens ont introduit le loup dans la bergerie, peut-on lire dans votre ouvrage...

Le FMI, c’est quelque part une sorte d’alibi pour les dirigeants européens, qui leur permet de justifier les politiques d'austérité en disant “Vous voyez, il n'y a pas que nous. Une institution internationale, basée à Washington, neutre le dit aussi”. Mais pendant 30 ans, le FMI a dicté les politiques qui sont aujourd’hui à l’œuvre chez nous en Amérique latine, en Afrique et en Asie, avec des résultats tout à fait négatifs. Si l’Amérique latine va mieux depuis une dizaine d’années, c’est parce qu’après 20 ans, les électeurs ont dit : “On n'en veut plus”. Les gouvernements ont remboursé anticipativement le FMI et on rompu avec les recettes qu’ils nous appliquent. Les économistes et les dirigeants latino-américains ne cachent pas leur étonnement de nous voir appliquer des formules qui ont échoué ailleurs.

Parce qu’il est le premier poste budgétaire de nombreux Etats, le remboursement de la dette peut aller à l’encontre des droits humains, écrivez-vous…

Je suggère que la part qui va au service de la dette publique dans le budget ne dépasse pas 5 % des recettes. On pourrait mettre une autre règle d’or : les dépenses qui vont à la garantie de droits économiques et sociaux, donc de droits humains, ne peuvent pas être comprimées. On dit: priorité aux créanciers, dont le comportement est délictueux dans une série de cas. Pour correspondre à l’esprit de la charte des Nations unies de 1948, il faudrait inverser les valeurs: les Etats ont une dette sociale à l’égard de leurs citoyens. Ce sont eux qui ont donné un mandat aux dirigeants politiques. Pas les banques, ni les fonds de pension, ni les marchés financiers.

Le politique a perdu la main?

C’est très inquiétant. Dans cette crise, on marginalise le choix des électeurs. En Irlande, où le nouveau gouvernement doit appliquer le plan négocié par le précédent, d'une autre couleur politique. Mais aussi en Grèce où à l’origine, le Pasok (socialiste, au pouvoir) voulait rompre avec la politique de la Nouvelle Démocratie (droite). Le pouvoir législatif est mis entre parenthèses. Le Parlement portugais provoque en mars la démission du gouvernement de José Socrates mais cet exécutif démissionnaire conclut quand même un accord avec la troïka sur un plan d’austérité dont le Parlement ne voulait pas. On pourrait aussi parler de la Belgique qui rachète Dexia pour 4 milliards. Les actionnaires sont satisfaits, mais on n’a pas demandé l’avis des parlementaires ni des citoyens belges.

Vous proposez des alternatives, mais on peut douter qu’elles trouvent un écho chez les actuels dirigeants politiques…

Le changement viendra de la prise de consciences des citoyens qui demanderont une rupture radicale avec le système. Le signal que ça commence ce sont les centaines de milliers d’Indignés espagnols, dont le mouvement a essaimé en Grèce, au Portugal, en Italie et à Bruxelles. plus enclins à se dire que ça ne marche pas et qu’il faut un changement, ce sont les jeunes européens. C’est important que les autres générations rompent aussi avec la résignation. Comme l'on fait les citoyens islandais en refusant de payer pour la faillite de la banque Icesave (et que leur gouvernement rembourse le Royaume-Uni et les Pays-Bas, qui avaient garanti les dépôts de leurs ressortissants chez Icesave, NdlR)

Ça a pris 20 ans aux citoyens d’Amérique latine de pousser à une rupture, j’espère que ce sera moins long pour les Européens.

"

En Savoir Plus : "La dette ou la vie", sous la direction de Damien Millet et Eric Toussaint, éditions Aden et CADTM, 384 pp., 

17/10/2011

Le crime d’Etat du 17 octobre 1961

Communiqué de la LDH :

Reconnaître le crime d’Etat du 17 octobre 1961 et permettre l’accès aux archives

"La Ligue des droits de l’Homme demande que, par la voix des plus hautes autorités de la République, soit reconnu dans le crime d’Etat qu’a constitué la violente répression d’une manifestation désarmée d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Cet épisode est emblématique des atteintes aux droits de l’Homme commises tout au long de la période coloniale, notamment pendant la guerre d’Algérie, durant laquelle la France s’est trop souvent éloignée des valeurs qu’elle avait pourtant proclamées."

 

rafle du 17 octobre 1961,papon,soumission à l'autorité

A ceux qui ont exécuté un ordre abjecte :
"La soumission à l'autorité est un principe explicatif beaucoup plus puissant que la méchanceté, l'égoïsme ou la barbarie. Ce sont généralement des "gens normaux" qui sont les exécuteurs des massacres ; et les gens normaux ne sont pas méchants : ils obéissent."

Mais rien ne saurait les exonérer de toute responsabilité ni justifier la soumission à laquelle ils se sont abandonnés.

"Pour que soit faite, cinquante ans après, la lumière sur ce drame, elle demande que soit assurée la liberté d’accès aux archives concernant cet événement, en particulier celles :

- du conseil interministériel convoqué le 5 octobre 1961 par le Premier ministre, à la suite duquel un couvre-feu discriminatoire et inconstitutionnel a été mis en place dans le département de la Seine par le préfet de police Maurice Papon ;

- des conseils des ministres de cette période, en particulier par les notes prises par le secrétaire général de la présidence de la République, M. Geoffroy de Courcel.

- du ministère de l’Intérieur, de la préfecture de police, du Premier ministre et du Ministère des Affaires étrangères relatives aux négociations d’Evian.

Attachée à la connaissance par les citoyens de l’histoire contemporaine de la France, la Ligue des droits de l'Homme pense que c’est à ce prix que, cinquante ans plus tard, cet épisode de notre histoire pourra être mieux connu.

Plus généralement, elle demande que les archives de l’Etat soient soumises à des règles communes en matière d’archives conformes au fonctionnement des Etats démocratiques. Ce qui implique que soient versées aux Archives nationales celles de la préfecture de police de Paris, des ministères de la Défense et des Affaires étrangères, quitte à ce que leurs fonds relèvent de dispositions particulières précises et justifiées. Et que les archives des anciens ministres, Premiers ministres et présidents de la République relatives à leur fonction ne soient pas privatisées par les intéressés mais versées dans leur ensemble aux Archives nationales.

Elle réclame également que la notion d’archives « incommunicables » telle qu'elle apparaît dans la loi de 2008 soit effacée par une nouvelle loi."

11/10/2011

Lettre ouverte d'Arnaud Montebourg

A l'attention de Martine Aubry et de François Hollande...

Sachant que le Front de Gauche a pris instantanément les devants, on attend des réponses aussi claires, pas des contorsions.

Mise à jour du 15 octobre : La fin décevante d'un engagement pas des idées représentées puisqu'elles seront bien soutenues, voire mieux soutenues par un Front de Gauche qui en a désormais la.charge quasi exclusive.

10/10/2011

Nettoyer la mêlée

Le score d’Arnaud Montebourg aux primaires socialistes n’aurait pas été aussi élevé si un mouvement de fond national et international ne l’avait pas précédé. AM a concrétisé et légitimé ce mouvement au PS sous le label «démondialisation» qui se place dans la continuité du mouvement des «indignés» et dans la logique d’une prise de conscience collective antilibérale.
Le refus des inégalités, des injustices et des tyrannies molles ou dures, ce n’est pas rien. Son score en est le reflet.

C’est un succès, pas une victoire et il faudra que cela ait une suite. On ne se contentera pas d’avoir pesé si le pire n’est pas évité, le pire étant la soumission à une oligarchie ultralibérale de droite comme de gauche, avouée ou maquillée.

Il ne s’agit pas tant de savoir sur quel candidat du PS les voix d’AM se porteront mais de savoir qui, à terme, sera le plus crédible et le plus qualifié pour relayer ce qu’elles signifient, et surtout comment se fédérera-t-on ?

primaires socialistes, montebourg, nettoyer la mêlée

Pour l’instant et à l’instar d’une équipe de rugby capable de marquer des essais sans trop en encaisser, il va falloir nettoyer la mêlée sans mollesse. Les équipes respectives de M. Aubry et de F. Hollande comportent chacune des éléments ou joueurs suspects de hors jeux, voire d’antijeu : pacte de Marrakech et sparadrap DSK via quelques seconds couteaux (Cambadélis) pour la première ; garde rapprochée du même ex du Sofitel pour le second (Le Guen, Moscovici …), sans oublier les cartons rouges décernés ici et là par ce qu'il reste des autorités judiciaires. 

Et sans parler des ententes étranges qui subsistent et pourraient être entretenues avec l’OMC de P. Lamy, la Présidence de l'Autorité des marchés financiers de JP. Jouyet ou le FMI de C. Lagarde, laquelle a été félicité par les deux représentants du PS encore en lice, pour sa nomination à la tête de ce machin qu'il faudrait dé-mondialiser d’urgence.

Les dénégations des uns et des autres, dénégations qui se multiplieront dans les jours à venir, sur les relations privilégiées qu’ils entretiennent avec des personnages décidément douteux pour qui souhaite une République portée par une vraie gauche socialiste, ne suffiront vraisemblablement pas à enflammer la campagne. Faudra-t-il s’en contenter ?....

01/10/2011

L’étau télécratie - démocratie

Notre conscience individuelle n’aura jamais été autant menacée à travers l’exploitation de nos pulsions et il serait temps de brider cette arme de destruction massive que constitue le domaine télévisuel concentré sur la seule rentabilité commerciale.

