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29/02/2012

Des camps pour les Roms ?

«L’origine du mal, c’est-à-dire de cette circulation d’une population qui n’est acceptée nulle part et qui vit dans des conditions indignes, c’est de ne pas avoir fixé une règle européenne pour (la) garder là où elle doit vivre, en Roumanie» (…) Il faut donc «des règles européennes pour éviter que nous re-connaissions cette circulation encore et encore, et ensuite qu’il y ait des camps qui puissent être ceux de notre propre décision, c’est-à-dire éviter que ces populations ne s’installent n’importe où» dixit François Hollande le 12 février dernier.

Roms-Hollande

Pour mémoire : les Centres de Rétention Administratives ont été officiellement créés le 29 octobre 1981 après que François Mitterrand ait été élu. La police exerce dans les CRA son autorité sans aucun contrôle judiciaire, sur la seule base d’un règlement de police de 1938 autorisant l’internement des étrangers sans-papiers.

Ce n’est pas parce que les porte flingues de l’UMP font semblant de s’offusquer de cette déclaration « hasardeuse » (ou pas) qu’il faut en exonérer le candidat du PS.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

 La LDH lui adresse ce courrier :

« 

Monsieur François Hollande
Parti socialiste
59, avenue de Ségur
75007 Paris

Paris, le 20 février 2012

Monsieur,

La Ligue des droits de l’Homme tient à vous faire part de sa vive préoccupation après les propos que vous avez tenus concernant les Roms sur le plateau de Canal+.
Sans aucunement nourrir la stratégie d’amalgame douteux immédiatement déclenchée par les responsables de l’UMP, nous estimons important de vous faire part de notre opinion sur la situation des populations roms, situation qui ressort essentiellement de la discrimination.

De toute évidence, l’usage d’un certain nombre d’expressions et de vocables à tout le moins approximatifs « organiser une solution », « camps », « origine du mal » relève au mieux d’une grande ignorance du sujet, pourtant sensible et au coeur de l’intervention de nombreuses organisations de la société civile, dont la Ligue des droits de l’Homme.

De la même manière, en appeler à une modification des règles européennes de circulation uniquement pour les Roms revient à plaider pour un traitement discriminatoire, contraire et aux textes européens, et à l’esprit des valeurs dont vous vous réclamez par ailleurs.

Il aurait été souhaitable de rappeler, face aux téléspectateurs, que les Roms sont des citoyens européens auxquels la France refuse de reconnaître une citoyenneté pleine et entière en les privant notamment de l’accès à l’emploi, par le maintien des mesures transitoires au niveau européen, donc de la liberté de circulation et d’installation. Que cette discrimination empêche de fait toute intégration par le travail et l’éducation, pénalisant ainsi les adultes et les enfants. Enfin, qu’il est honteux qu’à la haine raciale dont ils sont victimes dans leur pays, réponde en écho leur stigmatisation publique en France par l’actuel président de la République.

Le contexte du débat politique français, marqué par une concurrence entre droite et extrême droite pour occuper le terrain du rejet racial et identitaire, confère à ces sujets une ampleur et une portée symbolique majeures. Ils requièrent une attention vigilante, une réelle connaissance des dossiers concernés et la conviction profonde que la défense des principes humanistes, des droits fondamentaux, constitue au contraire une boussole fiable et gage de victoire.

Dans l’espoir que vous partagerez cette conviction, je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

»

Pierre Tartakowsky
Président de la LDH

22/02/2012

Le travail, malade du précariat

Le mécanisme européen de stabilité, FMI bis à échelle franco-allemande a donc été adopté par l’A.Nale. Idem pour la TVA « sociale ». (Résultats du vote)
Restera aux sénateurs à terminer le job et aux électeurs à se souvenir des noms de celles et ceux qui, s’étant donné la peine de se présenter dans l’hémicycle, n’ont pas reculé devant ces choix courageux et porteurs d’avenir ! Même A. Montebourg a cru bon pousser le reniement suffisamment loin pour que sa «démondialisation» ne soit plus comparable qu’à un rond-dans-l’eau-et-encore !

mes,tva sociale,précariat

Au même moment, Hubert Védrine officiant sur ARTE (dans une Théma intitulée "Un monde dans tous ses états") à propos des mécaniques néolibérales, donnait l’impression d’avoir enfin admis qu’une overdose d’inégalité et d’injustice était atteinte. Témoin cette remarque judicieuse de J-P. Fitoussi entendue dans la soirée : «(…) plus de proies,… plus de prédateurs (…)».  Doit-on en douter ?
Tout le monde peut-il donc impunément se tromper sur l'existence et l’importance citoyenne voire électorale du «précariat» ?

19/02/2012

21 Février... les sirènes du MES

Lettre ouverte aux députés qui seraient susceptibles d'abandonner leurs électeurs au bon vouloir des marchés financiers.

mécanisme européen de stabilité
Ce ne pourrait être sans conséquences

A faire parvenir de toute urgence à tout parlementaire digne de cette fonction.

"Mesdames et Messieurs les députés français,

Comme des millions de personnes dans toute l'Europe,je m'inquiète des dérives autoritaires, des politiques d'austérité et de la casse systématique des services publics qui sont mis en oeuvre, sous prétexte d'une dette dont la légitimité n'est d'ailleurs toujours pas questionnée.

Nous voyons bien la réalité des conséquences de ces politiques en Grèce, où un véritable pillage du pays a lieu. Je ne développerai pas cette situation tragique que vous connaissez.

Je vous écris concernant le traité européen instituant le mécanisme européen de stabilité sur lequel vous devrez vous prononcer le 21 Février. Vous savez que ce mécanisme donnera des pouvoirs complètement anti-démocratiques à la Commission Européenne. Vous savez que les États européens seront soumis à une discipline budgétaire qui obligera à tout vendre, service public après service public. A travers ce véritable pillage organisé, c'est toute la cohésion sociale et la  qualité de vie dans notre pays, déjà bien entamée, qui seront mis à mal. Je m'étonne du silence qui entoure ce traité crucial et m'indigne de l’absence de consultation populaire à ce sujet.

Au sein de ce mécanisme, les décisions seront prises par le Conseil des gouverneurs composé exclusivement des ministres des finances de la zone euro. Aucun veto, ni aucune autorité des parlements nationaux n’est prévu sur ces ministres lorsqu’ils agissent au titre de gouverneurs. De plus, ils jouiront en cette qualité d’une immunité totale leur permettant d’échapper à toute poursuite judiciaire. Pourtant, ils disposeront alors librement des caisses de l’État qui devra accéder de façon « irrévocable et inconditionnelle » à leurs demandes. Il est aussi intéressant de noter que le budget de départ du MES pouvant être réclamé aux États-membres dans un délai de sept jours seulement n’est pas plafonné et peut donc augmenter de façon illimitée sur décision du Conseil des gouverneurs.

Aucun membre ou employé de cette structure ne sera élu par la population ni responsable devant elle. Plus fort encore, le MES peut attaquer en justice mais pas être poursuivi, pas même par les gouvernements, les administrations ou les tribunaux. Le manque de transparence concerne aussi les documents « inviolables » , qui ne seront rendus publics que si le Conseil des gouverneurs le souhaite.

Négation des compétences fiscales et budgétaires des parlements nationaux, déni des principes de base de la démocratie, impossibilité d’opposer un veto, immunité judiciaire totale, opacité des documents… Autant de procédés antidémocratiques qui m'amènent aujourd’hui à vous demander d’adopter une position claire quant à ce traité. Allez-vous l’accepter ou le rejeter ?

Cette société devient étouffante d'injustice. Je vous le demande , Madame, Monsieur, au nom de la gauche dans ce pays, au nom de la souveraineté populaire, au nom de la justice sociale, au nom de la république et de la démocratie, vous devez rejeter ce texte.

En 2008, beaucoup de députés socialistes se sont abstenus et c'est l'abstention qui a permis une majorité pour valider le traité de Lisbonne. Peut-être avez-vous fait parti des 115 parlementaires socialistes qui ont eu le courage de voter contre ce traité, mais je vous demande de bien réfléchir à la portée sans précédent du vote du 21 Février. Il va sans dire que je prendrais en compte votre réaction sur cette question cruciale la prochaine fois que je serai appelé(e) aux urnes.

Un monde est en train de basculer et l'issue en est bien incertaine. Je suis inquiet pour notre avenir et c'est peut-être bien la fin de nos démocraties en Europe qui est en train de se jouer.

Mesdames et Messieurs les députés, je vous souhaite un bon vote.
"

Signature

Merci à Michaël Le Sauce via Mediapart, le 13 Février 2012

Pour un décryptage du mécanisme :
http://patricklehyaricpe.wordpress.com/2012/02/15/mecanisme-europeen-de-stabilite-la-purge-sociale-en-preparation/?blogsub=confirming#blog_subscription-2

Voir aussi :


15/02/2012

De quoi le socialisme est-il encore le nom ?

«Les Américains qui manifestent contre Wall Street protestent aussi contre ses relais au sein du Parti démocrate et à la Maison Blanche. Ils ignorent sans doute que les socialistes français continuent d’invoquer l’exemple de M. Barack Obama. Contrairement à M. Nicolas Sarkozy, le président des Etats-Unis aurait su selon eux agir contre les banques. S’agit-il seulement d’une méprise ? Qui ne veut pas (ou ne peut pas) s’attaquer aux piliers de l’ordre libéral (financiarisation, mondialisation des flux de capitaux et de marchandises) est tenté de personnaliser la catastrophe, d’imputer la crise du capitalisme aux erreurs de conception ou de gestion de son adversaire intérieur. En France, la faute incombera à « Sarkozy », en Italie, à « Berlusconi », en Allemagne, à « Merkel . (…)» Serge Halimi – Novembre 2011.

Dans la foulée strausskhanienne, avec pour sparring-partners la plupart des nostalgiques du virtuose FMiniste, François Hollande vient de faire un immense cadeau à tous ceux qui refusent de se laisser tondre par les artisans d’un ultralibéralisme mortifère mais qui hésitaient encore entre une gauche vraiment socialiste et une impasse sociale-démocrate.

Passant d’un discours lyrique et frémissant prononcé au Bourget (23 janvier 2012) :
«Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom, de visage, pas de parti, et pourtant il gouverne, c'est le monde la finance»,
l’ancien secrétaire du PS, du temps de la gauche pêle-mêle, n’a pas hésité à faire preuve de cynisme en affirmant aux traders de la city que ses anciens soutiens communistes n’étaient plus en mesure de les inquiéter (!!!) (13 février 2012 au Guardian).

ps,hollande,guardian,city

Au-delà de l’insulte réelle et ressentie par toutes celles et tout ceux qui espèrent encore et se battent pour éviter l’enfermement dans le piège néolibéral, une nouvelle preuve de renoncement, une seconde nature chez François Hollande, vient d’être magistralement administrée, y compris à son équipe de campagne au cas où elle ne l’aurait pas encore perçu.
Il va être difficile pour quelques-uns de ses actuels porte-paroles de justifier des positions telles que celles prises par A. Montebourg ou Benoit Hamon («Tourner la page. Reprenons la marche du progrès social» - Flammarion, Paris, 2011, p. 14-19) :

«Le Parti socialiste européen (PSE) est historiquement associé (…) à la stratégie de libéralisation du marché intérieur et à ses conséquences sur les droits sociaux et les services publics. Ce sont des gouvernements socialistes qui ont négocié les plans d’austérité voulus par l’Union européenne et le Fonds monétaire international. En Espagne, au Portugal et en Grèce bien sûr, la contestation des plans d’austérité prend pour cible le FMI et la Commission européenne, mais aussi les gouvernements socialistes nationaux. (…) Une partie de la gauche européenne ne conteste plus qu’il faille, à l’instar de la droite européenne, sacrifier l’Etat-providence pour rétablir l’équilibre budgétaire et flatter les marchés. (…) Je ne m’y résigne pas.»

Le Front de gauche ne s’y résigne pas non plus.

14/02/2012

La loi de 1905 dans la Constitution ?

La proposition n°46 du programme du candidat François Hollande est présentée telle que :


«Je proposerai d’inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution en insérant, à l’article 1er, un deuxième alinéa ainsi rédigé : « La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et respecte la séparation des Églises et de l’État, conformément au titre premier de la loi de 1905, sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle.»