C’est pour cette raison que la réaction d’Arnaud Montebourg est saine. C’est un des seuls candidats à la présidentielle de 2012, si ce n’est le seul, à avoir évoqué la question, même s’il se situe davantage sur le plan immédiatement réalisable de la concession du domaine public et de ses conséquences économiques que sur des considérations sociologiques et culturelles, inscrites dans le long terme. Mais si ce n’était que cela, cela serait déjà beaucoup.

Beaucoup, puisque cela induirait le contrôle des JT bidonnés et formatés façon Fouquet's, et surtout, permettrait d’envisager une fin à la braderie du «temps de cerveau humain disponible» via un CSA rendu compétent et indépendant. TF1 et M6 sont immédiatement visées. Tant mieux mais les contaminés du PAF sont aujourd’hui nombreux, pendant que l’apprentissage de la soumission s'est diversifiée et l’addiction au petit écran est devenue inappréciable.

télécratie, démondialisation, montebourg
On a beaucoup parlé de « Metropolis »… on n’a pas fini d’y penser.

L’alternance rêvée serait donc en effet, que l’on tienne compte et écoute l’analyse de Bernard Stiegler, initiateur et président d’Ars industrialis qui décrit parfaitement les mécanismes mis en jeu pour capter la foule des téléspectateurs isolés dont nous faisons parti à notre corps prétendument  défendant. C’est d’autant plus urgent que «la mondialisation et le phénomène d'uniformisation des comportements s'attaquent à la singularité des individus et des cultures», à notre identité initiale. N’en déplaise à un R. Enthoven qui, sans jamais s’investir dans une quelconque proposition constructive, considère la démondialisation comme un gadget tout juste bon à être «disséqué» et roulé dans un ridicule qui n’a rien d’humoristique.

La vidéo qui suit, terriblement angoissante, démontre comment l’émotion a fait place à l’exacerbation des pulsions les plus destructrices et mérite d’être visionnée ne serait-ce que pour prendre conscience du chantier qui reste à entreprendre.

24/09/2011

La Palestine entre miracle et désarroi

A moins d’un «miracle», les prochaines élections israéliennes n’auront lieu qu’en 2013. D’ici là, rien ne se passera sans doute sur le plan de la diplomatie et de ses cercles vicieux.

A la veille de la demande formulée par Mahmoud Abbas,la Palestine, telle qu’elle a été montrée sur les chaines de télévision européennes, - celle de nantis de Cisjordanie ayant partie liée avec la classe des affairistes israéliens; celle des dirigeants du Hamas à Gaza installés dans leur économie souterraine et leur opposition partisane à l'Autorité palestinienne - offre une image relativement inédite et désolante de ce que peut être la dépendance et l’enfermement.

Dépendance et enfermement verrouillés par le déni, l’autisme et la surdité paranoïaque de chaque camp, sur un fond de justification religieuse lui-même cadenassé par le manque de courage de ce que l’on ose encore appeler «la communauté internationale».

Tout est donc à redouter des confrontations à venir et les peuples ont ou s’octroieront carte blanche pour tenter de sortir de ce carcan. A moins d’un miracle laïc, c’est la seule alternative logique au blocage généralisé.

"Le journal de personne" illustre humainement ce désarroi :

Mon père s’est marié à deux reprises
Une fois à l’Est et une deuxième fois à l’Ouest… de Jérusalem…
Je suis palestinienne
Et ma demi- sœur est israélienne
On ne se parle plus…
Je parle arabe, elle parle hébreu
Mais on ne se comprend plus…
On fait semblant de ne plus se comprendre.
On s’est divisé sur la terre de notre père
Comme deux indignes héritières.
Je dis que c’est à moi, elle dit que c’est à elle,
Et aucune des deux ne veut lâcher prise
Elle a fait de son veau d’or une nation.
De ma nation, j’ai fait un veau de chair et de sang.
Elle est riche et prospère,
Je suis pauvre et amère
Elle a tous les puissants à ses pieds.
Je n’ai même plus d’yeux pour pleurer.
Elle dit que je lui fais la guerre
Mais ne veut surtout pas signer la paix.
Elle dit… elle dit que… je rêve de l’exterminer
Et pour m’en empêcher elle m’extermine pour de vrai !
Elle dit que son héritage est inscrit dans la bible,
en bas de chaque page
Je lui réponds… désolée
Mais ton titre de propriété n’est pas signé
Qu’il y a l’histoire que l’on fait
Et l’histoire que l’on raconte!
Et aucun lien entre les deux…
La Palestine c’est la maison de mon père
Quant à la maison de Dieu
Elle n’est pas sur cette terre
Tu la retrouveras si et seulement si
Tu ne m’ôtes pas la lumière
Tu m’ignores et tu voudrais que je m’ignore
Tu m’enterre pour me faire taire
Mais je serais pour toi, Israël
L’œil qui te poursuivra jusque dans ta tombe
Pour te dire : Abîme… Abîme !
Tu as commis le pire des crimes
En faisant de Dieu
L’instrument de ta morsure.

22/09/2011

21 septembre 2011, 23h08, Géorgie USA

Avant d'être exécuté, Troy Davis a adressé ce message hier à ses sympathisants dans le monde entier :


"Le combat pour la justice ne s'arrête pas avec moi.
Ce combat est pour tous les Troy Davis avant moi et
tous ceux qui viendront après moi.

Je me sens bien, je prie et je suis en paix.
Mais je n'arrêterai de me battre qu'à mon dernier souffle".

Le 9 octobre 2011, la France fêtera les 30 ans de la promulgation de la loi abolissant la peine de mort. Pour célébrer cet événement, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) se mobilise en faisant des temps forts de l’année 1981 ceux de l’année 2011 au travers de nombreuses actions d’information et de sensibilisation du public à l’abolition universelle.

Tout reste à faire

TROY DAVIS,peine de mort, georgie

Le 22 septembre 2008 déjà, il avait transmis la lettre qui suit par l’intermédiaire de sa sœur, Martina Correia :


Prison de Jackson, Etat de Géorgie, Etats-Unis

A vous tous,

Je tiens à vous remercier pour tous vos efforts et votre dévouement en faveur des droits Humains et de la bonté humaine. Au cours de l’année passée, j’ai éprouvé une telle émotion, une telle joie, une telle tristesse et une foi infinie.
C’est grâce à vous tous qu’aujourd’hui je suis en vie. Quand je regarde ma sœur Martina, je suis émerveillé par l’amour qu’elle a pour moi ; bien sûr je m’inquiète pour elle, pour sa santé, mais comme elle me le dit, elle est l’aînée et elle n’abandonnera pas ce combat mené pour me sauver la vie et prouver au monde que je suis innocent de ce terrible crime.

Quand je regarde mon courrier qui vient du monde entier - d’endroits dont je ne pensais pas entendre parler et de personnes dont je pouvais tout juste espérer découvrir un jour par moi-même la langue, la culture ou la religion - je ressens une grande humilité devant l'émotion qui remplit mon cœur d’une joie débordante, irrésistible.

Je ne peux même pas expliquer l’intensité de l’émotion qui monte en moi quand j'essaie d'exprimer la force que vous me donnez, qui se mêle à ma foi et me montre une fois encore qu'il ne s'agit pas d'une affaire de peine de mort, qu’il ne s'agit pas du cas de Troy Davis, mais qu’il s’agit de la justice et de l’esprit humain à l’œuvre pour voir triompher la justice.

Je ne peux pas répondre à toutes vos lettres mais je les lis toutes, je ne vous vois pas mais je peux imaginer vos visages, je ne peux pas vous entendre mais vos lettres m'emportent vers des horizons lointains, je ne peux pas vous toucher mais chaque jour qui passe je peux ressentir votre générosité.
Alors merci.

Rappelez-vous que là où je me trouve, l'exécution peut seulement nous détruire physiquement mais grâce à ma foi, à ma famille et à vous tous, sur le plan spirituel, je suis libre depuis un certain temps et quoi qu’il arrive dans les jours et les semaines à venir, ce mouvement qui vise à mettre un terme à la peine de mort pour obtenir une véritable justice et dénoncer un système qui ne protège pas les innocents doit s’accélérer. Il y a tant d’autres Troy Davis.

Ce combat pour mettre fin à la peine de mort n'est pas gagné ou perdu à travers moi, il l’est à travers la force qui nous permet d’avancer et de sauver chaque personne innocente emprisonnée partout dans le monde. Nous devons démanteler ce système injuste ville après ville, Etat par Etat, pays par pays.

J’attends avec impatience de pouvoir lutter à vos côtés, que ce soit en personne ou par l’esprit, un jour j’annoncerai :

« JE SUIS TROY DAVIS et JE SUIS LIBRE. »

N’arrêtez jamais de lutter pour la justice et nous vaincrons !

Troy Davis

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19/09/2011

Urgence pour la Palestine

Pendant que les commentateurs politiques cherchent encore à savoir si l’ex directeur du FMI a bien joué son rôle de victime es-gente féminine et/ou d’expert en rafistolage des dettes souveraines, l’Histoire pourrait enfin avancer de façon positive pour la Palestine dès cette semaine à l’ONU.

Quelques élus dits «de gauche» s’interposent encore à cet espoir de voir, dès cette semaine, la Palestine intégrer le cortège des Etats du monde. Ce faisant, ils s’affichent comme les alliés objectifs de l’actuel gouvernement israélien et de ses lobbies. Leur nom n’est pas un secret ni même, pour certains, une surprise :

Jean-Pierre Plancade ; Jean-Michel Baylet ; Jean-Marie Le Guen ; Serge Blisko ; Madec Roger ; Yves Dauges ; George Paul-Langevin ; Nicole Bricq ; Jean-claude Frécon ; Simon Sutour ; Gilbert Barbier ; Serge Lagauche ; Armand Jung ; Hoffman-Rispal Danièle ; Marie-Françoise Pérol-Dumont ; Jean-Jacques Urvoas ; Christiane Demontès ; David Habib ; Patrick Bloche ; André Vallini ; François Pupponi.
Leur lettre ouverte à eux est ici. Chacun appréciera !!!

Palestine,ONU, LDH

La lettre ouverte qui suit n'est donc pas la leur. Elle émane de la Ligue des Droits de l'Homme :

à

Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Paris, le 12 septembre 2011

Monsieur le Président,

Plus de soixante ans après l’adoption d’un plan de partage de la Palestine, si l’Etat d’Israël a été effectivement créé, l’Etat palestinien n’existe toujours pas. Les différentes résolutions des Nations unies sont restées lettres mortes et le peuple palestinien, en Cisjordanie comme à Gaza, continue à supporter occupation et blocus. La colonisation israélienne ne s’est jamais arrêtée, même pendant la période où les accords d’Oslo ont été appliqués. Aujourd’hui, contre toute légalité internationale, le Golan est passé sous souveraineté israélienne, des pans entiers de la Cisjordanie sont de fait annexés et les quartiers palestiniens de Jérusalem sont rongés par une colonisation rampante parce qu’Israël a fait de cette ville sa capitale exclusive, là aussi au mépris du droit.

Dans quelques jours, l’Assemblée générale des Nations unies sera saisie d’une demande de reconnaissance de la Palestine en tant que membre de l’ONU. Cette reconnaissance ne permettra pas à elle seule de résoudre le conflit actuel ni de faire cesser l’occupation israélienne. En même temps, elle permettra de réaffirmer ce qui tend à être oublié : le droit des Palestiniens à un Etat souverain dans des frontières aussi sûres et reconnues que celles de l’Etat d’Israël.

Cette reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat, membre de la communauté internationale, permettra surtout de restituer aux négociations leur point de départ : les frontières de 1967, et non la politique d’annexion de fait suivi depuis plus de soixante ans par les différents gouvernements israéliens.

S’insérant dans l’immense revendication démocratique qui se lève partout dans la région, la reconnaissance d’un Etat palestinien fera des représentants du peuple palestinien des acteurs de plein droit de la communauté internationale, avec les mêmes droits mais aussi avec les mêmes responsabilités et ouvre de nouvelles possibilités en faveur de la paix.

Nous appelons le gouvernement français, l’Union européenne et ses Etats membres à soutenir de leur vote la reconnaissance par les Nations unies de l’Etat de Palestine. Nous vous informons que cette lettre sera rendue publique.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.

Le Pdt de la Ligue des Droits de l’Homme
Pierre Tartakowsky

 

Pour celles et ceux qui en ont la possibilité, un rassemblement est prévu

le 21 septembre à 18h00 à Paris (métro Opéra)

Journée de mobilisation internationale pour la reconnaissance de l’État palestinien.

La Palestine doit devenir membre de l’ONU.

12/09/2011

11 septembre : réalité d’un paradoxe

Le point de vue d’Eva Joly sur l’après 11 septembre fait état d’un paradoxe bien réel. 

Paradoxe dans le fait que les démocraties, traumatisées à cette date et qui avaient brandi jusque là l’étendard de la Liberté, ont sacrifié et continuent de sacrifier une part de cette Liberté au besoin de se protéger contre l’insécurité terroriste. Ce qui est en soi concevable.

Sauf que ces démocraties ont en fait « sauté sur l’occasion du 11 septembre » pour se justifier de l’injustifiable qui pouvait leur être imputé. Et rien n’a vraiment changé.

Par exemple : le très actuel positionnement des nations dominantes dans la volonté de se faire prier pour reconnaître l’existence d’un Etat palestinien ou leurs efforts constants à investir dans une industrie officiellement consacrée à l’anti-terrorisme au dépend de besoins essentiellement alimentaires, sanitaires, éducatifs, ou encore cette volonté de ne remettre en cause ni l’état d’esprit ni les institutions imaginées pour défendre un libéralisme inique et sans âme.

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N’aurait-on pas oublié que « La condamnation morale, l'union sacrée contre le terrorisme sont à la mesure de la jubilation prodigieuse de voir détruire cette superpuissance mondiale, mieux, de la voir en quelque sorte se détruire elle-même, se suicider en beauté. Car c'est elle qui, de par son insupportable puissance, a fomenté toute cette violence infuse de par le monde, et donc cette imagination terroriste (sans le savoir) qui nous habite tous. » (…) « Quand la situation est ainsi monopolisée par la puissance mondiale, quand on a affaire à cette formidable condensation de toutes les fonctions par la machinerie technocratique et la pensée unique, quelle autre voie y a-t-il qu'un transfert terroriste de situation ? » (Extraits d’un article rédigé le 2 novembre 2001 par Jean Baudrillard jugé iconoclaste à l’époque)

Le sentiment d’injustice dans lequel continue d’être tenus un nombre croissant de pays, comme ceux du Maghreb et du Machreb par exemple, est pour l’instant une préoccupation de second plan tant il est urgent pour les peuples qui les habitent de se débarrasser des régimes dictatoriaux obscurantistes et sanguinaires. Mais ce sentiment d’injustice risque de réapparaître assez rapidement, d’autant plus rapidement que « l’effondrement des tours a correspondu aussi dans l’imaginaire et la mémoire collective à l’effondrement d’un système et d’un mode de vie occidental » imposé à la planète entière. Apparemment, il n’en a pas été tenu compte puisque l’actuel anéantissement du système économique mondialisé, bénéficiant d’emplâtres successifs, est artificiellement retardé.

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quel autre 11 septembre ? Autrement dit : « Si Ben Laden comme Bush n’ont pas gagné, ils n’ont pas perdu la partie. » 

D’où la justesse du constat d’Eva Joly lorsqu’elle écrit : « dix ans après le 11 septembre (…), nous nous trouvons (ndlr : toujours) devant le choix d’une société globale de surveillance fondée sur la peur et la stigmatisation, ou celui d’une transition économique, énergétique, démocratique fondée sur les principes de coopération et de sécurité humaine. J’ai pour ma part choisi la voix de ce changement juste, celui tracé par l’écologie politique. »

04/09/2011

Des nanos dans la tête

Les fichiers d'Hortefeux et Guéant vont bientôt être supprimés. Ce pourrait être une bonne nouvelle, sauf qu'on est en passe d'y substituer des puces bien plus efficaces. Et le nanomonde, c'est pour maintenant :

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En septembre 2011, à une date inconnue pour prévenir toute manifestation hostile, le techno-gratin grenoblois, député-maire, patron du CEA-Minatec, neurotechnologues, neuro-industriels, va inaugurer le bâtiment du laboratoire Clinatec, issu d’une entreprise commune au CEA-Minatec et au CHU de Grenoble.

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Le but revendiqué, officiel, de Clinatec, est de « nous mettre des nanos dans la tête ». En clair, des implants cérébraux. Pour être encore plus clair, le programme Clinatec travaille depuis 2006 dans une quasi clandestinité à l’interface cerveau-machine, à l’intrusion du pouvoir médical et politique dans notre for intérieur (espionnage, détection des intentions, décryptage des sentiments, reconnaissance de la « pensée »). L’interface primate-machine et, déjà, homme-machine, ouvre la porte, elle, au pilotage des rats, des macaques, des hommes – bref, à la production de robots humains, de « cyborgs » si vous voulez, « d’organismes cybernétiques ». Faut-il souligner les avantages de cette nouvelle catégorie de population pour les entreprises, les gouvernements, les armées ? Demandez donc à la direction d’Orange qui doit faire face à une vague de suicides parmi ses employés humains, d’un modèle périmé.

Naturellement, Clinatec n’est pas le seul laboratoire de neurotechnologies dans le monde à œuvrer à la société de contrainte. Naturellement, les neurotechnologies ne sont pas les seules à œuvrer à la société de contrainte. Elles complètent par un pilotage fin, individualisé, le pilotage de masse effectué par le système informatique et les puces RFID (voir IBM et la société de contrainte).

Nous voudrions toutefois souligner deux curiosités à propos de Clinatec. La réunion initiale du projet eut lieu le 2 juin 2006, dans les locaux du CEA, le lendemain de la manifestation contre l’inauguration de Minatec. Réunion secrète, avec Jean Therme, le patron du CEA-Minatec, Alim-Louis Benabid, le maniaque des électrodes cérébrales, et deux administrateurs du CEA. On voit que le millier de manifestants qui bravèrent gaz et charges policières à cette occasion, ont eu raison de se déplacer et avaient saisi l’enjeu historique de cette protestation.

L’autre curiosité, c’est la filiation scientifique d’Alim-Louis Benabid, qui se présente toujours comme un bienfaiteur de l’humanité avide de soulager les souffrances des malades de Parkinson et des paralysés à l’aide de ses implants. Nous révélons ici qu’il n’est en réalité qu’un épigone de José Delgado, l’apôtre de la « société psychocivilisée », le premier neurotechnologue à avoir piloté des rats, des singes, un taureau, des humains à l’aide d’implants cérébraux, et à avoir exposé au gouvernement américain tous les bénéfices politiques et sociaux à retirer de son « innovation ».

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Pour être complet

03/09/2011

Solder les comptes du capitalisme

Les grandes déclarations consistant à moraliser le capitalisme ont très vraisemblablement fait leur temps. Le socialisme dans lequel beaucoup d’espoirs ont été placés, et qui, faute de mieux, continue par défaut d’être la seule hypothèse acceptable, risque de tourner court, définitivement, si la notion de bien public continue d’être dévoyée au profit de combines et stratégies à court terme, partisanes et cupides. Le temps est-il venu de penser plus radicalement ? L’histoire le dira et j’espère seulement qu’elle s’abstiendra d’être trop sinistre.