Parenthèse : Pour l’instant, l’histoire ne dit pas ce que le même François Hollande fera de l’actuel alinéa n°2 : «La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.»

Si l’on arrive déjà à admettre qu’il est indispensable de sanctuariser la Laïcité en soulignant son caractère intangible par un alinéa spécifique dans la constitution, comment accepter l’oxymore juridique qui consiste à déroger dans le même article et alinéa constitutionnel à cette «intention», supposé louable, en protégeant les bénéficiaires du statut particulier d’Alsace - Moselle ?
C‘est tout simplement aberrant et antinomique au regard du principe d’indivisibilité du territoire qui devrait au contraire être rétabli pour les départements d’Alsace et de Moselle, allemands lorsque la loi de 1905 a été votée, et restés soumis au Concordat de 1801 signé par Napoléon Bonaparte. Concordat qui prévoit notamment le financement par l’État de quatre cultes, ce qui est parfaitement dérogatoire à la loi de 1905.
On est loin du «retour de la gauche laïque et républicaine» titre généreusement attribué à l’équipe de François Hollande par Caroline Fourest. Tout le monde peut se tromper, à condition de ne vouloir tromper personne !

A l’opposé de cette proposition saugrenue de F. Hollande, la position de Jean Luc Mélenchon sur ce point est parfaitement claire, cohérente. Elle est étendue à la fin de l'ordonnance de Charles X du 27 août 1828 qui fait bénéficier le seul culte catholique d'un financement public en Guyane, ainsi qu’à l’abrogation des décrets lois qui s'appliquent dans les Départements d'outre-mer.




08/02/2012

Février 62, Charonne

Cinquante ans et toujours ce goût acre, âpre, à vomir d’une extrême droite qui rode et regarde ses futures victimes avec un sourire malsain et concupiscent. Le dégout des Guéant est infini. Eternel.

Le 13 février, cinq jours après le drame du métro Charonne (9 morts lors des manifestations anti-OAS),
plusieurs centaines de milliers de personnes assistent aux obsèques des victimes.


Le 8 février 1962, le PC, le PSU, les Jeunesses socialistes et les principaux syndicats appellent à une manifestation de "défense républicaine" protestant contre la vague d'attentats OAS qui secoue la France (180 plasticages en janvier-février) et contre la guerre d'Algérie. Lors de la manifestation, les heurts avec les forces de l'ordre, nombreux et violents, débouchent sur un drame. Après l'ordre de dispersion, paniqués par les charges policières, des manifestants cherchent à se réfugier au métro Charonne, boulevard Voltaire. Mais leurs corps sont écrasés contre les grilles à demi fermées de la station tandis que "les policiers tapent dans le tas à coup de "bidule" [Benjamin Stora, La Gangrène et l'oubli. La Mémoire de la guerre d'Algérie, La Découverte, 1998, p.101].


On relève 9 morts (huit manifestants et un journaliste de L'Humanité ) et plusieurs dizaines de blessés. Le choc est considérable. Charonne entre "ce soir-là dans les lieux sacrés de la mémoire collective, comme jadis la rue Transnonain ou le mur des Fédérés" [Michel Winock, "Une paix sanglante", in Patrick Eveno, Jean Planchais (dir.), La Guerre d'Algérie, La Découverte-Le Monde, 1989]. Le 13 février, tandis qu'une grève générale de protestation et de solidarité avec les familles des victimes paralyse le pays, 500 000 personnes suivent les obsèques des victimes de Charonne.


Au sujet de "Charonne", bien des questions demeurent. Ce défilé anti-OAS allait, indirectement, dans le sens du pouvoir. Alors pourquoi a-t-on fait charger une foule désarmée peu après que l'ordre de dispersion a été donné ? A l'époque, les responsabilités de l'affrontement sont aussitôt controversées. Le ministre de l'Intérieur Roger Frey reproche dans un premier temps aux "séides" du PCF d'avoir joué le jeu de l'OAS avant d'accuser cette dernière, sur la foi d'un document saisi dans ses archives, d'avoir monté une "opération provocation".

Source : médiathèque INA

07/02/2012

Hypocratie

Par «hypocratie», on entendra : un régime caractérisé par l’absence chez ses leaders de convictions clairement avouées, et s’efforçant de rassurer. Un tel régime présente la spécificité de s’accommoder d’une façade démocratique avec l’assurance que cela pourrait lui confèrer une longévité plus assurée que dans tout autre régime ouvertement autoritaire, toute brutalité verbale apparente, même mineure, risquant d’entraîner des «sautes d'humeur» populaires, préjudiciable à la santé de ses corps constitués.
D’où l’importance accordée aux précautions oratoires et à la langue de bois en particulier, contenues dans l’escopette d’Hippocrate qui nous est et sera présentée avant et après les présidentielles.

Alter gouvernement : 18 ministres citoyens pour une réelle alternative


Jérome Cahuzac, chirurgien du cuir chevelu avant de croire dur comme fer en son destin de futur ministre du Budget, Jérome Cahuzac donc, celui-là même qui vota la rigueur par procuration et inadvertance en lieu et place de François Hollande le 7 septembre 2011, pourrait évidemment officier et exceller comme beaucoup d’autres dans cette fonction hautement stratégique qui demande un maximum de «lucidité» et de savoir-faire «chirurgical». Ce dont il est crédité par ses pairs. A tort ou à raison.

Il a déjà commencé le job avec maestria sur France Inter, et tempéré l’enthousiasme dont sait parfois faire preuve François Hollande, l’opération offrant l’indéniable avantage d’être populiste sans que cela se voit, ni soit dit -même en passant-, sans que cela puisse choquer experts, chroniqueurs et politicologues, d’habitude si prompts à dénoncer ce travers, accaparés qu’ils sont à pronostiquer qui pointera en tête à l’entrée de la ligne droite menant au prochain quinquennat, sans trop bousculer les quilles néolibérales ni les idées préconçues des économistes qui en font la promotion auprès des "classes moyennes".


Si bien que l’on en est encore et toujours à se demander «Qui demain défendra l’Etat social ?»,  quand bien même les prestations de François Hollande sembleraient de mieux en mieux calibrées, adaptées et imperméables aux pièges et artifices de campagne tels que ceux tendus par l’actuel et inénarrable ministre de l’intérieur s’attaquant au concept de civilisation.

22/01/2012

Ni Jaurès, ni Spiderman : Guédiguian

Le combat simple et vrai de Guédiguian est très loin du populisme dont on voudrait qualifier l’exigence de noblesse qui transparait dans ses films, dans cet interview et dans «Les Neiges du Kilimadjaro». Une exigence qui, pour autant que cela soit possible en pleine campagne électorale et donc pour l’instant, n’est portée que par un ou deux candidats à la présidentielle pendant que les favoris débitent leurs grossières inepties sans discontinuer, sans vergogne et sans s’en apercevoir.

La dernière en date prise à la source du Nouvel Obs :

Hollande, au Bourget : «j'inscrirai la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution». !!!!
Et Personne dans cette salle du Bourget pour lui rappeler que la laïcité dans la République Française figure en bonne position dans le texte constitutionnel en vigueur, à savoir dans la Constitution de 1958. En effet, la laïcité est affirmée dès le premier article de notre Constitution qui dispose que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ».

Restent heureusement quelques phares qui savent parler des «pauvres gens» et les appeler à prendre leurs responsabilités.

Robert Guédiguian


Désespéré par l'égoïsme de l'époque, le réalisateur Robert Guédiguian ne désarme pas. Avec “Les Neiges du Kilimandjaro”, retour à l'Estaque et aux vertus du combat collectif.
Magistral, évident.


Robert Guédiguian : "Je voulais réévaluer le monde qui m'a créé
et a inspiré mon cinéma"

A 58 ans, Robert Guédiguian n'a toujours pas oublié d'où il vient. Avec Les Neiges du Kilimandjaro, il retrouve l'Estaque, le quartier marseillais de son enfance, et sa troupe fidèle : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin. Rarement un cinéaste aussi profondément enraciné dans une région se sera autant soucié de l'universel. Avec lui, l'humain l'emporte toujours sur le pittoresque, et les plus noirs constats (Rouge Midi, Dieu vomit les tièdes, La ville est tranquille) côtoient les utopies les plus ardentes (A l'attaque !, Marius et Jeannette). Arménien par son père, Allemand par sa mère, Guédiguian est de Marseille mais n'a qu'une patrie : la politique, autrement dit, pour lui, le cinéma. Militant de la première heure, il fait des films et les produit comme d'autres montent à la tribune. Lucide sur l'état du monde, Robert le Rouge ne s'avoue pas vaincu. En lui, c'est sûr, le vieux rêve bouge encore.


En ces temps de crise économique, morale et politique, votre film exalte une valeur dévaluée, la bonté. Pourquoi ?
"Avec mon coauteur, Jean-Louis Milesi, nous avions déjà ressenti ce besoin, en 1992, pour l’Argent fait le bonheur. A l'époque, nous en avions assez de voir les pauvres affublés de tous les vices, désignés comme responsables de tous les maux. Au cinéma, les ouvriers et les chômeurs étaient systématiquement drogués, séropositifs, incestueux... Comme si les intellectuels et les artistes en voulaient au peuple, tant encensé en 68, de ne pas avoir fait la révolution qu'ils attendaient de lui. En réaction, nous avions imaginé des gens debout, combatifs, porteurs de valeurs nobles. La forme du conte, avec son lot d'exagérations et d'invraisemblances, s'était alors imposée. Cette fois, Les Neiges du Kilimandjaro ne bascule pas dans l'irréel. Le comportement généreux des héros a beau être exceptionnel, il est de l'ordre du possible. Dans la vie, il y a de pauvres gens comme eux. Comme ceux du poème de Victor Hugo : ils n'ont presque rien mais sont prêts à le partager si leur cœur le leur dicte.


Les Pauvres Gens a, d'ailleurs, servi de point de départ à l'écriture du film. Comment avez-vous redécouvert ce poème ?
Je l'ai relu alors que j'écrivais un argumentaire appelant à voter contre la Constitution européenne, en 2005. C'est un texte flamboyant, très lyrique, d'une puissance stupéfiante. Un pêcheur annonce à sa femme sa décision d'adopter les deux enfants de la voisine, qui vient de mourir : « Nous avions cinq enfants, cela va faire sept. Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche. C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ? – Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà ! » Séparément, le mari et la femme ont eu le même élan. L'histoire, magnifique, en dit long sur leur générosité et leur amour. J'ai immédiatement appelé Jean-Louis Milesi : « J'ai une fin de film extraordinaire ! » On est partis de ce dénouement pour construire l'histoire à rebours, en l'enracinant dans la complexité du monde d'aujourd'hui.
Il y a dix ans, vous réalisiez La ville est tranquille, l'un de vos films les plus désespérés. Auriez-vous retrouvé foi en l'homme ?
Je doute souvent, mais je m'efforce de la cultiver, cette foi. J'ai mis au point deux manières de prêcher : par le constat, avec La ville est tranquille ou Lady Jane, et par l'exemple, avec Marius et Jeannette, cette histoire de la reconquête du bonheur par deux êtres que la vie a éprouvés, ou Les Neiges du Kilimandjaro. Mon analyse de la société contemporaine reste la même, plutôt désespérante, mais parfois j'éprouve le besoin de proposer une solution aux problèmes que je soulève.


Dans Les Neiges du Kilimandjaro, Christophe, le jeune ouvrier, voit en Michel, le vieux syndicaliste, un ennemi. Comment en est-on arrivé là ?
Avant, la classe ouvrière était visible. Elle avait des territoires à elle, ces grandes unités industrielles aujourd'hui disparues. A Marseille, à la sortie des quais, ils étaient des milliers, en bleu de travail, la clope au bec. Et puis, il y avait ces autres espaces où les ouvriers se rencontraient : les syndicats, le parti communiste. Aujourd'hui, cette armée est disséminée, même si elle existe encore. Les nouveaux ouvriers portent des chemises blanches et travaillent au chaud, dans des bureaux : les employés de France Télécom, par exemple. Ils ne se considèrent pas comme des prolétaires, pensent disposer d'un statut supérieur, mais ils gagnent le smic. C'est terrible, cette absence de fédération des pauvres gens. Ils sont à la fois si nombreux et si seuls."