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En attendant, il faut tenir tout en essayant de concevoir un « après » au capitalisme finissant. Toute nouvelle évaluation se devra d’être globale, «intégrant des données économiques, sociales, culturelles et, ce qui est nouveau, environnementales. (…) Elle se devra évidemment d’inclure «le principe de l’élargissement le plus achevé de la démocratie (…)». A lire absolument : "Le Capitalisme à l'agonie" de Paul Jorion.

Pour l’heure, il faut donc survivre à un système autant qu’à ce qu’il implique au plan des pratiques sociales, certaines étant plus détestables ou évitables que d’autres, (autre façon d’introduire la notion de désobéissance civique), et posant la nécessité d’un distinguo à établir entre corruption-pouvoir-richesse, et transgression-dépendance-pauvreté.
Sur ce dernier point, on peut trouver un élément de réponse dans la note intitulée «La transgression, modèle économique alternatif pour les pays pauvres»

Mais de toute évidence, solder les comptes du capitalisme, reviendra nécessairement à remettre en cause un système autant qu’un état d’esprit et une manière de penser : une aventure humaine de longue haleine qui dépasse très largement les promesses électorales trotte-menu.

13/08/2011

Il y a 50 ans, le mur de Berlin

Entre 1949 et 1961, près de 2,7 millions de citoyens avaient quitté la RDA et Berlin-Est. Cet exode, composé pour la moitié de jeunes de moins de 25 ans, amplifiait les problèmes du pays pour le SED (ndlr : parti socialiste unifié). Tous les jours, plus d'un demi-million de personnes passaient la frontière entre les secteurs d'occupation de Berlin et comparaient ainsi les conditions de vie. En 1960 seulement, environ 200.000 citoyens de RDA s'étaient installés définitivement en RFA ou à Berlin-Ouest. La RDA se trouvait au bord de la faillite économique.


Le 15 juin 1961, le président du conseil d'état de RDA, Walter Ulbricht, avait déclaré: "personnes n'a l'intention de construire un mur". Et pourtant, le 12 août 1961, le conseil des ministres de RDA annonça: «un dispositif de contrôle aux frontières de la RDA avec l'Allemagne de l'Ouest et les secteurs d'occupation occidentaux à Berlin, tel qu'il est pratiqué par tous les états souverains, sera mis en place, afin de mettre un terme aux activités hostiles du pouvoir militaire rancunier de l'Allemagne de l'Ouest et de Berlin-Ouest». Nulle mention ne fut faite dans cette déclaration du conseil des ministres quant au fait que les citoyens de RDA n'aurait plus le droit de quitter les frontières de leur pays.

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Au petit matin du 13 août 1961 des barrages provisoires furent mis en place autour du secteur d'occupation soviétique et les routes d'accès coupées. Des détachements de la police militaire, de la police des transports et des milices ouvrières stoppèrent le trafic à la frontière avec les secteurs occidentaux de la ville. Ce n'est sûrement pas sans arrière-pensée que le SED avait choisi un dimanche pendant les congés d'été pour exécuter son opération.

Au cours des jours et semaines qui suivirent, les barrages barbelés provisoires déployés à la frontière avec Berlin-Ouest furent remplacés par un mur en dalles béton renforcé de briques creuses, monté par des ouvriers sous étroite surveillance des gardes-frontières de RDA. Les bâtiments limitrophes, tels que les immeubles de la Bernauer Straße, où le trottoir se situait dans l'arrondissement de Wedding (donc à Berlin-Ouest), et les rangées sud d'immeubles dans l'arrondissement Mitte (donc à Berlin-Est), furent tout simplement intégrés dans le dispositif de séparation entre les deux moitiés de la ville. Avec une opération coup de poing, les autorités de RDA firent murer les entrées d'immeubles et les fenêtres des rez-de-chaussée. Les habitants concernés ne pouvaient accéder à leurs logement que par les cours intérieures qui se trouvaient en territoire de RDA. C'est ainsi que de nombreux logement furent évacués de force dès 1961, non seulement dans la Bernauer Straße, mais aussi dans d'autres quartiers frontaliers.

Avec la construction du mur, certaines places ou quartiers entiers furent divisés abruptement d'un jour à l'autre, et le réseau suburbain de transports publics fut en partie neutralisé. Le soir du 13 août, le maire de Berlin déclara dans une allocution publique, devant le chambre des députés: «(...) Sous les yeux du monde entier, le sénat de Berlin condamne les mesures inhumaines et illégales adoptées par ceux qui veulent séparer l'Allemagne, opprimer Berlin-Est et menacer Berlin-Ouest (...).»

Le 25 octobre 1961 fut le jour de la confrontation des chars d'assaut américains et soviétiques devant le poste-frontière pour ressortissants étrangers de Friedrichstraße (Checkpoint Charlie): les gardes-frontières de RDA avaient exigé de contrôler des représentants des forces alliées occidentales, qui s'apprêtaient à rentrer dans la zone d'occupation soviétique. Pour les américains, cette consigne était attentatoire au principe de libre circulation des forces alliées dans la ville occupée. 16 heures durant, les deux puissances nucléaires restèrent ainsi figées, face à face, avec des blindés séparés de quelques mètres seulement. Le monde entier redouta la guerre. Mais un jour plus tard, les forces en présence se retirèrent. Grâce à l'intervention diplomatique du président américain Kennedy, le chef d'état et du parti soviétique Chruschtschow avait fini par reconnaître officiellement le statut d'occupation quadripartite de Berlin.

Par la suite, le dispositif de séparation fut étoffé et les contrôles aux frontières perfectionnés. A l'intérieur de Berlin, le mur qui séparait la partie Est de la partie Ouest, s'étendait sur 43,1 kilomètres. La portion extra-urbaine de séparation entre Berlin-Ouest et la RDA mesurait 111,9 kilomètres. Entre 1961 et 1989, plus de 100.000 personnes ont essayé de fuir la RDA en franchissant la frontière entre les deux Allemagnes ou le mur de Berlin. Plus de 600 fugitifs ont été abattus par les gardes-frontières de RDA, ou ont trouvé la mort autrement. On dénombre au moins 136 morts autour du seul mur de Berlin au cours de cette période. Source

11/08/2011

La dette ailleurs

Douze millions de personnes dans le monde meurent de faim pendant que les agences de notation suscitent ou organisent le reflux des spéculateurs (gentiment appelés «investisseurs» par les médias) vers les places boursières qui consacrent l’essentiel de leurs activités sur les matières premières agricoles. En 2008 – 2009 déjà, ces « investisseurs » y avaient «trouvé refuge». Dans les pays occidentaux, peu de monde s’en était indigné.

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«Légalement, avec les instruments spéculatifs ordinaires, ils (ndlr : toujours les mêmes) réalisent des profits astronomiques sur les aliments de base. Actuellement, la tonne de blé meunier est à 270 euros. Il y a un an, elle était de moitié. La tonne de riz a plus que doublé en un an et le maïs a augmenté de 63%. Les pays pauvres ne peuvent donc même plus acheter les aliments à même de constituer des réserves. Ils sont impuissants lorsque la catastrophe arrive.»

Autre cause de cette catastrophe humanitaire liée à la faim, et qui n’est malheureusement pas nouvelle : « le surendettement de ces pays. Le service (intérêt et amortissement) de la dette étrangère est tellement élevé qu’il absorbe pratiquement tous les revenus des États et les rend incapables d’investir dans les infrastructures notamment agricoles. Un exemple : seulement 3,8% des terres arables éthiopiennes sont irriguées alors qu’en Europe, elles le sont à 60%. L’Éthiopie n’a pas l’argent nécessaire pour puiser l’eau. Aujourd’hui, la nappe phréatique se trouve à 60, 70 mètres sous terre en raison de la sécheresse et, de ce fait, rend inopérantes les méthodes traditionnelles pour lever l’eau. » Jean Ziegler le 03/08/11. 

Contre la dictature financière des marchés agités par les spéculateurs, la révolte est donc nécessaire. D’autant plus nécessaire que le discours du petit homme blanc du Cap Nègre prononcé à Toulon en 2008 s’est avéré particulièrement abjecte par son cynisme.

Comment ne pas se souvenir notamment de ce passage à corréler avec ses actes : «(…) L’idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle. (…) Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité. (…)»

Il est très probable que les partis d’opposition traditionnels soient dans l’incapacité de mettre fin à cette mascarade qui a pris une ampleur difficile à évaluer. Ce qui est certain, c’est que pour l’instant, ils ont la dette ailleurs avec toutes les conséquences que cela pourra entraîner. A moins qu'ils choisissent de rentrer dans l'histoire pour d'autres raisons que des enjeux purement partisans. Mais il se fait tard !

10/08/2011

Auto décomposition

Qui parle encore du  Glass Steagal Act, mis en place par Roosevelt en 1933, qui instaurait une séparation des banques de dépôts et des banques d'investissement ? De fait, seules les banques de dépôts étaient garanties par les états, assurant les dépôts des particuliers. Les risques pris par les banques d'investissement étaient supportés par les actionnaires. 

Cette loi a été abolie par Clinton en 1999 sous la pression des lobbies bancaires américains. La suite a été extrêmement rapide : les banques d'investissement sont devenues aussi des banques de dépôts et ont pu prendre des risques insensés, assurées que les états ne les laisseraient pas faire faillite à cause des déposants particuliers. On a pu le vérifier en 2009, soit 10 ans après l'abolition du Glass Steagal Act. Et le lobbie bancaire est toujours très puissant et influant puisque peu de politiques en parle. Sont-ils complices ou incompétents, ou les deux ?

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De toute façon, effet domino, contagion, mimétisme, inconscience…, tous les «émeutiers» de Londres, Athènes ou Mogadiscio n’ont pas les mêmes motivations ni les mêmes méthodes, mais tous participent de l’auto décomposition du système dans lequel nous sommes nés.

Les droits économiques, culturels et sociaux n’ont pas fini d’en faire les frais. Sont-ils dissociables de ce système ?...

27/07/2011

Loyal Hollande attitude

Dans la série des « EVITER », l’été risque de devenir sportif au PS puisque le challenge consiste visiblement à :

  • Éviter rumeurs et boules puantes
  • Éviter de dire et d’écrire trop de conneries comme « Une religion pour la République » (Peillon) ou « Si j’étais président » (Bianco) 
  • Éviter de se rencontrer en Avignon et ailleurs (et que ça se sache)
  • Éviter de vexer les strausskhaniennes et les strausskhaniens blessés dans leur espoir, tenu secret, leur honneur et dignité
  • Éviter de se mouiller sur des sujets mal maîtrisés (multiculturalisme, immigration, cumul des mandats, conflits d’intérêts…)
  • Éviter les confrontations d’idées (surtout les bonnes qui ne seraient pas labellisées « Solférino » comme celles concernant la dé-mondialisation ou la sortie du nucléaire)
  • Éviter la presse à scandale
  • Éviter de bronzer sans en rougir ailleurs qu’à Marrakech
  • Éviter de faire semblant de se fâcher ou de le faire vraiment
  • Éviter de donner son opinion pour rien mais, au besoin, la vendre au plus offrant, etc, etc….

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Sans oublier l’inévitable :

Éviter que le PS disparaisse pour s’être vraiment intéressé à ce qui aurait éventuellement pu le regarder : l’intérêt général ici en Europe et ailleurs.

Et que dire de François Hollande qui n'a pas évité de déclarer, sans doute par inadvertance : « Nous (ndlr. les membres du PS à l’exception d’E. Besson et de quelques autres) ne sommes pas au gouvernement depuis dix ans, et cela fait vingt-trois ans qu'un socialiste (ndlr. avec sa carte et tout) n'a pas été élu à l'Elysée »? Pourquoi ? Oui, pourquoi ?

Enfin, sachant que parmi les lames du tarot la Lune symbolise l'imagination dont l'initié a besoin pour s'avancer vers un pays inconnu, celui de la perfection, dont il ignore encore l'étendue et la nature exacte, avec un peu d’imagination, justement, pourra-t-on éviter le pire ?

25/07/2011

La voix foudre et tonnerre

Une voix à écouter avec le cœur au ventre, en plein vent pour mieux résister au blues ambiant et à la peur de ne pouvoir échapper à la médiocrité. La voix humaine et puissante de Jacky Micaelli.

 

Ces voix sont de l’être, à la centaine
Qui m'égratignent le cœur et l'esprit
De toutes je me rapproche
De toutes je me sens proche.
Que mon chant éclate
Et claque comme la grand-voile
Qu'il accoste sur ces rivages audacieux
Où l'amour se lève comme le jour.

Celle-ci est trompe marine
De par ces calanques où la roche résonne
L'énorme voix de l'orient
Y sculpte foudre et tonnerre

Cette autre dévale de ces hauts lieux
Où se lamente l'épaisse brume
Chez ceux qui en sont les auteurs
Même les rires semblent des plaintes

Celle-là est voix de ce peuple
A la peau maure
Qui, les yeux brillants comme des étoiles
Se moquent bien du temps qui passe.

Pour en savoir davantage

21/07/2011

La lettre qui n'est pas arrivée rue de Solférino

New York, le 19 mai 2011

Chère Martine, chers camarades,

Compte tenu des circonstances judiciaires qui me sont faites, c’est avec une infinie contrariété que je me crois obligé de renoncer à présenter ma candidature à l’élection présidentielle de 2012 à travers la primaire du Parti socialiste.

Je pense d’abord en ce moment à ma femme – que j’aime plus que tout – à mes enfants, à ma famille, à mes amies.

Je pense aussi à mes collaboratrices et collaborateurs parisiens les plus proches avec lesquels j’ai correspondu pendant toutes ces années passées au FMI avec l’espoir et l’ambition de pouvoir dès 2012 donner une chance à notre parti.

A vous tous, cher(e)s camarades, je veux dire que je réfute d'avance tout ce qui m’est et me sera reproché, mais qu’il serait vain désormais d’imaginer que je puisse participer à cette l’élection.

Voulant préserver le Parti Socialiste que j’ai voulu servir avec honneur et dévouement, je souhaite que vous ne perdiez pas votre temps en conjectures sur mon avenir personnel et surtout, surtout, que vous sachiez consacrer toutes vos forces et toute votre énergie à faire la démonstration de votre capacité à convaincre.

DSK renonce, lettre de renoncement, PS
Dominique Strauss-Kahn

 

Cette lettre qui n’a jamais existé, et c'est dommage, est révélatrice du profond mépris dans lequel a été tenu et continu d’être tenu le PS et ses militants par l'homme du Sofitel. Par voie de conséquence leur dévotion et leur grande naïveté pourrait très vite leur être préjudiciable.

Si bien qu’Edwy Plenel, en guise d'amical avertissement, a eu raison d’écrire dans Médiapart :

 « (…) Comme le capitaine Haddock avec ce sparadrap dont il n'arrive pas à se débarrasser, les dirigeants socialistes continuent de vivre avec l'affaire Strauss-Kahn faute d'avoir su la clore.

Comment expliquer, par exemple, que l'intéressé, légitimement occupé à se défendre d'accusations graves, ait trouvé le temps d'écrire à ses amis du FMI, pour leur rendre leur liberté, et n'ait toujours pas réussi à s'adresser à ses camarades socialistes, pour les libérer eux aussi de l'embarras qu'il leur cause ?

En finir avec l'affaire Strauss-Kahn, son poison dépolitisant et son climat délétère, de rumeurs et de spéculations, aurait supposé une direction socialiste plus à même de faire prévaloir l'intérêt général de la gauche sur des intérêts particuliers, tissés d'alliances circonstancielles et de fidélités personnelles.

Pis, en soutenant la candidature de Christine Lagarde au FMI, notamment par la voix de Martine Aubry, le PS a réussi ce tour de force de ruiner les maigres plaidoyers en défense de « DSK vrai homme de gauche » dans ses fonctions de grand argentier du capitalisme mondial. Ainsi donc la ministre de l'économie qui incarnait en France une politique antisociale, au bénéfice des plus riches et au détriment du plus grand nombre, serait donc, pour les socialistes, la mieux à même de succéder à l'un des leurs à la tête du FMI ! Sans compter qu'en faisant cet aveu d'une classe politique interchangeable, le PS se contredisait lui-même, ignorant les procédures engagées par certains des siens contre Christine Lagarde dans l'immensément scandaleuse affaire Tapie. (…) »

Tellement raison que la lettre qui aurait pu tout changer, était très facile à rédiger par l'ex du FMI. On se prend même à imaginer qu’un faux aurait éventuellement pu mettre un terme à ce triste feuilleton.

15/07/2011

Pour un défilé citoyen du 4 août

Eva Joly s’est donc attaqué au narcissisme franco-français. Elle a parlé de son envie de voir un défilé citoyen prendre peu à peu la place d’une parade de chars et d’hommes en armes convoqués sur les champs enlisés (Canard Enchaîné) pour rendre hommage à une Nation qui devrait se sentir plus menacée par les armées étrangères que par les marchés financiers et autres agences de notation.

eva joly,14 juillet,4 août

Soit. Laissons tomber le 14 juillet, ses bals et ses feux d’artifice dédiés aux familles de militaires endeuillées et faisons en sorte que le 4 août soit la fête de tous les citoyens souhaitant abolir les privilèges à commencer par celui qui consiste à payer ses impôts à l'étranger sous couvert "d'optimisation fiscale". Chiche ?

Le chef d’escadrille, premier fusible de France, en a profité pour mettre en doute la connaissance  que pouvait avoir Eva Joly des traditions hexagonales et pour pointer sa bi-nationalité. Il en aura sans doute oublié que l’antimilitarisme est une vieille histoire, une très ancienne tradition et que Georges Brassens, très apprécié de feu le général Bigeard, en avait fait, lui aussi, une chanson intitulée « Les deux oncles ».


Brassens - les deux oncles par cheshirecatfr

14/07/2011

Words... Words... Words...

Léo Férré porté disparu, seulement disparu, le 14 juillet 1993.

Il disait : "L'anarchie, c'est la révolte permanente contre soi-même et contre l'extérieur. Il y a en fait très peu d'anarchistes. L'anarchie, ce n'est pas le révolver, mais une rébellion intérieure, que l'on exprime par le regard et par la parole. L'anarchie, c'est l'extrême solitude." (source)


Une chanson dédiée aux étrangers sur un texte de Baudelaire.

Un autoportrait, un miroir, un excès de lucidité ?

Avant d’être une solution collective, l'anarchie commence par la remise en question de soi-même. Ce que, la plupart de ceux qui prétendent nous gouverner, au prétexte le plus souvent fallacieux de défendre l'intérêt général, sont incapables d'envisager. J’aimerais bien être cet anarchiste dont parle Baudelaire dans cette chanson « L’Etranger » interprétée par Léo Férré. Mais, de même que les nuages ne maîtrisent pas les vents qui les poussent, « la remise en question de soi-même », n'est pas un exercice si facile et dans ces conditions, la démocratie ne peut être qu'un choix "par défaut" ou pire, un choix partisan très éloigné de la Liberté.