“Les enfants de mes héros ne sont pas
de mauvais bougres mais ils ont choisi de se reposer.
Ce sont des feignants, avec des rêves petits-bourgeois.
Ce comportement régressif m'agace prodigieusement.”

Mais dans votre film, les jeunes générations ne sont pas très recommandables. Violente ou égoïste, c'est comme ça que vous voyez la jeunesse d'aujourd'hui ?
« Il faut choisir : se reposer ou être libre », disait le philosophe grec Thucydide... Les enfants de mes héros ne sont pas de mauvais bougres, mais ils ont choisi de se reposer. Ce sont des feignants, avec des rêves petits-bourgeois. Ils se débrouillent à peu près, habitent dans un lotissement avec vue sur la mer, et tant qu'il y a des saucisses et du pastis à la maison, ils ne cherchent pas plus loin. Ce comportement régressif m'agace prodigieusement.
Quant à celui qui, dans le film, passe à l'acte, poussé par la misère, il a au moins le mérite de renvoyer ses aînés à leurs responsabilités. Quand il s'insurge contre la méthode du syndicat pour sauver la boîte – un tirage au sort des futurs chômeurs –, je suis entièrement d'accord avec lui."


Est-ce que vos quinquagénaires, si exemplaires, ne sont pas un peu castrateurs ?
Forcément. Les gens exemplaires le sont toujours un peu. Mais je n'allais quand même pas en faire des médiocres pour rassurer le spectateur ! De temps en temps, un cinéaste doit savoir assumer des personnages à qui il aimerait ressembler. C'eût été facile d'inventer une faille à chacun, un adultère par-ci, une compromission par-là. A quoi bon ? Ce qui m'intéresse et me réjouit, c'est de voir ces vieux militants se demander comment rester fidèles à leurs convictions.


Vous, vous êtes resté fidèle à une troupe d'acteurs : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin. Vous voulez filmer un monde qui vieillit en même temps que vous ?
"A travers eux, j'ai fait mon autoportrait à des âges différents. Mais ce qu'ils rejouent devant ma caméra, c'est aussi l'histoire de leurs vies : le père de Darroussin était chaudronnier, celui d'Ariane, représentant de commerce, fauché et communiste. Celui de Gérard était un instituteur à l'ancienne, très érudit et communiste lui aussi. Je me sens un peu comme le porte-parole de ce groupe. Les films qu'on fait ensemble sont un ancrage dont on vérifie régulièrement la solidité. C'est là qu'à chaque fois on révise nos valeurs, notre amitié, les leçons qu'on a apprises. Comme un retour à la fac."


Après un film sur vos origines (Le Voyage en Arménie), un polar (Lady Jane) et un film historique (L'Armée du crime), vous voilà de retour à l'Estaque. Pourquoi ?
"Pour faire le point. A mes yeux, ce quartier incarne le peuple. Je le connais bien, je le travaille comme un entomologiste, pour mesurer très précisément l'état du monde ouvrier. Et puis, l'Estaque, c'est le lieu du crime : mon premier film, Dernier Eté. C'était en 1980. J'y faisais déjà la chronique de ce quartier. Mon père et ma mère y jouent, et aussi la toute petite fille de Gérard, sa femme, ma tante... Ce film est une archive : l'Estaque d'alors a complètement disparu."


Qu'est-ce qui a le plus changé depuis ?
"La fin de l'idée communiste. Cela a profondément bouleversé nos manières de vivre et de nous battre. Progressivement, la mémoire des luttes a été laissée aux seuls livres d'histoire. C'est contre cet oubli collectif que j'ai réalisé L'Armée du crime, sur les résistants communistes immigrés, menés par Manouchian. Je me suis aperçu que beaucoup de gens ignoraient ce qu'était l'Affiche rouge. Par les temps qui courent, ça ne me semblait pas inutile de rappeler au public comment des étrangers avaient contribué à sauver la France."

Dans l'Estaque de votre enfance, quelle place avait le cinéma ?
"Le quartier comptait au moins sept ou huit salles. L'été, les familles y allaient après la douche, avec les enfants en pyjama. C'est là que j'ai vu Les Travaux d'Hercule, Les Vikings ou Tarzan. Pour les films d'auteur, il y avait les ciné-clubs à la télévision : c'est comme ça que j'ai vu Los Olvidados, de Luis Buñuel, et Toni, de Jean Renoir. Sinon, il fallait se rendre dans les salles d'art et d'essai du centre-ville. A 16 ou 17 ans, j'y étais fourré cinq ou six fois par semaine. Un ami pigiste au journal La Marseillaise volait les tickets exonérés dans le tiroir du critique cinéma. J'ai donc gratuitement dévoré John Ford, Pasolini, Losey..."


A l'époque, vouliez-vous déjà devenir cinéaste ?
"Pas du tout. Je rêvais d'être un intellectuel communiste. Mon père travaillait sur les quais. Comme tous ses collègues, il était à la CGT, mais n'était pas militant. Moi, j'ai adhéré au Parti à 14 ans, en 68. Gérard Meylan et moi allions à la fac assister aux AG. On ne pigeait pas tout, mais on sentait que cette révolte était juste. J'ai passé des heures à parler avec le père de Gérard, et puis, très vite, je suis allé à la librairie du Parti pour acheter Le Manifeste du parti communiste, La Guerre civile en France... J'y ai cru très fort, jusqu'à l'abandon du programme commun et l'éclatement de la gauche, à l'automne 1977."


Deux ans plus tard, vous rendez votre carte du PC et vous réalisez votre premier film. Faire du cinéma a-t-il été pour vous une autre façon de faire de la politique ?
"Absolument. Du moins, c'est comme ça que je l'ai analysé a posteriori. Toute l'énergie que j'avais investie dans le Parti est passée dans le cinéma. Je ne ferais pas de films si je ne pensais pas qu'ils puissent contribuer au débat."


Quel rôle a joué Ariane Ascaride dans votre venue au cinéma ?
"Je l'ai rencontrée à la fac d'Aix-en-Provence. Elle était venue faire une intervention dans mon amphi en tant que militante de l'Unef. On est tombés amoureux. Elle faisait du théâtre depuis ses 10 ans et voulait passer le Conservatoire de Paris. Quand elle y est entrée, je l'ai suivie. C'est à Paris que j'ai rencontré René Féret, qui m'a proposé d'écrire un scénario (1) avec lui, le seul que je n'ai pas tourné moi-même. Ça a déclenché un truc, comme si on avait appuyé sur un bouton. Je me suis lancé avec l'idée de raconter une histoire le plus simplement possible : peu de mouvements de caméra, une lumière naturelle... Mon dernier film est peut-être un peu plus fluide que le premier, mais il reste fidèle à cette manière rustique."


Pourquoi avoir adopté ce style ?
"Parce que j'ai toujours voulu être un cinéaste populaire. Je peux admirer des films esthétiquement très élaborés, mais je n'aurais pas pu faire un cinéma qui ne soit pas accessible à tous. D'où mon attachement à la narration classique et ma propension à ménager des rebondissements. Je pense que mes films sont regardables par le plus grand nombre. Et partout. Ils ont beau être géographiquement très localisés, ils marchent bien à l'étranger."


Non content d'être un cinéaste politique, vous êtes également un producteur engagé...
"Quand on a fondé Agat Films, tout le monde rigolait. C'était la fin des années 1980, l'heure n'était plus aux collectifs. Or, nous étions quelques-uns à avoir décidé de nous associer pour produire nos films. A égalité... Aujourd'hui, plus personne ne rit, car ce modèle a fait ses preuves. Les 35 heures, nous les avions anticipées de deux ans. Quant au smic à 1 700 euros proposé par Mélenchon, mon candidat pour 2012, c'est déjà une réalité, ici..."

“La crise actuelle va provoquer une révolution
intellectuelle. De ce point de vue, la période
qui s'ouvre est exaltante. Je souhaite qu'elle redonne
aux gens le goût de la politique et de l'engagement.”

Qu'est-ce qui a changé avec le succès de Marius et Jeannette, en 1997 ?
"Tous les jours, en me levant, je remercie Marius et Jeannette. Il y a clairement eu un avant et un après. Ce film est sorti au bon « Moment », au sens léniniste du terme : tous les facteurs coïncidaient pour que ça marche. Chirac venait de dissoudre l'Assemblée, Jospin se retrouvait Premier ministre..."


Quel regard portez-vous sur la crise actuelle ?
"Il va y avoir beaucoup de dégâts. Mais je pense qu'elle va provoquer une révolution intellectuelle. C'est vrai pour la gauche, mais aussi pour la droite de Sarkozy, qui est en train de défaire tout ce qu'elle a entrepris depuis cinq ans. Aujourd'hui, elle s'est même ralliée à la taxe sur les transactions financières, une proposition des altermondialistes ! A situation exceptionnelle, solutions inédites. De ce point de vue, la période qui s'ouvre est exaltante. Je souhaite qu'elle redonne aux gens le goût de la politique et de l'engagement au quotidien."

Dans Les Neiges du Kilimandjaro, Michel demande à Marie-Claire ce que le couple qu'ils formaient à 20 ans penserait de ce qu'ils sont devenus. Qu'aurait pensé le jeune Robert du Guédiguian d'aujourd'hui ?
"Il serait très content... En tout cas, je me suis toujours efforcé d'être fidèle à ce jeune homme. Avec le temps, c'est même devenu un impératif moral, et cette question, je me la pose tous les jours…"
Propos recueillis le 15 novembre 2011 par Mathilde Blottière pour Télérama (n° 3226)
 (1) “Fernand”, de René Féret.

20/01/2012

La bonne conscience du "cas par cas"

La Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, dite Convention de Genève est insuffisante dans la mesure où elle ne protège pas les réfugiés alimentaires et climatiques, parfois précautionneusement désignés comme «réfugiés économiques».
Quoique l’on puisse s’interroger sur la notion d’universalisme trop vite rendue vaine si on tente d’en débattre via des différentiels cultuels, culturels et/ou ethnographiques, impossible de ne pas adhérer aux combats menés par la FIDH pour défendre les droits de l’homme civils et politiques dans le monde. C’est au moins une aspiration naturelle ou une ambition humaine.
 

12/01/2012

«Se faire tordre, à l’envers»

Royal, François Hollande est à la TVA, à la Taxe sur les transactions financières et au Quotient familiale, ce que la sardine est au port de Marseille : normalement mazoutée.

Non pas qu’il n’ait pas compris l’importance que ces mesures impliquent pour ou contre l’instauration d’une réelle justice économique dont tous les candidats se gargarisent du soir au matin. Mais l’impétrant F. Hollande, veut « rassembler » – il le dit et le redit - et aplanir sur l’autel de la paix sociale ce qui oppose et sépare Hervé Gaymard et Bertrand Delanoe, Merkosy et Stéphane Hessel, les électeurs du FN et ceux de J-L Mélenchon, Bayrou et Poutou, Jean Passe et des meilleurs… Et ça ne passe que difficilement, voire pas du tout.

Notre ami Montebourg a lui aussi donné dans le faux semblant et le genre tartarinade cynique. Il a même remis le couvert en proposant sur facebook à ses supposés supporters de lire et relire Frédéric Lordon dans le texte ! Sans succès.

Arnaud Montebourg:
«Je vous conseille cet entretien avec Frédéric Lordon paru sur la Revue des Livres...»

« Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées
www.revuedeslivres.fr

Mais revenons sur l’actualité :

  • La TVA étant l’impôt le plus injuste, comment peut-on encore discuter de son caractère…. « social » et se tâter pour savoir comment et malgré tout faire avaler la pilule !!!???
  • La Taxe sur les transactions financières dont ATTAC a défendu le principe sans discontinuer depuis les années 70 est une idée insupportable pour les spéculateurs du monde entier. On le savait (Voir Médiapart). On peut donc une fois de plus, «lancer l’idée». Il y a peu de chance pour qu’elle aboutisse, surtout si l’on considère qu’une rustine suffira pour rafistoler le pédalo et qu’il ne faut surtout pas se mettre à dos ses amis banquiers qui gardent un si bon souvenir du camarade Jouyet, Jean Pierre, ex Pdt de l'Autorité des marchés financiers nommé par l’Elysée, qui a lui-même gardé de très bons rapports avec les membres de cette institution.
  • Quant au Quotient familiale qui pouvait effectivement être plus qu’un signal envoyé en direction des plus démunis, il n’est plus question de le supprimer, mais de le… « Moduler ». Sic transit gloria mundi !!!