« Ils ont voté ils voteront comme on prend un barbiturique
Et ils ont mis la République au fond d'un vase à reposer
Les experts ont analysé ce qu'il y avait au fond du vase
Il n'y avait rien qu'un peu de vase. »
Léo Férré, La Violence et l'ennui (1980), Words... Words... Words...

13/07/2011

La rumeur comme tentative d'enfermement

Méthodologie :
On s’en souvient, Marine Le Pen, lors d’une émission qui lui était consacrée, avait utilisé l’argument « Boniface » pour tenter d’empêcher C. Fourest de s’exprimer.

Cet argument de pure mauvaise foi tournait autour de l’islamophobie fantasmée de la chroniqueuse.
Aujourd’hui ON, la rumeur, tente de déstabiliser Martine Aubry en utilisant un élément de démonstration puisé dans un essai intitulé « La Tentation Obscurantiste » écrit par…. Caroline Fourest.

La ficelle est assez grosse et il faudra sans doute attendre quelques jours pour savoir si la manip’ a fonctionné. On ne pourra évidemment pas compter sur Pascal Boniface pour faire taire les rumeurs puisqu’il semble vouloir les alimenter ou ne pas les démentir, ce qui le grandirait pourtant.

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Sur le fond :
Les islamistes ne sont pas coupables d’islamisme, mais ils représentent un danger pour les pays en mal de laïcité ou pour les personnes, hommes, femmes ou enfants, souvent menacés dans leur intégrité intellectuelle et physique pour des raisons pseudo-religieuses. Un des derniers exemples en date est celui de la réalisatrice Nadia El-Fani auteure d’un film intitulé « Ni Allah, ni maître » et rebaptisé polémique aidant, « Laïcité, Inch’Allah ».

Ce qui n’empêche pas qu’en droit ces mêmes islamistes, s’ils enfreignent le Code Civil ou Pénal, doivent nécessairement être défendus, et que le fait de les défendre ne présume en rien de l’engagement philosophique ou religieux de celle ou celui qui les représente devant un tribunal. En clair, la morale, la spiritualité, les convictions et le droit sont des domaines distincts et l’avocat Jean-Louis Brochen, compagnon de Martine Aubry est évidemment fondé à déclarer :
« De même que l'avocat d'un criminel n'est pas lui-même un criminel, j'ai défendu (des) jeunes filles (voilées) alors que je n'étais pas favorable au voile. Je suis contre le voile et encore plus clairement contre la burqa, mais c'est l'honneur d'un avocat que de faire en sorte qu'un individu ait toujours quelqu'un pour le défendre. »
Etre « l’avocat des islamistes » n’est donc pas une calomnie, mais un constat tout au plus hâtif s’il ne prend pas en compte les caractéristiques sociales de toute la clientèle de l’avocat visé.
Dans la même logique qui pourrait reprocher à Me Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH, d’être un Strauss-khanien inconditionnel au prétexte qu’il a été chargé de réduire à rien les arguments de Tristane Banon et ce, malgré les avertissements de la Cour Européenne des Droits de l’Homme !

Dans « La Tentation Obscurantiste », Caroline Fourest qui ne se situe pas sur le terrain du droit mais sur celui de l’analyse sociale, passe son temps à prévenir la gauche, quitte à la défriser un peu, que toute complaisance politique et non critique envers les islamistes peut être fatale aux valeurs qu’elle prétend défendre. Elle s’en explique ouvertement :

« De la conférence de Durban au Forum social de Londres en passant par la pétition des “Indigènes de la République” et le débat sur les signes religieux à l'école publique, la gauche semble avoir perdu tous ses repères. Pas toute la gauche. Une partie seulement. Celle que l'on surnomme “islamo-gauchiste”, alors qu'il vaudrait peut-être mieux parler de gauche obscurantiste, pro-islamiste. Une autre gauche, anti-intégriste et anti-totalitaire, la regarde dériver, muette et paralysée d'incompréhension. Les militants de cette gauche-là ne comprennent pas pourquoi ils se font traiter d'“islamophobes” ou de “racistes”, voire de vendus à la pensée “bushienne et sharonienne” chaque fois qu'ils osent dénoncer la nature intégriste et réactionnaire de l'intégrisme, fût-il musulman, au nom de la laïcité, du féminisme ou de l'universalisme. Ou lorsqu'ils se battent pour que l'antisionisme ne serve pas à justifier l'antisémitisme. [...] La Tentation obscurantiste, c'est aussi l'histoire de ce consensus étonnant, allant de la gauche altermondialiste à la droite mondialiste, qui pourrait bien servir de voie royale, sans barrage ni obstacle, au nouveau totalitarisme. »

Sur le sens du mot « rumeur » enfin. Soit il s’agit d’un bruit informel sans source déterminée et dans ce cas ce n’est pas C. Fourest qui a colporté une « rumeur » puisqu’elle a signé et assumé la maternité de « La Tentation… » avec les exemples qui viennent y corroborer sa démonstration. Soit la « rumeur » est un phénomène de transmission d'un élément de réalité à prétention plus ou moins diffamatoire, et là encore C. Fourest n’est pas responsable de la caricature de son propos ni des bruits qui circulent sur Martine Aubry qui se veulent, eux, désobligeants pour la candidate aux primaires socialistes.

Conclusion :
A moins qu’ils ne veuillent ouvrir un boulevard à la droite et à l'extrême-droite, les candidats PS à la présidentielle devraient tenter une sortie et ne pas rester trop longtemps enfermés dans une stratégie d’évitement sur ce sujet, l’intégrisme religieux, comme sur d’autres. Même en période estivale, les débats sont faits pour s'évader, et les rumeurs qui y font obstruction ressemblent au contraire à une tentative d'enfermement. 

11/07/2011

Effectivité des droits des femmes : discours et réalité

La Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants reste très imparfaite. D’où le communiqué de la LDH, basé sur un exemple concret et qui souligne sur ce thème l’écart existant entre discours et réalité.

violences faites aux femmes
Une loi sans effet

« A Nantes, le 9 juin dernier, la dissolution de l’association féministe « D’une rive à l’autre » a dû être votée.
Depuis 1996, l’association « D’une rive à l’autre » assurait accompagnement et soins des personnes victimes de violences sexuelles, aidait les victimes à porter plainte, se reconstruire et se réinsérer.

L’association avait développé un projet pilote de formation des professionnels, de recherche et d’élaboration. La dernière assemblée générale a encore mis en évidence la richesse de l’activité de l’association et l’investissement de ses militantes et psychologues.

Ces dernières années déjà, les subventions avaient diminué. En 2010, année décrétée par le Premier ministre « année contre les violences faites aux femmes », l’Etat a cessé de financer l’association. Malgré la création d’un comité de soutien, les mobilisations diverses et les interpellations, l’Etat a confirmé son désengagement. Il n’y aura donc plus de lieu d’accueil et de suivi, pour les personnes agressées sexuellement et violées dans le département concerné. Ce sont toutes les femmes mais aussi l’ensemble de la société qui y perd.

Le viol est un fait social. Les violences sexuelles, formes ultimes d’un rapport de domination, sont intolérables et bafouent les droits humains. La Ligue des droits de l’Homme dénonce le désengagement de l’Etat dans le financement de cette association. Les violences faites aux femmes ne sont toujours pas reconnues comme un problème politique majeur, ce qui constitue, de fait, une discrimination dans la garantie de l’effectivité des droits.

La LDH s’insurge contre la politique d’abandon par l’Etat des associations de terrain, politique qui conduit au délitement de la vie associative, au recul des droits sociaux, en particulier de la santé publique. Les femmes, une fois de plus, en font ici les frais. »

Paris, Nantes, le 11 juillet 2011

Pétition

D’UNE RIVE A L’AUTRE
4 rue Vauban
44000 Nantes
Tel: 02 51 82 36 85
dral.nantes@sfr.fr

La cause féministe selon E. Badinter

Comment a-t-on réagi dans les deux pièces cuisine de la rue St Denis, autre façon de parler des chaumières, à l’assertion menaçante et professorale selon laquelle « On ne se sert pas d'une possible injustice pour faire avancer une cause ! » ?

E. Badinter, France Inter, féminisme, DSK

L’auteure, E. Badinter, philosophe et confidente d’Anne Saint Clair, a fait cette déclaration autoritaire sur France Inter le 6 juillet dernier, à propos de la façon, à ses yeux scandaleuse, dont s’étaient exprimé des groupes féministes au sujet d’un célèbre-coinceur-coincé-et-pour-cause.
Au-delà du fait divers qui continue heureusement de provoquer une remise en perspective du fonctionnement de la Justice et de la condition féminine, mais tétanise aussi redoutablement le personnel politique jusqu’à lui offrir une opportunité supplémentaire de s’enferrer dans des discours convenus et très peu « clivés », reste une autre série de questions qui devrait tarauder les philosophes :

  • Ne seraient-ce pas les injustices, avérées ou pas, qui fondent la réalité des causes à défendre et justifient que l’on devance la matérialité des faits ? A quelle législation E. Badinter fait-elle référence pour voler au secours de ses amis ? A une législation éthique ou à une législation juridique ?...

Au passage on notera que personne ne songerait à reprocher aux défenseurs de Dreyfus, ceux de la première heure, de ne pas avoir attendu la réhabilitation du capitaine pour « faire avancer » l’idée que l’antisémitisme était insupportable autant que son instrumentalisation.

Les philosophes - on avait déjà repéré Botul, Finki, Ferry… - menacent et gesticulent décidemment beaucoup ces temps-ci pour des « causes » souvent déconnectées de leur ressort philosophique. Dommage pour la métaphysique des mœurs qui mérite un peu plus de réalisme, de calme et d’objectivité.