La suite du programme sera-t-elle aussi socialement osée ?
Notre recours par défaut au sarko-lepenisme qui pointe son nez, n’est-il pas en train de «se faire tordre à l’envers» ?
Entendre par là : se faire manipuler par les petites frappes de l’UMP qui ont repéré l’inaptitude du bon François à risquer, seulement risquer d’effrayer les moineaux que nous sommes, quitte à les décevoir un peu plus.

Il leur aura en tout cas suffit de faire grincer quelques dents à l’annonce d’une suppression du dit Quotient, pour que l’ex 1er secrétaire de Solférino en soit réduit à faire visiter son chouette local de campagne, 59, Avenue de Ségur. Là même où le Haut commissariat aux Solidarités actives de Martin Hirsch, avait concocté le RSA. Tout un symbole qui ne devrait cependant pas faire oublier un cumul de pas bien mal assurés et de mandats normalement incertains si la logique est respectée.

11/01/2012

Ni vus ni connus !

Cette info étonnante :

«(...) Les mafieux ont changé de visage et sont désormais des banquiers, des avocats ou des notaires à l'allure respectable, (si, si) poursuit SOS Impresa. "C'est de l'extorsion en col blanc. De par leurs métiers, ils connaissent les mécanismes du marché du crédit légal et ils connaissent souvent parfaitement la situation financière de leurs victimes ».
Relevée ici

mafia, banquiers

02/01/2012

Refus d’ADN, le cas de Lisandru Plasenzotti

Plusieurs organisations soutiennent le refus de fichage ADN : les faucheurs volontaires, la Ligue des droits de l’homme, la Confédération Nationale du Travail, la CGT, les verts et le syndicat de la magistrature...

Pour plus de précisions, lire :"Je viens de refuser le prélèvement ADN, je fais quoi ?"

 

Flash back sur le cas urgent et particulier de Lisandru Plasenzotti, récit :

lisandru plasenzotti,refus d’adn

Lisandru Plasenzotti, étudiant en histoire de 22 ans, a été libéré le 5 septembre 2011 après deux mois de détention provisoire. Le jeune homme avait été arrêté et mis en examen le 5 juillet avec trois autres jeunes gens, accusés d'avoir aidé dans leur cavale deux auteurs présumés d'une fusillade. 

A l'issue de leur garde à vue au commissariat d'Ajaccio, tous avaient été libérés et placés sous contrôle judiciaire, sauf Lisandru Plasenzotti, qui avait gardé le silence et refusé un prélèvement ADN.

Pour son père, Jean-Toussaint Plasenzotti, militant nationaliste qui a mené une grève de la faim de deux semaines pour obtenir la libération de son fils, «la raison cachée de cette détention provisoire, alors qu'il avait les charges les plus faibles des quatre mis en examen, est le refus de prélèvement ADN». Une interprétation qu'a démentie par le procureur de la République d'Ajaccio.

«J'ai été arrêté le 5 juillet à 9 heures du matin, en même temps que trois autres personnes, et mis en examen pour recel de malfaiteur. On m'accuse, sans preuve, d'avoir prêté mon appartement et de leur avoir donné de l'argent. Assez rapidement pendant la garde à vue, les policiers m'ont dit «Allez, viens, on va te prendre la photo, les empreintes et l'ADN». 

«J'ai refusé et les OPJ m'ont dit que je n'en avais pas le droit, puis ils m'ont remis en cellule une demi-heure et sont revenus à la charge. Ils m'ont dit qu'après comparaison l'ADN serait détruit, mais qu'est-ce qui me le prouve et avec quoi comptaient-ils comparer mon ADN ? Avec celui présent dans mon appartement puisqu'on m'accuse d'avoir prêté mon appartement ? C'est absurde.

«Les trois autres personnes mises en examen, dont une qui a reconnu avoir prêté son logement, de l'argent et transporté une arme, ont été relâchées. Comme par hasard, je suis le seul à avoir refusé un prélèvement, et le seul mis en détention provisoire. D'ailleurs, même les OPJ me l'ont dit, ils m'ont reproché le fait d'avoir utilisé mon droit au silence et d'avoir refusé le prélèvement d'ADN, et m'ont indiqué que j'irai donc sûrement en prison.

«J'ai refusé le prélèvement parce que c'est une chose plus que personnelle. L'homme n'a pas le droit de donner son ADN, car il se fiche lui-même, ses enfants et sa famille par la même occasion. De plus, ce fichage ADN peut être extrêmement dangereux. Quand on a demandé, sous le régime de Vichy, aux juifs de se recenser comme tels, ils se disaient qu'ils n'avaient rien à se reprocher et ont dû obtempérer. Mais ils ont fini dans les camps de concentration nazis. Un changement de gouvernement ou de politique peut arriver à n'importe quel moment.»

Son père à écrit une lettre au Magistrat instructeur... Sans réponse à ce jour !!!

Aujourd’hui encore, Lisandru Plasenzotti poursuit sa grève de la faim.

La Section de la L.D.H. CORSE et la Fédération L.D.H. des B. du Rh. appellent les ligueurs et les ligueuses à demander par téléphone au Magistrat instructeur et à la   Direction des Baumettes d'hospitaliser immédiatement Lisandru Plasenzotti.

Les appels, courtois et calmes, sont à adresser à :

  • M. Claude Choquet, Magistrat instructeur : 04 91 15 55 16 
  • M. Alvès ou M. Ruffenach, Direction de la prison des Baumettes : 04 91 40 81 01

Mardi 3 janvier à 9h30 le Vice-Président de la L.D.H. 13 qui a obtenu un permis de visite ira à la prison voir Lisandru, lui apportant un message d'humanité et de fraternité. 

A l'issue de cette visite, devant la prison, une conférence de presse est prévue à 11h.


01/01/2012

«Reading with death».

Nous savons qu’il y aura encore des morts, encore des incertitudes, des désespoirs, des abandons, des tristesses, des naïvetés, des inconsistances, des ignorances, des arrogances, de mauvais rêves, de fausses solutions, des giratoires cons, des combines et des contreparties, des bassesses et la solitude, l’envie d’en découdre et celle de cicatriser, les trottoirs froids et les surfaces sans profondeur, des périmètres clôturés et des non-dits, et des dénis, et des messes basses, et des convois sournois. Nous savons qu’il sera impossible de croire encore longtemps à un renversement de situation malgré le tonneau d’espoirs que nous avons cru devoir remplir à mains nues.
Tout continu.

2012, reading with death

2012 ... En guise de vœux, cette citation de René Daumal dans « Contre-ciel » : « Désapprendre à rêvasser, apprendre à penser, désapprendre à philosopher, apprendre à dire, cela ne se fait pas en un jour. Et pourtant nous n'avons que peu de jours pour le faire. » … sur un tableau de JM Basquiat «reading with death».

15/12/2011

Salah Hamouri. LIBRE.

La nouvelle de la libération de Salah Hamouri, détenu jusqu’au 18 décembre par l’Etat d’Israël, est au moins aussi réjouissante que celle de Gilad Shalit, détenu par le Hamas. La réciprocité s’arrête là. Pas l’instrumentalisation, tant les égos individuels et/ou partisans ont à gagner à ergoter sur la valeur de la Liberté selon son origine ou sa destination.

Hypocrisie supplémentaire : hier encore, il était convenu de dénombrer les otages français dans le monde à un moment ou à un autre des JT, en oubliant systématiquement voire sciemment Salah Hamouri. Aujourd’hui on s’arrache et se glorifie de sa double nationalité comme pour mieux faire oublier que la cause palestinienne n’est pas réglée pour autant.

Salah Hamouri libre

Le cynisme des déclarations faites ici ou là qui ont fait suite à l’entrée au forceps de la Palestine à l’UNESCO, (comme celle-ci : «Les Palestiniens ne sont pas un peuple parce qu’ils n’ont jamais eu d’État et qu’ils faisaient partie de l’empire ottoman avant la création d’Israël» dixit Newt Gingrich, candidat républicain à la Maison Blanche) ; la rage des gouvernements qui s’y opposaient (Allemagne, Canada, États-Unis ...), doivent être clairement entendues comme une incitation à la vigilance et au maintien d’une pression internationale pour que l’existence de la Palestine soit un jour reconnue et protégée.

09/12/2011

Martina Davis Correia (1967-2011)

Cette note fait écho à l’exécution de Troy Davis. La disparition de Martina Davis Correia est d’autant plus bouleversante qu’elle précède l’annonce de la non-exécution de Mumia-Abu-Jamal, lui aussi condamné à la peine de mort par une justice raciste.  

Martina Davis Correia, Troy Davis ,Mumia-Abu-Jamal ,Libertes-libertes-cheries

Sandrine Lerma, vendredi 2 décembre 2011 sur Facebook a écrit : 

«Martina Davis Correia, sœur de Troy Davis et infatigable activiste de la lutte contre la peine de mort aux USA, s'est éteinte le 1er décembre après avoir lutté 11 ans contre le cancer du sein sans jamais laissé la maladie entraver sa détermination à lutter contre la peine de mort, tout autant au nom de son frère qu'animée par un sincère désir de justice.

Elle a soutenu jusqu'au bout les causes qui lui étaient chères, l'abolition de la peine de mort et la prévention du cancer de sein avec un courage et une énergie suscitant l'admiration de tous ceux qui ont été, de près ou de loin, touchés par son travail.

Elle restera à n'en pas douter une source d'inspiration pour ceux qui ont été le témoin de son action, bien au-delà des frontières de l'état de Géorgie, et l'une des réponses à la question "L'engagement individuel peut-il vraiment faire une différence?"

Martina Correia s'était vu décerner en 2010 le Prix Seán MacBride Award décerné par Amnesty International Ireland pour sa contribution exceptionnelle à la cause des droits humains.

En 2009, son travail avait déjà été récompensé par le Georgia Civil Liberties Award décerné par l'American Civil Liberties Union et le Frederick Douglass Award, attribué par le Southern Center for Human Rights.»

Son fils De'Jaun, ainsi que Kimberly, Ebony et Lester, ses frère et sœurs, peuvent être fières d’elle. Il nous appartient de relayer sa lutte pour l’abolition de la peine de mort, et ce au moment où l’on s’apprête à commémorer la Déclaration universelle des droits de l’Homme le 10 décembre 2011

06/12/2011

L’héritage de la chouette

Documentaire réalisé en 1989 et mis en scène à partir de douze mots de racine grecque par Chris Marker, cinéaste et philosophe, auteur de "La Jetée", qui les décortique pour faire apparaître ce dont nous avons hérité de la Grèce antique.

Des États-Unis au Japon, il a baladé sa caméra là où tout mot prend sens, il a rencontré tout un aéropage d'hellénistes, logiciens, hommes politiques, artistes et a confronté leurs discours aux mémoires des cinémathèques.

Ce n’est pas un hasard si la chouette, symbole de la Grèce, avec ses immenses yeux incrédules, est omniprésente derrière les intervenants. Elle suggère la méfiance envers les opinions émises et invite à trier entre ce que nous savons et ne savons pas.

chris marker,l'héritage de la chouette,grèceCe documentaire rare et très peu distribué
est à consulter en 13 épisodes dans l’ordre
ou le désordre via le lien ...
http://gorgomancy.net/azertuyop/

 Découpage :

1. "Symposium" ou les idées reçues

A Paris, Tbilissi, Athènes et Berkeley, des historiens se prêtent au jeu de la reconstitution du « symposium », le banquet grec, autour de tables garnies de mets et de vin. Dans ce premier volet et parfois dans les suivants, leur discussion à bâtons rompus explorent divers thèmes et rejoint, au fil des digressions, des interventions isolées.

2. "Olympisme" ou la Grèce imaginaire

L’héritage de la Grèce, recomposé dans l’imaginaire contemporain, a parfois donné lieu à de terribles détournements au profit d’idéologies totalitaires comme le nazisme. Les jeux olympiques de 1936 à Berlin sont à cet égard symboliques, et la représentation du corps dans « Olympia » de Leni Riefensthal témoigne de la récupération d’un idéal au profit d’une toute autre esthétique.