Quant à « l'épouse de celui qui sous-présida à l’abolition de la peine de mort », et qui incarne à ce titre une caution morale à vie, peut-elle pour autant se permettre de dire n’importe quoi, tout en faisant mine de désigner à la vindicte populaire, au nom du féminisme, des rivales ahuries et de moins en moins crédules.

30/06/2011

Dette illégitime

Sous les yeux de Standard & Poor's, Moody's et quelques autres agences de notation qui conseillent les investisseurs et autres rentiers de la dette sur les risques boursiers, un documentaire produit par le public, « Debtocracy » cherche les causes de la crise de cette dette et propose des solutions. Ce qui se passe en Grèce est bien sûr très largement reproductible.

A moins d’abandonner ce qui lui reste de crédit et en regard de la crise grecque, la gauche française devrait se trouver dans une obligation de cohérence et d’honnêteté avec elle-même. Pour commencer il lui faut définir publiquement ses marges de manœuvre, comme une façon de faire preuve de courage avant de pouvoir peser avec une chance de succès sur une économie sociale et solidaire à échelle européenne et plus si affinités.

 

Tout le monde n’est pas du même avis et, sur le terrain,
on est apparemment loin du consensus et des discours démagogiques !

 

23/06/2011

La perpétuité au bénéfice du doute

Le bénéfice du doute et l’intime conviction sont très visiblement entrés en conflit lors du 3èm procès d’Yvan Colonna le 20 mai 2011. On ne saura même pas si le doute a pu être organisé, puisque les magistrats du siège ont négligé d’examiner les témoignages et indices qui auraient effectivement pu jouer en faveur du principal accusé ou, à l’inverse, l’enfoncer davantage. En l’occurrence, le juge s’est autorisé un préjugement sur la personne d’Yvan Colonna et s’est exposé à enfreindre l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme §3-4.

Il a en outre voulu ignorer qu’aucune personne, membre d'une autorité publique, n’est en droit de porter atteinte, par des propos publics à la présomption d'innocence de quelqu'un, pendant et en dehors de tout procès. A moins que la Justice ne soit dépendante de ce type de procureur et d’apriori, à moins qu’elle n’ait été bâclée.

Erignac, Yvan Colonna, LDH Corse, justice

Toujours est-il que, sous le titre « Procès Colonna : un doute insupportable », la LDH Corse a rendu public le communiqué suivant :


« Le 3ème procès d'Yvan Colonna aura connu une seule avancée, la motivation du jugement, et celle-ci aura confirmé ce que nous savions depuis le début : la mise à l'écart du débat, d'éléments qui contrarient la déclaration de culpabilité d'Yvan Colonna faite par Nicolas Sarkosy en juillet 2003.
 
La question des témoins oculaires est ici emblématique. Tous exonèrent Yvan Colonna. Mais leurs dires, selon les juges de la Cour d'Assises antiterroriste, doivent "être appréciés avec les plus grandes réserves au regard de la rapidité du déroulement des faits, de leur ancienneté, de la position des témoins et de la qualité de l'éclairage urbain». Cette affirmation, comment devons-nous l'apprécier puisque ces mêmes juges n'ont pas associé les témoins oculaires au transport de la Cour sur les lieux de l'assassinat pendant le procès.
 
De ce procès, il restera aussi cette photocopie d'un document d'origine inconnue, transmise par la police et jetée dans le débat de manière opportune, à un moment où certains propos, certes tardifs de l'accusé, pouvaient ouvrir sur d'autres hypothèses que celle imposée depuis le début par la police antiterroriste.

Aujourd'hui nous ne savons toujours pas si la justice a dit la vérité mais elle a condamné un homme à perpétuité. »
 
Ajaccio, le 23 juin 2011.

Prochaine étape la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui, il n’y a pas si longtemps, avait « épinglé la France pour l'absence d'indépendance de son parquet à l'égard du pouvoir exécutif. »

21/06/2011

Le sexe des anges

Deux derniers communiqués de la LDH (1) - (2)  mettent en évidence un fait dans lequel les intégristes catholiques n’ont pas manqué de s’engouffrer.

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Le premier communiqué a trait à l’homophobie et aux pratiques discriminatoires qu’elle suppose partout dans le monde. Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU vient de demander au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme de réaliser une étude pour rendre compte des lois, pratiques discriminatoires et autres violences contre des personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre dans toutes les régions du monde. Il serait temps !

A noter quand même, entre autres, qu'Amnesty International s’en préoccupe régulièrement et qu'SOS Homophobie a fait paraître son propre rapport pour l’année écoulée.

Dans un second communiqué, la LDH s’inquiète d’un courrier adressé au ministre de l’Education nationale par Christine Boutin. Celle-ci s’oppose, et avec elle l’ensemble des lobbies intégristes, à ce que les programmes Sciences et Vie de la Terre pour les classes de première L et ES (Bulletin officiel spécial n° 9 du 30 septembre2010 - pages 7 & 8) introduisent une réflexion sur la sexualité qui soit également «l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée». La démarche de dame Boutin équivaut à réclamer un statuquo permettant à l’homophobie de prospérer. D’où la virulence de ses propos qui rassurent sans aucun doute les sectateurs du Vatican.

Dès septembre 2011 et malgré cette levée de bouclier à laquelle il fallait s’attendre, il s’agira donc d’introduire dans la cours de SVT la théorie du genre qui dissocie l’identité sexuelle de l’orientation sexuelle et qui, par voie de conséquence est une déconstruction de l’hétérosexualité comme modèle universel, l’homosexualité, la bisexualité ou la transsexualité relevant de la liberté souveraine des individus.

Tout en faisant reculer l’homophobie et en fonction de la compétence des professeurs, de plus en plus recrutés sans formation et tous azimuts via Pole-Emploi, cette partie du cours de SVT pourrait néanmoins être une occasion pour les élèves d’aborder quantités d’autres sciences non programmées en classe de 1ère, de la psychanalyse à la biologie, en passant par l’histoire, la sociologie ou l’anthropologie. Il faut pourtant s’attendre à ce «qu’au nom du respect de la liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants» (sic), les gardiens d'une orthodoxie de la procréation à tout prix, viennent perturber une réflexion libre et objective sur un sujet hautement éducatif et non discriminant.

En ce qui concerne la LDH, il ne serait pas accessoire non plus que ses sympathisants  et adhérents s’interrogent sur la validité de l’article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qui énonce :

«A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État.» 

17/06/2011

En Iran, le FMI "termine le job"

Y-a-t-il une justice économique compatible avec un minimum de décence ? Les hauts fonctionnaires du FMI, au nom de la « stabilité du système monétaire international », n’en sont plus à leur première infamie. La pire de toutes, c’est le silence qui entoure les pays où le marché de la mort frappe à huis clos.

Iran : 155e pendaison de l'année eeeee
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Mercredi, 15 Juin 2011 08:55 

Iran Manif- Un Iranien a été pendu dans une ville du sud de l'Iran, a rapporté mercredi le site de la télévision d'Etat. Aucune précision n'a été donnée sur l'identité de l'accusé. Cette pendaison porte à 155 le nombre d'exécutions menées en Iran depuis le début de l'année, indique l'AFP. En général quand le régime ne donne aucune indication sur l'identité de la victime, il s'agit d'un manifestant arrêté lors du soulèvement ou d'un prisonnier politique de plus longue date. L'appareil de propagande des mollahs se fait fort de salir l'image de ses victimes pour ne soulever aucune vague dans l'opinion publique internationale. Qui en effet aurait des états d'âme pour un violeur d'enfant ou un trafiquant de drogue ?

fmi,iran,pendaison

Or en premier lieu c'est de peine de mort qu'il s'agit, et les démocraties qui l'ont abolie doivent s'élever contre son usage ailleurs dans le monde. Ensuite au rythme où vont les exécutions en Iran, c'est de crime contre l'humanité qu'il s'agit.

Garder le silence ou reprendre à la lettre la propagande officielle, comme le font regrettablement certaines agences de presse par pur souci de conserver quelqu'un sur place, c'est soit taire un crime contre l'humanité, soit y participer.

Le philosophe français Jankelevitch disait avec raison que c'est en soi un autre crime contre l'humanité. Il serait temps que la presse se pose des principes déontologiques face au phénomène de propagande, qui plus est intégriste.


 

Le FMI félicite l'Iran pour sa réussite dans la réduction des inégalités

©AFP / 13 juin 2011 22h33

Washington - Le Fonds monétaire international a félicité lundi l'Iran pour sa réussite dans la réduction des inégalités, six mois après la mise en œuvre d'un ambitieux plan de suppression des subventions à l'énergie.
Le 18 décembre, le président Mahmoud Ahmadinejad avait annoncé la fin dès le lendemain de ces subventions, avec pour effet un bond du prix de l'essence compris entre 75 et 300%, ou encore une multiplication de celui du gazole par neuf, et de ceux de l'électricité, de l'eau et du gaz par trois à cinq.
Les prix de l'alimentation avaient augmenté en parallèle. Au total, l'inflation était passée de 10,1% sur un an en décembre à 14,2% en mai.
Mais, pour le FMI, ce plan qui a supprimé près de 60 milliards de dollars de subventions annuelles (l'équivalent de 15% du produit intérieur brut) et était conçu pour donner aux biens leur prix véritable, a été au final une réussite.
La redistribution, sous forme de versements aux ménages, des recettes tirées des hausses de prix a été efficace pour réduire les inégalités, améliorer le niveau de vie et soutenir la demande intérieure, a estimé le FMI, dans un communiqué publié à l'issue d'une mission d'évaluation d'une dizaine de jours en Iran.
La hausse des prix de l'énergie a déjà fait baisser la consommation domestique excessive d'énergie et le gâchis qu'elle occasionnait, a-t-il poursuivi.
Le FMI a reconnu que cette réforme avait à court terme ralenti la croissance mais a estimé qu'elle devrait considérablement améliorer les perspectives à moyen terme pour le pays.
Il lui a recommandé une réorientation globale de l'économie vers des produits, des services et des techniques de production moins gourmands en énergie et de poursuivre les efforts d'amélioration du climat des affaires afin de soutenir la création d'entreprises et d'emplois nouveaux.