3. "Démocratie" ou la cité des songes

Que recouvre précisément le mot « démocratie » lorsqu’il désigne la cité-état antique ou nos systèmes politiques contemporains ? Quelles sont les anologies ou, au contraire, les différences radicales entre des réalités séparées de plus de vingt siècles ? Certains fonctionnements ne sont-ils pas propres à toutes les civilisations ?

4. Nostalgie ou le retour impossible

Ithaque, emblème de la patrie lointaine que nul ne doit oublier : tel serait l’enseignement universel de l’« Odyssée » d’Homère. Quels liens peuvent se tisser entre une Grèce moderne dont l’histoire fut tourmentée par tant d’exils et la Grèce antique dont l’héritage est revendiqué par toute l’humanité ? Pour Vassilikos, Ionatos et Svoronos, le mot qui définit le mieux les Grecs est « nostalgie ».

5. "Amnésie" ou le sens de l’histoire

Fondée sur le témoignage ou « l’autopsie », qui signifie littéralement « se voir soi-même », notre conception de l’Histoire s’est beaucoup transformée depuis Hérodote. A des réflexions sur l’histoire, sur la relation entre politique et mémoire, succèdent les paroles de Vassilikos et de Kazan sur la génèse difficile de la Grèce contemporaine.

6. "Mathématique" ou l’empire des signes

L’héritage que nous ont imposé les Grecs avec l’espace géométrique et le langage mathématique émerveille Serres. Pourtant, à la base de l’intelligence artificielle se trouve l’algorithme arabe qui apparaît déjà dans l’écriture hiéroglyphique ou cunéiforme. Andler évoque la recherche d’une articulation entre la logique parfaite d’Aristote et l’incertitude qui règne dans les sciences cognitives.

7. "Logomachie" ou les mots de la tribu

Tous les sens de « logos » ont jailli d’un petit territoire entre Ephèse et Patmos. Selon Aristote, l’animal humain lutte avec une arme spécifique, la parole, et dans l’univers de la dialectique, ceux qui doivent s’entendre, explique Sissa, ne doivent pas se battre, mais utiliser tous les pièges de la persuasion. Le destin du logos serait-il la « logomachie », la bataille des mots ?

8. "Musique" ou l’espace de dedans

« L’art a souvent voulu imiter le réel alors qu’il devrait créer des univers sans précédents », dit Xenakis qui, comme Ionatos, tente d’expliquer ici sa vocation musicale. Loin de là, Patmos, lors de la Pâque orthodoxe… sublime lieu d’élection pour une méditation sur la musique antique puis chrétienne.

9. "Cosmogonie" ou l’usage du monde

Pour cette réflexion sur la création, Serres part de la statuaire grecque, puis Marker nous entraîne sur les pas d’une Koré de l’Acropole exposée à Tokyo. Le mystère de la cosmogonie divine est exploré par Castoriadis et Xenakis, qui s’interroge aussi sur la créativité de l’homme. Parmi les idoles que nous érigeons, Vernant présente la face monstrueuse de la Gorgone, miroir de la mort.

10. "Mythologie" ou la vérité du mensonge

Il existe un ensemble de mythes auxquels nous nous référons toujours. Steiner s’interroge sur leur genèse et leur place dans le psychisme. Ploritis évoque leur propagation ; Yoshida montre qu’ils ont été transmis au Japon dont la religion présente de fortes affinités avec ce polythéisme grec dont Nietzsche fit un modèle de tolérance car il n’engendra aucun massacre.

11. "Misogynie" ou les pièges du désir

La conception grecque de la sexualité était très différente de la nôtre. Que pensaient les Grecs du désir ? Murray et Sissa expliquent différents enjeux sociaux de l’homosexualité masculine. Objets de conquêtes ou mères, les femmes ont un statut d’éternelles mineures et semblent réduites au silence dans la cité. Pourtant, les dramaturges ont donné vie à des femmes hors du commun.

12. "Tragédie" ou l’illusion de la mort

La scène débute dans un petit bar de Tokyo, La Jetée, où l’on discute des Atrides et d’Angelopoulos. La parenté entre la Grèce et le Japon est justifiée par Xenakis et Vassilikos, puis viennent des explications sur la tragédie. Mais qui est responsable du devenir de cet héritage? Les Grecs modernes, proclame Minotis, aussitôt démenti par les images d’une « Médée » montée en Grèce par Yukio Ninagawa.

13. "Philosophie" ou le triomphe de la chouette

Honneur à la chouette, emblème de sagesse : à l’instar du philosophe elle sonde les ténèbres… Exprimés avec passion ou austérité, les avis divergent sur la définition de la philosophie. Serres, avec gravité, récuse l’idée d’une philosophie au service du pouvoir, tandis qu’au cours du banquet réuni à Tbilissi, un hommage serein est rendu à l’art du dialogue et à la belle mort du philosophe.

02/12/2011

La gangrène et l’oubli

Dans « La gangrène et l’oubli », Benjamin Stora écrivait en 1998 :
«La levée des sanctions à l’égard de responsables d’atrocités commises pendant la guerre d’Algérie interdit de vider l’abcès, puisqu’il y a effacement des repères qui distinguent entre ce qui est crime et ce qui ne l’est pas. (…)»

A partir de la fin de la guerre d’Algérie, les autorités françaises ont promulgué une succession d’amnisties et de grâces vis-à-vis des militaires qui avaient eu recours à la torture. Le général Bigeard en a bénéficié. D’après Gilles Manceron, membre de la LDH et rédacteur d’une de ses revue « Hommes et Libertés » :

« Ce furent d’abord les décrets promulgués lors des accords d’Évian, les 20 mars et 14 avril 1962, qui effaçaient à la fois les "infractions commises avant le 20 mars 1962 en vue de participer ou d’apporter une aide directe ou indirecte à l’insurrection algérienne", et celles "commises dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre dirigées contre l’insurrection algérienne". Puis vinrent quatre lois successives. La première, du 17 décembre 1964, concernait les "événements" d’Algérie et fut suivie, le 21 décembre, d’une grâce présidentielle pour 173 anciens membres de l’OAS. Celle du 17 juin 1966 amnistiait les "infractions contre la sûreté de l’État ou commises en relation avec les événements d’Algérie". Vint ensuite, en pleine crise de Mai 68 et liée directement à elle, la grâce du 7 juin 1968 concernant, cette fois, tous les membres de l’OAS qui étaient encore détenus ; elle fut suivie de la loi du 24 juillet effaçant toutes les infractions liées aux "événements" y compris celles "commises par des militaires servant en Algérie pendant la période". Cette loi, malgré le dépôt d’un amendement socialiste allant dans ce sens, ne stipulait pas encore la réintégration des intéressés dans leurs fonctions civiles ou militaires ni dans leurs droits à porter leurs décorations. »

torture algérie, bigeard, invalides

« Ce fut chose faite après l’arrivée de la gauche au pouvoir. Déjà, en 1965, l’extrême droite proche de l’OAS avait été appelée à se rallier à la candidature de François Mitterrand ; l’année suivante, un projet de loi déposé par Guy Mollet, Gaston Deferre et le même François Mitterrand avait proposé le rétablissement des condamnés de l’OAS dans leurs grades et leurs fonctions ; et, en 1972, le programme commun de la gauche ne comportait aucune référence ou allusion aux suites de la guerre d’Algérie ni à la lutte pour la décolonisation. Avant les élections présidentielles de 1981, des négociations menées par des proches du candidat François Mitterrand aboutirent à l’appel du général Salan à voter Mitterrand et, entre les deux tours, à celui de l’organisation de rapatriés le RECOURS à "sanctionner" Valéry Giscard d’Estaing. C’est donc bien dans la ligne de cette politique que fut votée le 3 décembre 1982 la dernière des lois d’amnistie réintégrant dans l’armée les officiers généraux putschistes et permettant même les "révisions de carrière" nécessaires à la perception de l’intégralité de leurs retraites. Cela, au nom de l’argument formulé par François Mitterrand : "Il appartient à la nation de pardonner." »

Aujourd’hui, il n’est donc plus question de pardonner, mais d’honorer carrément le général Bigeard, commanditaire de la torture en Algérie (!!!) et ce, malgré des témoignages sans équivoque.

Une des chevilles ouvrières de cette histoire aussi grotesque qu’abjecte est l’actuel ministre de la Défense Gérard Longuet, créateur à l’époque du Mouvement Occident (extrême droite).
Ne pouvant pas faire disperser les cendres du général au dessus de Dien Biên Phù, les autorités vietnamiennes s’y opposant, notre ministre a adressé une lettre à la fille du général, pour lui proposer que les cendres de son père soient transférées aux Invalides. Celle-ci a finalement donné son accord à ce transfert, pour lequel aucune date n’a encore été fixée, a-t-on précisé au ministère de la Défense (AFP (17/11/2011 à 18:34).

Bien qu’aucune lettre ne nous soit parvenue pour que nous donnions notre avis (!), nous pouvons l’exprimer en signant une pétition qui s’oppose à cette provocation.  

 

28/11/2011

L'angle alpha convoqué à Durban

Dans un opus atypique de Frédéric Lordon intitulé « D'un retournement l'autre », (récit de la crise financière en quatre actes, et en alexandrins - Seuil, 14 euros) … on trouve cette réplique faite par un conseiller présidentiel aux banquiers cyniques :

« Vous méprisez le peuple et c'est bien votre affaire.
Vous avez de la chance, il est moins sanguinaire
Qu'à certaines époques où ceux de votre engeance
Voyaient sur une pique finir leur arrogance. »

Il n’y a bien sur pas que les banquiers qui soient susceptibles de servir de repère pour déterminer « l’angle alpha » décrit par le même Frédéric Lordon, économiste atterré, dans la vidéo qui suit :


Le néo-libéralisme et l'angle alpha de Frédéric Lordon par asi

L’angle Alpha étant, pour schématiser, l’angle qui nous rapproche ou nous éloigne de notre servitude aux systèmes dominants : une manière de mesurer notre consentement ou notre résistance au pouvoir érigé en système.

Depuis une bonne dizaine d’années, les modes de fonctionnement des entreprises privées servant de modèle à nos institutions et à nos services publics, la logique du néolibéralisme s’étend perceptiblement à des domaines qui ne sont pas seulement « financiers ». Ils peuvent être culturels au sens large et s’étendre à la vie sociale et individuelle. (*) Mais pas que.

Autre extension donc : « l'enjeu de la crise climatique est bien notre rapport malsain à la puissance, puisque le carbone fossile est la forme la plus efficace et malléable d'énergie que l'homme ait trouvé à sa disposition pour assouvir son propre désir de puissance... ou celui de ses chefs »

lordon,durban,angle alpha

En période électorale, les lobbies ont carte blanche pour y parvenir puisque, vu sous cet angle, le néolibéralisme, n’est pas du tout un « laisser faire », mais au contraire le résultat d’une politique délibérée, très organisée, même si, au bout du compte, elle s’avère suicidaire.

« Aussi modestes qu'elles soient, les politiques publiques de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ont été gravement sapées, dès le début, par les feintes de nombreux groupes industriels, sans qu'il en coûte quoi que ce soit auxdits groupes. Et l'on sait (ou l'on devrait savoir) à quel point les "climato-sceptiques", universitaires et surtout politiques, sont soutenus financièrement par les grandes firmes de l'énergie carbonée (Exxon et Koch Industries aux Etats-Unis, mais également, de ce côté-ci de l'Atlantique, GDF-Suez, Lafarge ou encore BP). » (**) (***)

A l’heure où s’ouvre la conférence de Durban sur le changement climatique, nous devrions nous en souvenir.

Sources : * ;  ** ; ***

12/11/2011

Qui demain, défendra l’Etat social ?

Suite à un article paru dans le journal Le Monde titré «Les économistes de gauche poussent François Hollande à se démarquer de la politique d'austérité», on peut effectivement se demander si le nouveau leader du PS est en mesure de répondre à cette attente. (Qui défendra demain l’Etat social ?)