13/06/2011

Dé-mondialisation : Minc vs Montebourg

Le fait qu’Arnaud Montebourg soit un candidat plus qu'improbable pour les prochaines présidentielles n’enlève rien à son mérite d’argumenter sur l’idée de dé-mondialisation, idée passant de moins en moins pour une utopie et relayée en tant qu’alternative par quantité d’économistes prospectifs. Alain Minc ne fait naturellement pas parti de ceux-là. Jean Claude Guillebaud, éditorialiste catholique lucide s’en est ému et a semble-t-il choisi son camp quitte à faire la promotion de celui qui se trouve être à l’origine des «primaires socialistes» et dont la réflexion sur le sujet mériterait d’être largement débattue. Les ténors et sopranos qui occupent la scène médiatique seraient bien inspirés de s’emparer de la question et de relever  …

« L’injure faite à Montebourg »

« La saillie hasardeuse de Luc Ferry sur la pédophilie a fait couler beaucoup d’encre. C’était mérité. Pour ma part, je me suis intéressé à une autre « saillie » verbale, tout aussi loufoque mais plus révélatrice. Dans une interview au site nonfiction.fr, Alain Minc a traité de « connards », puis de « débiles », le candidat socialiste Arnaud Montebourg et ses amis, coupables de s’intéresser au concept de « dé-mondialisation ».

C’était moins les propos de Minc qui tiraient l’oreille – il nous a dit tant de choses depuis trente ans ! – qu’un aussi brusque changement de vocabulaire. Que notre Jiminy Cricket national, perché sur l’épaule des puissants, en arrive à « se lâcher » jusqu’à user d’injures populistes donne à réfléchir. Faut-il y voir le signe d’une panique refoulée ? Sans doute. Dans le même mouvement, pour mieux salir le personnage, Minc compare Montebourg à Marine Le Pen. Vieux refrain… Pour ceux – dont je suis – qui ont lu ses livres et écouté ses prestations, l’accusation est indécente mais surtout très sotte.

Les réflexions de Montebourg sur les limites du dogme libre-échangiste sont partagées aujourd’hui par quantités d’intellectuels et d’économistes. D’Emmanuel Todd à Jacques Sapir, de Hakim El Karoui (ancien du cabinet Raffarin) à Jean-Luc Gréau, Paul Jorion ou Frédéric Lordon, en passant par le groupe dit des « économistes atterrés », on aurait donc du mal à dresser la vraie liste des « connards ». Il faudrait d’ailleurs adjoindre l’ami Georges Corm, ancien ministre libanais des Finances, dont le dernier livre (paru cet automne) s’interrogeait, lui aussi, sur la dé-mondialisation.

Démondialisaation, Montebourg

L’audace bienvenue du brillant député est d’avoir enfin introduit cette question au cœur de la campagne présidentielle. Elle mérite débat. Ajoutons qu’il aura fallu près de dix ans pour qu’elle perce le mur du dogmatisme ambiant et trouve droit de cité. C’est en 2002 que l’idée a été avancée par le sociologue philippin Walden Bello, diplômé de Princeton. En décembre 2009, un long article de « Newsweek » signalait d’ailleurs que nombre d’entreprises américaines mettaient déjà en œuvre une manière de dé-mondialisation en relocalisant leur fabrication aux États-Unis.

C’est pourtant sur le vieux continent que la remise en cause du dogmatisme libre-échangiste est la plus ardente. Rien de plus logique. L’Europe est devenue la partie du monde la plus ouverte aux quatre vents des échanges planétaires. Elle est beaucoup moins protégée que la Chine ou les États-Unis. Elle paie au prix fort – désindustrialisation, pression à la baisse sur les salaires, inégalités croissantes, désintégration des économies nationales – d’avoir oublié la clause de la « préférence communautaire » (idée française) inscrite en 1959 dans le projet européen. C’est sous la pression des États-Unis que cette clause essentielle fut démantelée.

Dans un petit livre de combat préfacé par Emmanuel Todd (« Votez pour la dé-mondialisation !  », Flammarion, 2 euros), Montebourg rappelle néanmoins que même l’Organisation Mondiale du Commerce autorise, en cas d’urgence sociale, une forme de protectionnisme communautaire. Alors ? Le plus amusant de l’affaire est que tous les « débiles » ainsi injuriés se sont beaucoup moins trompés que Minc lui-même, chantre étourdi de la « mondialisation heureuse ». Son interview récente montre que sa vision du monde n’a pas changé d’un iota. Elle tient en trois lignes : les « sur contraintes » macroéconomiques sont impératives, elles ne laissent à la démocratie qu’une infime marge de manœuvre. Pour les reste, interrogé sur les révoltes sociales en cours, il affiche un beau mépris : « Penser qu’il y a un monde alternatif… foutaise, foutaise ! »

Les « Indignés » apprécieront. À traiter impudemment de « connards » Montebourg et ses amis, Minc s’expose donc à ce qu’on lui retourne de facto le compliment. »

Nouvel Obs. Juin 2011

Jean-Claude Guillebaud

25/05/2011

Don Stroscani

Légende, mythe ou mirage, Don Stroscani n’avait donc pas rendez-vous avec l’Histoire mais avec …. Mon Œil !
Tirso de Molina, Molière, Mozart avaient déjà écrit le scenario. Il n’y avait plus qu’à l’adapter. Assez réussi !

 

Le manifeste de la Puerta del Sol

Et pendant que nous assistons médusés aux sempiternelles et prévisibles petites histoires hexagonales, la parole est à ceux qui ont eu le courage et l’énergie de la prendre.

Voici le manifeste que les manifestants de la Puerta del Sol à Madrid ont rendu public. Il est traduit ici par Jean-Paul Brodier. D’autres traductions existent. Toutes expriment un espoir et la rage de le voir débouché sur la réalité. Exemplaire à plus d’un titre, et si nous nous en inspirions ?...

manifeste de la puerta del sol

« Nous sommes des gens ordinaires

« Nous sommes des gens ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui se lèvent chaque matin pour étudier, travailler ou trouver un emploi, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur pour procurer un avenir meilleur à ceux qui les entourent.

Certains parmi nous se considèrent progressistes, d’autres conservateurs. Certains parmi nous sont croyants, d’autres non. Certains parmi nous ont des idéologies bien définies, d’autres sont apolitiques, mais nous sommes tous inquiets et en colère au sujet du paysage politique, économique et social que nous voyons autour de nous : corruption parmi les politiciens, les hommes d’affaires et les banquiers qui nous laissent sans recours et sans voix.

Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne, sans espoir. Mais si nous assemblons nos forces, nous pouvons la changer. Il est temps de changer les choses, temps de construire ensemble une meilleure société. C’est pourquoi nous affirmons fortement que les priorités de toute société avancée doivent être le progrès, la solidarité, la liberté de la culture, la durabilité et le développement, le bien-être et le bonheur des peuples.

Voici des vérités inaliénables auxquelles nous devrions nous attacher dans notre société : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation à la vie politique, à la liberté du développement personnel, les droits des consommateurs pour une vie heureuse et en bonne santé.

L’état actuel de notre gouvernement et de notre système économique ne se soucie pas de ces droits et de beaucoup de façons s’oppose au progrès humain. »

« La démocratie appartient au peuple »

« La démocratie appartient au peuple (demos = peuple, kratos = force), cela signifie que le gouvernement est composé par chacun de nous. Toutefois, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même pas. Les politiciens devraient porter notre voix aux institutions, permettre la participation des citoyens à la politique par des canaux directs qui apportent les plus grands bénéfices à l’ensemble de la société et non pas s’enrichir et prospérer à nos dépens, à l’écoute exclusive de la dictature des principales puissances économiques, ni les maintenir au pouvoir dans un bipartisme conduit par les acronymes inamovibles PP & PSOE.

L’appétit de puissance et d’accumulation de quelques-uns crée les inégalités, les tensions et les injustices, lesquelles conduisent à la violence, que nous rejetons. Le modèle économique anti-naturel et obsolète pousse la machine sociale dans une spirale de croissance qui la consume elle-même, enrichit quelques-uns et plonge les autres dans la pauvreté. Jusqu’à l’effondrement.

L’intention et l’objet du système actuel est l’accumulation d’argent, sans égard pour l’efficacité ni le bien-être de la société. Gaspillage des ressources, destruction de la planète, création de chômage et de consommateurs malheureux. »

« Je sais qu’ensemble nous pouvons »

« Les citoyens sont les rouages d’une machine conçue pour enrichir une minorité qui ne tient pas compte de nos besoins. Nous sommes anonymes, mais sans nous rien de cela n’existerait, parce que nous sommes les moteurs du monde.

Si, en tant que société, nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une économie abstraite, qui ne restitue jamais les bénéfices à la majorité, alors nous pouvons mettre fin aux mauvais traitements dont nous souffrons tous.

Il faut une révolution éthique. Au lieu de placer l’argent au-dessus des êtres humains, nous le remettrons à notre service. Nous sommes des gens, pas des produits. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète et à qui je l’achète.

Pour tout ce qui précède, je suis indigné. Je pense que je peux le changer. Je pense que je peux aider. Je sais qu’ensemble nous pouvons. Je pense que je peux aider.
Je sais qu’ensemble nous pouvons. »