"Contrairement à l'idée répandue que la politique de "mondialisation" tend à favoriser leur dépérissement, les Etats continuent en fait à jouer un rôle déterminant au service de la politique qui les affaiblit. Il est remarquable que les politiques visant à déposséder les Etats au profit des marchés financiers aient été édictés par des Etats, et, qui plus est, des Etats gouvernés par des socialistes. Ce qui signifie que les Etats, et tout spécialement ceux qui sont gouvernés par des sociaux-démocrates, contribuent au triomphe du néo-libéralisme, non seulement en travaillant à la destruction de l'Etat social (c'est-à-dire notamment des droits de travailleurs et des femmes), mais aussi en cachant les pouvoirs qu'ils relaient" [Contre-feux 2, 2001].

piranhas néolibéraux

La réflexion de Pierre Bourdieu pourrait bien être d’une cuisante actualité tant il est vrai qu’à vouloir noyer le poisson, le pêcheur social-démocrate n’a aucune chance face aux piranhas néolibéraux.
Et qu’il est de plus en plus probable que le PS tel que représenté par F. Hollande n’aura ni le courage ni la volonté de se démarquer vraiment de la droite libérale.
A moins que la mobilisation à la gauche de ce PS là ne s’active, comment évitera-t-on alors de s’enfoncer davantage encore dans la médiocrité ? La médiocrité a des œillères, ça crève les yeux ! En plus, elle est sourde, obstinée, apathique et, par faiblesse, s’amuse à noyer le …. poisson.

Rappel à méditer :

Les piranhas ont très peu de prédateurs et à part le caïman et le héron, les principaux dangers qui menacent ce poisson sont les membres de sa propre espèce.

Pour ce qui est de la chair de ce poisson, elle n’est pas très savoureuse et n’a pas beaucoup de goût.

Les indigènes qui doivent faire traverser un cours d’eau à un troupeau savent qu’ils doivent souvent payer un tribut aux bancs de piranhas. Ils sacrifient un animal faible ou malade afin d’attirer ces poissons. Pendant qu’ils dévorent leur proie, le reste du troupeau passe dans une sécurité toute relative.

11/11/2011

Les fusillés pour l’exemple de 14-18

Le combat pour la réhabilitation des soldats fusillés pendant la Grande Guerre a été, après l’affaire Dreyfus, un de combats fondateurs de la Ligue des Droits de l’Homme et n’a cessé depuis, de faire son chemin.

Après le discours du premier ministre Lionel Jospin en 1998 à Craonne et les propos du président Sarkozy à Douaumont en 2008, la LDH estime qu’une véritable réhabilitation ne peut uniquement reposer sur une nouvelle déclaration présidentielle vouée à rester sans effet.

Le non engagement de l’Etat sur ce sujet est constant. Les non réponses apportées aux questions écrites que les parlementaires font régulièrement parvenir au ministère concerné sont elles aussi significatives d’une évidente mauvaise volonté. Les discours ne suffisent pas.

réhabilitation des fusillés pour l'exemple,

« France, sois fière de ton pioupiou,
Car il t’aime d’amour fou,
Pour lui c’est un délice
De t’offrir sa vie en sacrifice ».

… « Vivement l’armistice »


Concrètement, la Ligue des Droits de l’Homme demande :

  • qu’après étude par une commission ad hoc, les condamnations soient annulées par la Cour de cassation, sans renvoi devant une autre juridiction, comme dans l’arrêt innocentant le capitaine Dreyfus.
  • que cette commission puisse être saisie des autres cas d’injustices commises par les tribunaux militaires, et des cas d’exécutions sans jugement, exécutions qui ont touchées de nombreux étrangers engagés volontaires et des soldats appartenant aux troupes coloniales.
  • qu’une commission rassemblant historiens, juristes, et représentants d’associations, puisse avoir accès sans entrave aux archives militaires nationales pour que tous les fusillés pour l’exemple soient reconnus comme tels sur les registres d’état civil et que leurs noms, s’ils n’y figurent pas déjà, soient ajoutés sur les monuments aux morts.

Ce serait leur rendre un véritable hommage si, en 2014, pour le centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, nous pouvions être enfin dignes de leur mémoire.

09/11/2011

1981 – 2011 : votation citoyenne

La LDH des AHP constate avec satisfaction qu’Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne, vient d’être désignée rapporteur de la proposition de loi sur le droit de vote et l’éligibilité, aux élections locales, des étrangers non-ressortissants de l’Union européenne résidants en France. Et que cette proposition de loi sera discutée en séance publique le 8 décembre 2011 au Sénat.

Une occasion de ne pas manquer pour faire du vote des étrangers une réalité et non plus une 101ème proposition confinée aux oubliettes des promesses non tenues depuis 1981. Cette avancée même tardive doit être un aboutissement en regard des efforts déployés par le monde associatif autour de la votation citoyenne, efforts qui avaient été jusqu’ici largement ignorés par les médias.

De plus, ce vote intervient au moment où l’on doit surmonter le handicap d’une politique xénophobe et sécuritaire revisitée par un ministre de l’Intérieur des plus zélés dont la mission avouée est décidemment incompatible avec les Droits de l’Homme. Ce vote est donc doublement significatif.

votation citoyenne 1981 - 2011

Le 19 juillet 2011, la sénatrice d’EELV, qui est aussi directrice de recherche à la Sorbonne, et avait été auditionnée par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sur «Comment interpréter la montée du racisme et de l’antisémitisme en France aujourd’hui ?»,  avait déclaré :

« (…) aux yeux de certains on ne peut jamais devenir français. La France n’appartiendrait qu’à ceux qui sont réputés y avoir vécu de toute éternité. Comme si la mondialisation et les moyens de transport et de communication modernes n’avaient rien changé à la France d’autrefois, où l’on mourait là où l’on était né. Et comme si l’exode rural, entamé au XIXe siècle, n’avait pas depuis longtemps érodé un ancrage de plus en plus imaginaire. A vrai dire, il ne suffit même plus de naître en France pour être Français. Les Arabo-musulmans nés en France, citoyens de ce pays, ne sont toujours pas considérés comme des Français à part entière, même lorsque les aïeux de certains d’entre eux ont versé leur sang pour ce pays.

(…) dans son «J’accuse», Zola – «l’Italien» – stigmatisait l’exploitation faite des passions antisémites. Aujourd’hui, on assiste à l’exploitation faite des passions nationalistes par une droite que le FN a mise au pas, et qui, pour rattraper Marine Le Pen, s’ingénie à inoculer le poison xénophobe à une population à qui elle n’a rien d’autre à offrir pour améliorer son quotidien qu’une idéologie datée. La gauche française est en grande partie née des turbulences de l’affaire Dreyfus. Espérons qu’elle sortira renforcée de cette campagne et qu’elle arrivera au pouvoir unie, avec de vraies propositions. Si Eva Joly, à ses dépens, a servi à ce renforcement et à ce sursaut, ce sera tant mieux. On n’avait pourtant pas besoin d’une «affaire Joly». L’affaire Dreyfus nous aurait amplement suffi.» Source

Les parlementaires français et notamment ceux des partis situés à gauche de l’échiquier politique, sont aujourd’hui au pied du mur. Esther Benbassa est tout à fait capable de les aider à l’escalader conformément aux termes d’un des nombreux communiqués signés par le collectif Votation Citoyenne, pour mettre fin à trente années de faux-fuyants sur le droit de vote des étrangers.

08/11/2011

Soutien à Charlie Hebdo

Intervention de Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme, en soutien à Charlie Hebdo, dimanche 6 novembre à l’Hôtel de Ville.

Mettre le feu à un journal, empêcher le déroulement d’une pièce de théâtre ; ces actes de violence ne sont jamais anodins. L’agressivité des censeurs, le surgissement d’incendiaires, annoncent des temps difficiles et la tentation de certains d’imposer leurs détestations et leurs peurs en dogmes intangibles, indiscutables. Avec ce que cela suppose de périls pour les autres, hérétiques et boucs émissaires de tous ordres, pour leurs droits et liberté, droits et liberté qui sont les nôtres.

Censures, charlie hebdoAprès l'interdiction de l'hebdo Hara-kiri en 1970 (suite à la une du 16 novembre sur la mort du général De Gaulle titrée "Bal tragiqueà Colombey - 1 mort")
tous les membres de l'équipe
(Choron, Cavanna, Gébé, Cabu, Reiser, Delfeil de Ton, Willem, Wolinski…)
ont décidé de continuer, en changeant juste de nom : Charlie Hebdo est né.
Le premier numéro est sorti le 23 novembre 1970.

Aux fondamentalistes de tous ordres, y compris celui des simplistes et des imbéciles, la Ligue des droits de l’Homme oppose le respect de la loi commune, la défense intransigeante des libertés démocratiques, y compris celle de blasphémer, une solidarité intangible avec les victimes, même lorsqu’elle n’en partage ni les vues ni les moyens choisis pour les exprimer. Car lorsqu’on déchaîne la violence contre un théâtre, une bibliothèque, un journal, un lieu de culte ou une population ciblée comme indésirable, c’est toujours la République, la citoyenneté qu’on prend pour cible.

C’est le sens de notre présence, de notre solidarité et de notre soutien à une mobilisation puissante pour la démocratie, la laïcité, un vivre ensemble qui se décline effectivement en termes de liberté, d’égalité, et enfin de fraternité.

Pierre Tartakowky,
président de la Ligue des droits de l’Homme.

Retour de flamme à destination de Pascal Boniface et de ses soutiens qui pourraient, si ce n'est déjà fait, se croire obligés de prendre fait et cause pour les censeurs incendiares et illuminés de tout poil, lire la note intitulée  "Allah est grand et Tartuffe est son prophète!"  

05/11/2011

Pour un audit citoyen de la dette !

Plus de 10000 manifestants ont parcouru les rues de Nice pour lancer le forum des peuples face au G20.

Après des semaines d’une campagne de communication alarmiste par les autorités locales, et malgré un déploiement outrancier de forces de sécurité, les organisations et mouvements sociaux présents à Nice ont réussi une marche festive, créative, loin de tous les préjugés et clichés utilisés pour déligitimer les altermondialistes.

Parti de Manosque le 1er novembre, un groupe d'amis est revenu de Nice et nous a fait parvenir son témoignage.

anti G20 NICE

La video qui suit : "Debtocracy" a été réalisée par deux journalistes grecs.
Ils disent :

"(...) Le problème de la Grèce est que notre fiscalité ne s’est pas adapté au modèle d’État-providence que nous avons mis en place : les entreprises ne sont pas assez taxées, les déficits ne sont donc pas contrôlés. Nous avons aussi un grave problème de corruption, mais cela reste un détail : nous pourrions mettre tous les politiques en prison, mais qu’est-ce que cela changerait ?
"(...) les plans de sauvetage n’ont en vérité qu’un seul objectif : sauver les banques françaises et allemandes, qui tomberaient si la Grèce faisait banqueroute.

(...) Une fois que cela est dit, la première chose que nous devons faire est de mener un audit de la dette grecque, de manière à discerner la dette légale de celle qui ne l’est pas. Un certain nombre d’indices tendent à montrer qu’une grande partie de la dette est odieuse, voire illégale. Mais seule une commission d’audit saurait le démontrer. (...)"


Debtocracy International Version par BitsnBytes

Appel signé par la LDH

… et le lancement d’un vaste débat démocratique.

Écoles, hôpitaux, hébergement d’urgence… Retraites, chômage, culture, environnement… nous vivons tous au quotidien l’austérité budgétaire et le pire est à venir. « Nous vivons au-dessus de nos moyens », telle est la rengaine que l’on nous ressasse dans les grands médias.

Maintenant « il faut rembourser la dette », nous répète-t-on matin et soir. « On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France ».

Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe.

Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis 20 ans ont-ils asséché les budgets ?

Cette dette a-t-elle été toute entière contractée dans l’intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime ?

Qui détient ses titres et profite de l’austérité ? Pourquoi les États sont-il obligés de s’endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que celles-ci peuvent emprunter directement et pour moins cher à la Banque centrale européenne ?

Nous refusons que ces questions soient évacuées ou traitées dans notre dos par les experts officiels sous influence des lobbies économiques et financiers. Nous voulons y répondre nous-mêmes dans le cadre d’un vaste débat démocratique qui décidera de notre avenir commun.

En fin de compte, ne sommes-nous plus que des jouets entre les mains des actionnaires, des spéculateurs et des créanciers, ou bien encore des citoyens, capables de délibérer ensemble de notre avenir ?

Nous décidons d’engager le débat et de nous mobiliser dans nos villes, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail, en lançant un vaste audit citoyen de la dette publique.

Nous créons au plan national et local des collectifs pour un audit citoyen, avec nos syndicats et associations, avec des experts indépendants, avec nos collègues, nos voisins et concitoyens.

Nous allons prendre en main nos affaires, pour que revive la démocratie.

 APPEL POUR UN AUDIT CITOYEN

26/10/2011

Le syndrome des habits de l'empereur

Le 5 mai 2010, Florence Palpacuer, membre du conseil scientifique d’ATTAC rédigeait un article intitulé «Débats autour de la Grèce : le roi est nu !».
Cette réflexion est malheureusement toujours d’actualité.

Pour la résumer, il s’agit de dénoncer, pour y mettre fin, la pratique de systèmes mafieux dans lesquels prêteurs et emprunteurs, avec l’aval de gouvernements sciemment laxistes, impuissants ou pris en otages, s’entendent pour réaliser des profits démesurés, justement qualifiés d’«odieux».

Pour l’instant, mis à part les mouvements d’indignés de type «Wall Street», à ne pas confondre avec ceux des «printemps arabes» qui manifestent contre des dictatures «classiques» et ont à surmonter le risque de l'intégrisme religieux, l’horizon économique est loin d’être dégagé.
Pourtant certaines initiatives commencent à percer qui pourraient à terme s'avérer positives.
Par exemple : près d’une trentaine d’associations et d’ONG européennes viennent de participer à la création de Finance Watch.
Il s'agit d'une instance indépendante qui veut jouer le rôle de «contre-pouvoir face à l’activité bancaire» et qui se donne trois missions : Expertise ; Lobbying auprès de la Commission et du Parlement européen pour contrer le travail d’influence permanent des banques ; Communication auprès du public pour l’informer des transactions bancaires au niveau européen et ouvrir un débat citoyen et transparent avec les élus et leurs électeurs.

« Débats autour de la Grèce : le roi est nu ! », florence palpacuer

Pour en revenir au contenu de la note rédigée par Florence Palpacuer à propos de la Grèce, on peut rajouter ou souligner, que toutes les simagrées actuelles mises en scène à Cannes, Deauville ou Bruxelles, ne suffiront jamais à rétablir la situation économique des pays frauduleusement endettés.

Ce qui est très souvent et soigneusement oublié lorsque l’on parle de dette souveraine : ce ne sont ni les «recapitalisations», ni les abandons de créances qui rétabliront l’équilibre budgétaire de la Grèce ou de tout autre pays trop endetté. Tant que la question de l’évasion fiscale, de ses paradis artificiels ou des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement d’un Etat – comme par exemple un cadastre mis à jour ou des services publics et fiscaux au service de l’intérêt général - ne sont pas sérieusement remis à l'endroit, aucun sommet, aucun G20, ne répondra à l’attente de 99% des citoyens qui n'ont rien fait pour être aussi mal traités.
C’est ce que confirme Constantinos Bacouris, responsable grec de Transparency International, lorsqu’il déclare : «Nous pensons que la corruption est l'une des principales causes de la crise en Grèce. Elle a largement favorisé l’évasion fiscale (…). En tout, l’État perd entre 18 et 20 milliards d’euros par an à cause de l’évasion fiscale.»

Mais personne ou presque ne souhaitant reconnaître cette réalité, il semble bien que l'on soit en présence du «Syndrome des habits de l'empereur», qui recouvre de façon illusoire la nudité et le désarroi du roi auquel il est fait allusion dans le titre de l’article rédigé par Florence Palpacuer : «Débats autour de la Grèce : le roi est nu !»

Nous aurons sans doute l’occasion d’en reparler avec elle et Eric Toussaint qui, à l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme, seront présents à Manosque le 29 octobre pour une conférence –débat autour de la question :

«Une économie solidaire au service des nécessités écologiques et sociales est-elle possible ?»

23/10/2011

“Les mesures d'austérité sont une supercherie”

Eric TOUSSAINT sera l'invité de la délégation régionale PACA et de la Fédération 04 de la Ligue des Droits de l’Homme le 29 octobre prochain à Manosque (Hôtel Best Western Le Sud), et ce à la veille du G20 de Cannes.
Question centrale de cette conférence suivie d’un débat :

« Une économie solidaire
au service des nécessités écologiques et sociales est-elle possible ? »


En attendant, Eric Toussaint a été interviewé par Olivier le Bussy pour le journal La Libre Belgique :


Pour le politologue Eric Toussaint, les actuelles politiques conduites en Europe pour éponger les dettes publiques servent d’abord les intérêts des créanciers privés. Et bafouent les droits sociaux et économiques des citoyens.

Docteur en sciences politiques des Université de Liège et de Paris VIII, membre du conseil scientifique d’Attac France et président de la branche belge du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Eric Toussaint a coécrit et codirigé (avec le Français Damien Millet) un ouvrage intitulé “La dette ou la vie”. A l’aune de l’expérience de la problématique de la dette des pays du Sud, les auteurs livrent une analyse critique de politiques mises en œuvre au Nord, notamment dans la zone euro.

"
Selon vous, telle qu'elle a été conçue, la zone euro était condamnée à connaître une telle crise…

Le drachme, la peseta, l’escudo ont été surévalués par rapport aux autres monnaies, et notamment au deutsche mark, lors de la conversion en euro. Ce qui a donné un avantage compétitif aux pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Belgique,… par rapport aux pays de la périphérie. De plus, il n’y a pas de mécanismes de compensations importantes pour réduire les asymétries entre les économies européennes. Enfin, les banques nationales des pays de l’UE et la Banque centrale européenne (BCE) ne peuvent pas accorder de crédits directement aux Etats (comme peut le faire la Réserve fédérale aux Etats-Unis, NdlR), ce qui laisse ce monopole aux banques privées.

On en est arrivé à une situation où la BCE a prêté à un taux de 1 %, jusqu’avril 2011, aux banques privées. Qui, elles, prêtaient à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande à du 4 ou 5 % pour des obligations à six mois ou à un an. Ce fonctionnement a abouti à des dérives terribles. La BCE prête à court terme à des institutions privées, qui à leur tour prêtent à long terme sur le marché obligataire et se retrouvent confrontées, tôt ou tard, à des problèmes de liquidités. Ce qui amène, par exemple, à un deuxième sauvetage de Dexia par les Etats belges et français.

Vous estimez que la Grèce serait en droit de remettre en cause le remboursement d’une partie de sa dette souveraine...

En commençant à rebours, on pourrait dire que les prêts de la troïka (Commission européenne, BCE, Fonds monétaire international) à la Grèce sont des prêts odieux parce que ces institutions, avec derrière elles les gouvernements allemand et français, profitent d’une situation de détresse de la Grèce –qui depuis mai 2010 n’a plus accès à des emprunts dépassant un an –pour prêter à Athènes à du 5,5%. En contrepartie, ils exigent de la Grèce qu’elle mette en œuvre une batterie de mesures d’austérité. Mesures qui dans certains cas sont des violation des droits économiques et sociaux reconnus par l’Organisation international e du travail, par exemple. Et, de plus, ces mesures ont un effet contraire à l’objectif officiel recherché, c’est-à-dire une amélioration de la situation économique rendant soutenable le paiement de la dette. Or, on constate que cela crée une récession qui réduit les recettes fiscales et conduit à de nouvelles mesures d’austérité. Lesquelles ne permettront de toute façon pas à la Grèce de dégager dans son budget des marges suffisantes pour rembourser des montants grevés de taux d’intérêts trop élevés.

Avant cela, on a eu toute une série d’institutions financières françaises, allemandes, belges, qui au début de la crise financière se finançaient à des taux de 0,25% auprès de la Fed ou de 1% auprès la BCE puis qui prêtaient très massivement à la Grèce ­- on constate une augmentation de 80 à 120 milliards d'emprunts, soit 50% en pleine période de crise. Là, il y a des marques d’illégitimités parce que les fonds qui étaient prêtés aux banques ne devaient pas servir à cela mais à éviter un credit crunch, que ces banques n’ont pas respecté les règle de prudence en matière de solvabilité des emprunteurs et pire les ont encouragés à se surendetter.

Et si on retourne encore plus loin, on rappellera que les JO devait coûter à la Grèce 1,4 milliard et en ont coûté près de 20. Or, il y a des entreprises étrangères, comme Siemens –qui font l’objet de poursuites judiciaires –qui ont versé des pots-de-vin énormes aux autorités politiques de l'époque. Enfin, il y a les dépenses militaires énormes de la Grèce, qui représentent 4% du PIB. Les Américains, les Allemands et les Français sont les principaux fournisseurs militaires, et dans un premier temps, on a seulement demandé à la Grèce de couper dans les dépenses sociales, parce qu’il fallait qu’elle honore les commandes militaires à Berlin et à Paris. C'était tellement scandaleux que les choses sont en train de changer.

austérité,eric toussaint, supercherie

Les actuelles politiques d’austérité sont justifiées par la nécessité de préserver notre modèle social. Ce que vous contestez…

Ceux qui sont privilégiés, ce sont les créanciers privés qui sont partie du problème. Le second objectif c’est de pousser plus loin l’offensive néolibérale lancée il y a 30 ans par (le président américain Ronald) Reagan et (le Premier ministre britannique Margaret) Thatcher. On assiste à un détricotage de ce qui caractérisait les “30 glorieuses” qui ont suivi la Seconde guerre mondiale: augmentation des salaires, du bien-être, quasi-plein-emploi… De 1980 à 2010, on a détricoté le pacte social, caractérisé par des politiques keynésiennes, qui ont été remplacées par le néolibéralisme qui le remet en cause et déréglemente la législation bancaire et financière, avec les dérives que l’on connaît. C’est une supercherie de dire que ces mesures visent à consolider le modèle social européen.

En faisant appel au FMI, les Européens ont introduit le loup dans la bergerie, peut-on lire dans votre ouvrage...

Le FMI, c’est quelque part une sorte d’alibi pour les dirigeants européens, qui leur permet de justifier les politiques d'austérité en disant “Vous voyez, il n'y a pas que nous. Une institution internationale, basée à Washington, neutre le dit aussi”. Mais pendant 30 ans, le FMI a dicté les politiques qui sont aujourd’hui à l’œuvre chez nous en Amérique latine, en Afrique et en Asie, avec des résultats tout à fait négatifs. Si l’Amérique latine va mieux depuis une dizaine d’années, c’est parce qu’après 20 ans, les électeurs ont dit : “On n'en veut plus”. Les gouvernements ont remboursé anticipativement le FMI et on rompu avec les recettes qu’ils nous appliquent. Les économistes et les dirigeants latino-américains ne cachent pas leur étonnement de nous voir appliquer des formules qui ont échoué ailleurs.

Parce qu’il est le premier poste budgétaire de nombreux Etats, le remboursement de la dette peut aller à l’encontre des droits humains, écrivez-vous…

Je suggère que la part qui va au service de la dette publique dans le budget ne dépasse pas 5 % des recettes. On pourrait mettre une autre règle d’or : les dépenses qui vont à la garantie de droits économiques et sociaux, donc de droits humains, ne peuvent pas être comprimées. On dit: priorité aux créanciers, dont le comportement est délictueux dans une série de cas. Pour correspondre à l’esprit de la charte des Nations unies de 1948, il faudrait inverser les valeurs: les Etats ont une dette sociale à l’égard de leurs citoyens. Ce sont eux qui ont donné un mandat aux dirigeants politiques. Pas les banques, ni les fonds de pension, ni les marchés financiers.

Le politique a perdu la main?

C’est très inquiétant. Dans cette crise, on marginalise le choix des électeurs. En Irlande, où le nouveau gouvernement doit appliquer le plan négocié par le précédent, d'une autre couleur politique. Mais aussi en Grèce où à l’origine, le Pasok (socialiste, au pouvoir) voulait rompre avec la politique de la Nouvelle Démocratie (droite). Le pouvoir législatif est mis entre parenthèses. Le Parlement portugais provoque en mars la démission du gouvernement de José Socrates mais cet exécutif démissionnaire conclut quand même un accord avec la troïka sur un plan d’austérité dont le Parlement ne voulait pas. On pourrait aussi parler de la Belgique qui rachète Dexia pour 4 milliards. Les actionnaires sont satisfaits, mais on n’a pas demandé l’avis des parlementaires ni des citoyens belges.

Vous proposez des alternatives, mais on peut douter qu’elles trouvent un écho chez les actuels dirigeants politiques…

Le changement viendra de la prise de consciences des citoyens qui demanderont une rupture radicale avec le système. Le signal que ça commence ce sont les centaines de milliers d’Indignés espagnols, dont le mouvement a essaimé en Grèce, au Portugal, en Italie et à Bruxelles. plus enclins à se dire que ça ne marche pas et qu’il faut un changement, ce sont les jeunes européens. C’est important que les autres générations rompent aussi avec la résignation. Comme l'on fait les citoyens islandais en refusant de payer pour la faillite de la banque Icesave (et que leur gouvernement rembourse le Royaume-Uni et les Pays-Bas, qui avaient garanti les dépôts de leurs ressortissants chez Icesave, NdlR)

Ça a pris 20 ans aux citoyens d’Amérique latine de pousser à une rupture, j’espère que ce sera moins long pour les Européens.

"

En Savoir Plus : "La dette ou la vie", sous la direction de Damien Millet et Eric Toussaint, éditions Aden et CADTM, 384 pp., 

17/10/2011

Le crime d’Etat du 17 octobre 1961

Communiqué de la LDH :

Reconnaître le crime d’Etat du 17 octobre 1961 et permettre l’accès aux archives

"La Ligue des droits de l’Homme demande que, par la voix des plus hautes autorités de la République, soit reconnu dans le crime d’Etat qu’a constitué la violente répression d’une manifestation désarmée d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Cet épisode est emblématique des atteintes aux droits de l’Homme commises tout au long de la période coloniale, notamment pendant la guerre d’Algérie, durant laquelle la France s’est trop souvent éloignée des valeurs qu’elle avait pourtant proclamées."

 

rafle du 17 octobre 1961,papon,soumission à l'autorité

A ceux qui ont exécuté un ordre abjecte :
"La soumission à l'autorité est un principe explicatif beaucoup plus puissant que la méchanceté, l'égoïsme ou la barbarie. Ce sont généralement des "gens normaux" qui sont les exécuteurs des massacres ; et les gens normaux ne sont pas méchants : ils obéissent."

Mais rien ne saurait les exonérer de toute responsabilité ni justifier la soumission à laquelle ils se sont abandonnés.

"Pour que soit faite, cinquante ans après, la lumière sur ce drame, elle demande que soit assurée la liberté d’accès aux archives concernant cet événement, en particulier celles :

- du conseil interministériel convoqué le 5 octobre 1961 par le Premier ministre, à la suite duquel un couvre-feu discriminatoire et inconstitutionnel a été mis en place dans le département de la Seine par le préfet de police Maurice Papon ;

- des conseils des ministres de cette période, en particulier par les notes prises par le secrétaire général de la présidence de la République, M. Geoffroy de Courcel.

- du ministère de l’Intérieur, de la préfecture de police, du Premier ministre et du Ministère des Affaires étrangères relatives aux négociations d’Evian.

Attachée à la connaissance par les citoyens de l’histoire contemporaine de la France, la Ligue des droits de l'Homme pense que c’est à ce prix que, cinquante ans plus tard, cet épisode de notre histoire pourra être mieux connu.

Plus généralement, elle demande que les archives de l’Etat soient soumises à des règles communes en matière d’archives conformes au fonctionnement des Etats démocratiques. Ce qui implique que soient versées aux Archives nationales celles de la préfecture de police de Paris, des ministères de la Défense et des Affaires étrangères, quitte à ce que leurs fonds relèvent de dispositions particulières précises et justifiées. Et que les archives des anciens ministres, Premiers ministres et présidents de la République relatives à leur fonction ne soient pas privatisées par les intéressés mais versées dans leur ensemble aux Archives nationales.

Elle réclame également que la notion d’archives « incommunicables » telle qu'elle apparaît dans la loi de 2008 soit effacée par une nouvelle loi."

11/10/2011

Lettre ouverte d'Arnaud Montebourg

A l'attention de Martine Aubry et de François Hollande...

Sachant que le Front de Gauche a pris instantanément les devants, on attend des réponses aussi claires, pas des contorsions.

Mise à jour du 15 octobre : La fin décevante d'un engagement pas des idées représentées puisqu'elles seront bien soutenues, voire mieux soutenues par un Front de Gauche qui en a désormais la.charge quasi exclusive.

10/10/2011

Nettoyer la mêlée

Le score d’Arnaud Montebourg aux primaires socialistes n’aurait pas été aussi élevé si un mouvement de fond national et international ne l’avait pas précédé. AM a concrétisé et légitimé ce mouvement au PS sous le label «démondialisation» qui se place dans la continuité du mouvement des «indignés» et dans la logique d’une prise de conscience collective antilibérale.
Le refus des inégalités, des injustices et des tyrannies molles ou dures, ce n’est pas rien. Son score en est le reflet.

C’est un succès, pas une victoire et il faudra que cela ait une suite. On ne se contentera pas d’avoir pesé si le pire n’est pas évité, le pire étant la soumission à une oligarchie ultralibérale de droite comme de gauche, avouée ou maquillée.

Il ne s’agit pas tant de savoir sur quel candidat du PS les voix d’AM se porteront mais de savoir qui, à terme, sera le plus crédible et le plus qualifié pour relayer ce qu’elles signifient, et surtout comment se fédérera-t-on ?

primaires socialistes, montebourg, nettoyer la mêlée

Pour l’instant et à l’instar d’une équipe de rugby capable de marquer des essais sans trop en encaisser, il va falloir nettoyer la mêlée sans mollesse. Les équipes respectives de M. Aubry et de F. Hollande comportent chacune des éléments ou joueurs suspects de hors jeux, voire d’antijeu : pacte de Marrakech et sparadrap DSK via quelques seconds couteaux (Cambadélis) pour la première ; garde rapprochée du même ex du Sofitel pour le second (Le Guen, Moscovici …), sans oublier les cartons rouges décernés ici et là par ce qu'il reste des autorités judiciaires. 

Et sans parler des ententes étranges qui subsistent et pourraient être entretenues avec l’OMC de P. Lamy, la Présidence de l'Autorité des marchés financiers de JP. Jouyet ou le FMI de C. Lagarde, laquelle a été félicité par les deux représentants du PS encore en lice, pour sa nomination à la tête de ce machin qu'il faudrait dé-mondialiser d’urgence.

Les dénégations des uns et des autres, dénégations qui se multiplieront dans les jours à venir, sur les relations privilégiées qu’ils entretiennent avec des personnages décidément douteux pour qui souhaite une République portée par une vraie gauche socialiste, ne suffiront vraisemblablement pas à enflammer la campagne. Faudra-t-il s’en contenter ?....

01/10/2011

L’étau télécratie - démocratie

Notre conscience individuelle n’aura jamais été autant menacée à travers l’exploitation de nos pulsions et il serait temps de brider cette arme de destruction massive que constitue le domaine télévisuel concentré sur la seule rentabilité commerciale.

C’est pour cette raison que la réaction d’Arnaud Montebourg est saine. C’est un des seuls candidats à la présidentielle de 2012, si ce n’est le seul, à avoir évoqué la question, même s’il se situe davantage sur le plan immédiatement réalisable de la concession du domaine public et de ses conséquences économiques que sur des considérations sociologiques et culturelles, inscrites dans le long terme. Mais si ce n’était que cela, cela serait déjà beaucoup.

Beaucoup, puisque cela induirait le contrôle des JT bidonnés et formatés façon Fouquet's, et surtout, permettrait d’envisager une fin à la braderie du «temps de cerveau humain disponible» via un CSA rendu compétent et indépendant. TF1 et M6 sont immédiatement visées. Tant mieux mais les contaminés du PAF sont aujourd’hui nombreux, pendant que l’apprentissage de la soumission s'est diversifiée et l’addiction au petit écran est devenue inappréciable.

télécratie, démondialisation, montebourg
On a beaucoup parlé de « Metropolis »… on n’a pas fini d’y penser.

L’alternance rêvée serait donc en effet, que l’on tienne compte et écoute l’analyse de Bernard Stiegler, initiateur et président d’Ars industrialis qui décrit parfaitement les mécanismes mis en jeu pour capter la foule des téléspectateurs isolés dont nous faisons parti à notre corps prétendument  défendant. C’est d’autant plus urgent que «la mondialisation et le phénomène d'uniformisation des comportements s'attaquent à la singularité des individus et des cultures», à notre identité initiale. N’en déplaise à un R. Enthoven qui, sans jamais s’investir dans une quelconque proposition constructive, considère la démondialisation comme un gadget tout juste bon à être «disséqué» et roulé dans un ridicule qui n’a rien d’humoristique.

La vidéo qui suit, terriblement angoissante, démontre comment l’émotion a fait place à l’exacerbation des pulsions les plus destructrices et mérite d’être visionnée ne serait-ce que pour prendre conscience du chantier qui reste à entreprendre.

24/09/2011

La Palestine entre miracle et désarroi

A moins d’un «miracle», les prochaines élections israéliennes n’auront lieu qu’en 2013. D’ici là, rien ne se passera sans doute sur le plan de la diplomatie et de ses cercles vicieux.

A la veille de la demande formulée par Mahmoud Abbas,la Palestine, telle qu’elle a été montrée sur les chaines de télévision européennes, - celle de nantis de Cisjordanie ayant partie liée avec la classe des affairistes israéliens; celle des dirigeants du Hamas à Gaza installés dans leur économie souterraine et leur opposition partisane à l'Autorité palestinienne - offre une image relativement inédite et désolante de ce que peut être la dépendance et l’enfermement.

Dépendance et enfermement verrouillés par le déni, l’autisme et la surdité paranoïaque de chaque camp, sur un fond de justification religieuse lui-même cadenassé par le manque de courage de ce que l’on ose encore appeler «la communauté internationale».

Tout est donc à redouter des confrontations à venir et les peuples ont ou s’octroieront carte blanche pour tenter de sortir de ce carcan. A moins d’un miracle laïc, c’est la seule alternative logique au blocage généralisé.

"Le journal de personne" illustre humainement ce désarroi :

Mon père s’est marié à deux reprises
Une fois à l’Est et une deuxième fois à l’Ouest… de Jérusalem…
Je suis palestinienne
Et ma demi- sœur est israélienne
On ne se parle plus…
Je parle arabe, elle parle hébreu
Mais on ne se comprend plus…
On fait semblant de ne plus se comprendre.
On s’est divisé sur la terre de notre père
Comme deux indignes héritières.
Je dis que c’est à moi, elle dit que c’est à elle,
Et aucune des deux ne veut lâcher prise
Elle a fait de son veau d’or une nation.
De ma nation, j’ai fait un veau de chair et de sang.
Elle est riche et prospère,
Je suis pauvre et amère
Elle a tous les puissants à ses pieds.
Je n’ai même plus d’yeux pour pleurer.
Elle dit que je lui fais la guerre
Mais ne veut surtout pas signer la paix.
Elle dit… elle dit que… je rêve de l’exterminer
Et pour m’en empêcher elle m’extermine pour de vrai !
Elle dit que son héritage est inscrit dans la bible,
en bas de chaque page
Je lui réponds… désolée
Mais ton titre de propriété n’est pas signé
Qu’il y a l’histoire que l’on fait
Et l’histoire que l’on raconte!
Et aucun lien entre les deux…
La Palestine c’est la maison de mon père
Quant à la maison de Dieu
Elle n’est pas sur cette terre
Tu la retrouveras si et seulement si
Tu ne m’ôtes pas la lumière
Tu m’ignores et tu voudrais que je m’ignore
Tu m’enterre pour me faire taire
Mais je serais pour toi, Israël
L’œil qui te poursuivra jusque dans ta tombe
Pour te dire : Abîme… Abîme !
Tu as commis le pire des crimes
En faisant de Dieu
L’instrument de ta morsure.